
Maeva Beaury, l’humilité au service de la commune de Paea
De femme de service à responsable de l’espace culturel Manu Iti, Maeva Beaury a gravi les échelons de la commune de Paea avec patience, détermination et bienveillance. Un parcours construit au fil des rencontres et des expériences, qu’elle met aujourd’hui au service des autres.
UN CHEMIN PAVÉ D’EXPÉRIENCES
Par son père, Maeva Beaury est originaire de Nouvelle-Calédonie. C’est donc en terre kanak qu’elle voit le jour, avant de s’installer avec sa famille dans la commune de Paea en 1980. Après l’obtention du brevet des collèges, elle s’oriente vers un bac Technicien d’hôtellerie (BTH) au Taaone, pour apprendre le métier de l’hôtellerie.
« Ça m’a beaucoup aidée à me développer. »
En 2002, elle postule à la mairie de Paea.

« Je suis arrivée en tant que technicienne de surface. C’est un beau métier, comme tous les métiers. »
Une première pierre à l’édifice de sa commune. Sa hiérarchie remarque son sens du détail et sa détermination.
« J’ai acquis de l’expérience dans l’accueil, la planification et la gestion administrative. J’ai été formée par différents chefs et chacun m’a apporté son savoir-faire. Je les en remercie. »

Intégrée à la fonction publique communale en août 2018 comme adjointe de catégorie C, Maeva tente le concours de catégorie B en 2020, sans succès. En 2023, elle se présente à l’examen professionnel de la spécialité technique pour accéder au grade d’adjoint principal de catégorie C. Elle le réussit dès sa première tentative.
« Quand j’ai reçu les résultats, j’étais fière. Le parcours a été assez long. Mais chaque étape a renforcé mon ambition d’arriver là où je suis aujourd’hui. »
OSER PRENDRE SA PLACE
« Lors de mon intégration, j’ai occupé mon premier poste comme agent de spectacle. J’étais fière, en tant que femme d’exercer ce métier plutôt réservé aux hommes. »
Maeva Beaury découvre le monde du spectacle, les coulisses et les artistes qui les traversent. Son rôle : assurer le bon entretien des lieux, aider à la technique scénique et assister le chef de service.
En 2023, cette mère de famille a une certitude : elle veut continuer à gravir les échelons. Elle s’inscrit donc aux examens professionnels de catégorie C et suit des formations de préparation dispensées par le CGF1. Une fois de plus, sa rigueur est récompensée.


« J’ai signé mon arrêté en avril. »
Aujourd’hui, elle est responsable de l’espace culturel Manu Iti.
« C’était mon objectif depuis le début. »
DANS LES COULISSES DE LA SALLE MANU ITI
Le changement de grade implique nécessairement plus de responsabilités.
« Je gère tout ce qui relève de l’accueil, de la planification et de la gestion administrative et logistique. Je reçois les demandes par le Guichet unique, puis les transmets à ma cheffe. Le tāvana ou l’un de ses adjoints émet ensuite un avis. Je rédige ensuite la convention avec l’organisateur. En parallèle, nous définissons ensemble les besoins techniques, que je communique à mon collègue technicien, ainsi que le plan de configuration de la salle, que j’adresse à ma collègue chargée de ce volet. »

Un réel casse-tête pour lequel Maeva est bien à la hauteur. Ses missions prennent en compte autant les personnes qui font vivre la salle Manu Iti que ses usagers.
« Lors des événements, il faut que je sois sûre que la sécurité est mise en place, que tous les intervenants, qu’il s’agisse de la police municipale ou d’autres services, soient au courant, que les pompiers soient en alerte au cas où… »


Le parcours de Maeva illustre les possibilités d’évolution au sein de la fonction publique communale, portées par sa persévérance et son engagement.
« Ma plus grande fierté, c’est d’avoir évolué. Mes enfants et ma défunte maman peuvent être fiers de moi. »
UNE RÉUSSITE À PARTAGER
Et si Maeva a su garder le cap tout au long de sa carrière au sein de la commune, elle souhaite aujourd’hui accompagner ses pairs et s’assurer qu’ils soient respectés dans leur travail.
« Je me suis investie au niveau syndical pour pouvoir aider nos agents. C’est une motivation pour moi et un objectif d’améliorer les conditions de travail, être là quand ils en ont besoin. »
Sa carrière, elle la vit comme une vocation.

« Je pense que j’étais prédestinée à la fonction publique communale, j’aime le contact avec l’humain. »
De ses premiers pas à la mairie jusqu’à ses responsabilités actuelles, Maeva Beaury n’a jamais oublié ce qui l’a guidée depuis le début : le goût du travail bien fait et celui de la rencontre. Une manière d’exercer son métier, même si cela dépasse le cadre de ses fonctions, c’est ce qui donne tout son sens à son engagement auprès de la commune.
1 Centre de Gestion et de Formation : établissement public local au service des communes et de leurs regroupements, créé en 2011. Il propose de nombreuses formations aux thématiques variées à un panel de 5 200 agents communaux répartis sur les 48 communes de Polynésie française ainsi qu’à ceux d’une dizaine de Groupements de communes.

Portrait mis en avant par le Centre de Gestion et de Formation
Rédactrice
©Photos : Cartouche Louise-Michèle pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon Bardes





