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    Portrait

    Nanihi Papai, gérante du Moorea Tropical Garden

    Publié le 27 janvier 2023

    Nanihi Papai a décidé il y a trois ans de reprendre le Moorea Tropical Garden. La jeune entrepreneuse a depuis réussi à opérer les changements qu’elle souhaitait et travaille désormais pour concrétiser de nouveaux projets au sein de cette structure. La jeune vahine se confie à Femmes de Polynésie pour expliquer son parcours et son expérience dans la gérance de cette entreprise familiale. 

    Destinée à reprendre le Moorea Tropical Garden

    Créé il y a 13 ans par Tihoni Tatiana, le très connu Moorea Tropical Garden proposait son traditionnel mā’a  tahiti aux touristes et aux locaux tous les vendredis et samedis. Sur place, les visiteurs pouvaient découvrir un magnifique jardin aux multiples plantes. Durant la semaine, ils avaient d’ailleurs l’occasion de goûter des confitures confectionnées à base de fruits issus de ce jardin.

    Il y a 3 ans, Tatiana a décidé de léguer la gérance de cette structure familiale à sa petite fille Nanihi Papai alors que cette dernière venait tout juste de décrocher son DUT en Gestion Administrative et Commerciale des Organisations à l’Université de la Polynésie Française.

    « Vu que je venais travailler ici pendant les vacances et le week-end, ma grand-mère a vu que j’étais capable de reprendre l’entreprise. Je n’en avais pas forcément envie parce que j’avais mes propres projets personnels comme celui de devenir comptable. J’ai commencé à travailler dans un cabinet comptable mais j’ai réalisé au bout de trois mois que ça ne me plaisait pas du tout. J’ai alors repris le Moorea Tropical Garden le premier septembre 2019. »

    De l’entrepreneuriat dans le sang

    Native de l’île soeur, Nanihi fait ses premières années de scolarité à l’école primaire de Papetoai puis au collège de Paopao. Elle poursuit ensuite ses études au lycée Fernand Daguin à Bordeaux. Une fois son baccalauréat en poche, elle revient au Fenua et s’inscrit en DUT. Durant cette formation, elle suit des cours de comptabilité et de marketing qui lui servent beaucoup dans la gérance de l’entreprise familiale.

    « J’ai toujours été attirée par la vie d’entrepreneur même si je n’en étais pas toujours consciente. Je pense que c’est le fait d’avoir observé ma grand-mère qui aimait bien diriger. Cela vient aussi du fait que je devais toujours me débrouiller toute seule à la maison car ma grand-mère qui m‘a élevée, était toujours dans son fa’a’apu. Petite, je devais par exemple laver moi-même mes vêtements ou encore cuisiner pour me faire à manger. On aime bien être autonome dans la famille.»

    Des projets pleins la tête et une amélioration continue du service

    Dès sa prise de fonction, Nanihi entame plusieurs rénovations au sein de la structure et fait construire le Moorea Tropical Garden Lodge, une auberge de jeunesse située juste au-dessus du Fare Vente actuel. Malgré son jeune âge, l’entrepreneuse a encore des projets plein la tête.

    Elle souhaite par exemple agrandir le Fare Vente, organiser des soirées musicales ou encore faire construire des bungalows ou des hébergements de location saisonnière à plus long terme.

    « Quand tu travailles pour quelqu’un, tu ne peux pas forcément lui proposer de nouvelles idées. C’est justement ce qui me plaît dans le métier d’entrepreneur : être créatif pour proposer de nouvelles offres, améliorer notre service et satisfaire au mieux notre clientèle. Je déteste faire toujours la même chose. J’ai d’ailleurs proposé de nouvelles choses que ma grand-mère ne faisait pas forcément auparavant. »

    La valorisation des produits locaux

    Parmi les changements opérés, celui de l’offre du restaurant. Le Moorea Tropical Garden propose désormais un déjeuner à sa clientèle tous les jours, sauf les lundis et mardis, avec au menu des plats comme du poisson grillé, du carpaccio ou encore du poisson cru. Des plats vegan sont également présents dans le menu. Le dimanche est consacré au mā’a tahiti.  Nanihi insiste sur le fait de vouloir valoriser les produits locaux dans les plats proposés.

    « On m’a demandé pourquoi je ne propose pas des plats comme le Chao Men. Je préfère en fait garder notre spécificité. On a que des plats faits à partir d’aliments locaux, qui proviennent de notre jardin ou de nos fournisseurs locaux, comme les frites de taro ou de patates douces. On propose uniquement des fruits en dessert. Nous avons même des sorbets faits maison. L’achat des produits locaux me permet d’ailleurs d’aider les fournisseurs locaux qui sont pour la plupart des membres de ma famille. »

    Encourager les jeunes vers l’entrepreneuriat

    Nanihi est désormais une entrepreneuse épanouie et travaille pour finaliser ses futurs projets. À son tour, elle invite les jeunes polynésiens à se lancer dans l’entrepreneuriat.

    « Auparavant, les Polynésiens aimaient bien travailler pour quelqu’un d’autre parce que c’était beaucoup plus simple. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes aiment prendre des initiatives et faire bouger les choses. J’encourage les jeunes, en particulier ceux qui ont une entreprise familiale, à se lancer dans l’entrepreneuriat et à créer leur propre société. Beaucoup en effet ne veulent pas prendre la relève de leurs parents alors que ces derniers ont créé leur entreprise pour leurs enfants. »

    Toatane Rurua

    Rédacteur

    ©Photos : Toatane Rurua et Nanihi Papai pour Femmes de Polynésie

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