
Herenui Maretto, l’art de prendre le temps avec Chalala Tea
Après plusieurs expériences professionnelles et un long cheminement personnel, Herenui Maretto choisit de créer son propre univers. Avec Chalala Tea, elle donne une place à une passion née en Asie : celle du thé, qu’elle souhaite partager tout en portant des valeurs de qualité, de bien-être et de reconnexion aux autres.
UNE PASSION AU PAYS DU SOLEIL LEVANT
Herenui Maretto grandit à Tahiti. Enfant, elle se découvre très tôt un intérêt pour la culture nippone.
« Depuis que je suis petite, j’adore le Japon, les mangas, les jeux vidéo, tout cet univers. J’ai toujours voulu apprendre le japonais. »


Afin de devenir professeure, elle débute un master d’anglais à Bordeaux et désire intégrer un cours de langue japonaise. Malheureusement, ce dernier n’est plus ouvert aux inscriptions, et la jeune femme décide d’apprendre le coréen.
La voilà projetée à l’université en Corée du Sud pendant un stage de langue de 5 semaines.
« C’est là-bas que j’ai découvert les bubble tea et le matcha. »
TROUVER LE BON MÉLANGE
Son premier master en poche et n’étant plus attirée par le métier de professeur, Herenui se réoriente vers un master en management international, spécialisé dans les échanges avec l’Asie. Son deuxième diplôme obtenu, elle revient vivre en Polynésie. Pendant plusieurs années, elle s’essaye à divers postes. Finalement, aucun d’entre eux ne lui convient réellement. À 29 ans, elle quitte tout et s’envole pour un PVT en Australie pendant 8 mois, espérant se rencontrer elle-même.
« Je suis partie en Australie sans savoir ce que j’allais faire. Comme je suis quelqu’un de très timide, j’ai essayé de faire des jobs dans la vente. Mais je n’arrivais pas à trouver quelque chose qui me passionne vraiment. »
INFUSER SES VALEURS
De nouveau de retour au fenua, elle exerce pendant plusieurs années au sein de sociétés locales dans l’import agroalimentaire en tant qu’approvisionneuse. Après une grave maladie, elle décide de tout quitter, sans idée de ce qu’elle allait faire par la suite. Elle essaie de trouver quelque chose qu’elle pourrait créer, qui la passionnerait, serait plus en accord avec ses valeurs et qui lui permettrait d’exercer un métier à son rythme. Un proche lui conseille de créer sa boutique en ligne.
« C’est là que j’ai ouvert mon commerce en ligne. Je voulais proposer des choses de bonne qualité et utiles. »
Son amour du thé n’étant jamais très loin, et suite à la suggestion de sa sœur, le matcha s’impose comme une évidence.

« Le matcha est un produit bon pour la santé. Il réunit toutes mes valeurs ! »
C’est ainsi que sa marque Chalala Tea voit le jour : un thé bio de qualité supérieure, originaire de Chine. Son approche s’inscrit également dans une réflexion plus large autour du bien-être et de l’alimentation.
« En parallèle, je fais des études en tant que naturopathe spécialisée dans la nutrition. »
Et si le nom de sa marque est un clin d’œil au parler local, il porte aussi une invitation à se retrouver autour d’un même plaisir.

« D’un côté, c’était un petit mémo pour moi, pour dire : ‘arrête de parler, vas-y, passe à l’action !’ Je voulais aussi prendre le côté positif du mot : que grâce au thé, les gens puissent se parler, avoir plus d’interactions et de partage. »
Avec ce rêve de faire grandir bien plus qu’une marque : de rassembler d’autres passionnés et participer à faire grandir l’économie du pays.
UNE HISTOIRE ET DES RACINES
Pour comprendre Chalala Tea, il faut aller aux origines du matcha.

« Je veux, avec ma marque, mettre en valeur la Chine et bien sûr, le thé, faire découvrir que le matcha n’est pas juste une tendance. Il faut savoir que l’ancêtre du matcha est né en Chine : les moines bouddhistes l’utilisaient pour leur méditation. Quand les moines bouddhistes japonais sont venus en Chine, ils ont découvert la cérémonie du thé, et l’ont ramenée au Japon. Et c’est eux vraiment qui ont perfectionné le matcha tel qu’on le connaît aujourd’hui. »
Une histoire qui trouve également un écho plus personnel chez Herenui Maretto, dont une partie de sa famille appartient à la communauté chinoise.
« C’est intéressant de se reconnecter avec une partie de mes origines… »
UN THÉ QUI SE PARTAGE
« Ce que j’aime aussi dans le matcha, c’est le petit rituel. Tu fais une pause, tu te concentres, tu fouettes pendant quelques minutes. Après, tu apprécies, tu essaies d’analyser les différentes notes… »


Quelques gestes suffisent pour instaurer une pause, loin du vacarme de la vie quotidienne.
« Grâce au thé, j’aimerais que les gens puissent se déconnecter un peu de la technologie. Revenir un peu à eux, se connecter avec les autres êtres humains. »
Et peut-être est-ce là que réside l’essence de son projet : transformer une simple tasse de thé en prétexte pour ralentir, échanger et, tout simplement, prendre le temps d’être ensemble.


Rédactrice
©Photos : Cartouche Louise-Michèle et Herenui Maretto pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon Bardes






