Femmes de Polynésie Retrouvez nous sur
Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Carrière

Evangeline Tihoni, première femme polynésienne à la tête d'une caserne

Évangéline Tihoni, première femme officier au sein des sapeurs-pompiers des communes de Polynésie

Publié le 9 juillet 2026

En octobre 2025, Évangéline Tihoni devient lauréate du concours externe de catégorie B de la sécurité civile. En charge d’une trentaine de pompiers professionnels, volontaires et personnels administratifs, elle veille chaque jour à répondre aux besoins de la population de Mahina, dans un métier où l’engagement collectif reste essentiel.

Mais derrière l’uniforme, il y a une femme, une mère, une Polynésienne profondément attachée aux valeurs de partage, de solidarité et de service.

Evangeline Tihoni, première femme polynésienne à la tête d'une caserne

Des racines qui guident

Évangéline Tihoni grandit à Tubuai. Aînée d’une fratrie de sept enfants, elle apprend très tôt le sens des responsabilités. Dans les îles, on ne grandit jamais seul. On apprend à soutenir, à aider, à être présent. Ces valeurs ne l’ont jamais quittée.

« Être utile aux autres, c’est naturel. »

Un parcours inattendu

Après la seconde, ses parents l’orientent vers des études spirituelles, guidés par leurs valeurs et la volonté de lui transmettre des repères solides. Pendant six ans, Évangéline étudie la théologie, avant de devenir pasteure. Ainsi, elle découvre ce qui l’anime profondément.

« J’ai compris que le lien aux autres faisait partie de moi. »

Servir autrement

À Papeete, elle entre dans la vie active et évolue rapidement dans le commerce, mais ressent le besoin de s’engager autrement. En 2016, elle devient sapeur-pompier volontaire à Pirae… Une évidence.

« Ce métier est fait pour moi. »

Servir, protéger, intervenir, être utile, concrètement.

S’affirmer avec détermination

Dans un univers encore largement masculin, les doutes existent. Mais Évangéline avance sans se laisser définir par le regard des autres. Elle se forme, s’investit et relève les défis : permis poids lourd, formations opérationnelles, engagement total.

« On me disait : “Tu es petite, tu es une femme, ce n’est pas fait pour toi”. »

Pourtant, elle persévère.

« Je voulais montrer que j’étais capable. »

Pas pour convaincre, mais pour rester fidèle à elle-même.

Embleme Caserne Mahina

Grandir pas à pas

En 2021, elle rejoint la caserne de Mahina comme sapeur-pompier professionnelle. Animée par l’envie d’évoluer, elle reprend ses études en cours du soir et obtient son baccalauréat en un an, afin d’accéder au concours externe de catégorie B. Son parcours la conduit progressivement vers de nouvelles implications : gestion d’équipe, encadrement opérationnel, puis fonctions de commandement.

Aujourd’hui, elle fait partie des rares femmes à exercer de hautes responsabilités au sein d’un Centre d’Incendie et de Secours. Une position qu’elle assume avec humilité, sans perdre de vue l’essentiel : servir.

Diriger avec humanité

Pour Évangéline, diriger ne signifie pas imposer, mais protéger, rassembler et permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même au service de la population.

« Chacun a son histoire, ses difficultés et ses qualités. »

Elle veille à la cohésion, à la reconnaissance et à l’équilibre au sein de son équipe. Parce qu’une brigade, comme une famille, avance ensemble.

Evangeline Tihoni, première femme polynésienne à la tête d'une caserne
Evangeline Tihoni, première femme polynésienne à la tête d'une caserne
Evangeline Tihoni, première femme polynésienne à la tête d'une caserne

Trouver l’équilibre

Au-delà de son engagement professionnel, Évangéline est aussi mère de famille. Avec un mari également pompier, le quotidien demande organisation et adaptation.

« Au début, ce n’était pas évident.  »

Mais ensemble, ils ont construit un équilibre entre engagement et vie de famille.

Garder son identité

En dehors de la caserne, Évangéline retrouve une autre part d’elle-même : la culture. Au rythme du Heiva, danses, chants et percussions deviennent une manière de transmettre les histoires, les racines et l’esprit du fenua.

« La culture, c’est une partie de moi. »

Sur scène, elle n’est plus cheffe ni pompier, elle est une vahine, portée par cette force collective si chère aux îles. Pour Évangéline, la culture n’est pas un à côté, c’est un équilibre.

La foi comme repère

Sa foi reste un fil conducteur.

« Si tu vois quelqu’un en détresse, il faut l’aider. »

Un principe simple, qu’elle applique chaque jour, sur le terrain comme dans la vie.

Évangéline Tihoni avance avec humilité. Elle ne parle pas de réussite, mais de parcours.

« Ça a toujours été un challenge. »

Son objectif reste inchangé : fédérer son équipe, continuer à évoluer, et surtout rester fidèle à ce qui la guide depuis toujours, le service des autres.

« Je ne cherche pas à prouver, je cherche à servir. »

Evangeline Tihoni, première femme polynésienne à la tête d'une caserne

Portrait mis en avant par le Centre de Gestion et de Formation

Cl Augereau

Rédactrice

©Photos : Cl Augereau et Évangéline Tihoni pour Femmes de Polynésie

Directeur des Publications : Yvon Bardes

Pour plus de renseignements

Site internet

Page Facebook

ZUCKOO

À découvrir également :

Partagez Maintenant !

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir les parcours et histoires de Polynésiennes inspirantes.

* En cliquant sur VALIDER, nous attestons que l'adresse mail ne sera utilisée que pour diffuser notre newsletter et que vous pourrez à tout moment annuler votre abonnement.