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Portrait

Tina Pere, une généalogiste au service des polynésiens

Publié le 10 septembre 2021

Auparavant juriste des affaires foncières, Tina Pere exerce désormais le métier de généalogiste. Elle passe son temps à établir la généalogie des personnes qui font appel à ses services. La jeune femme se confie à Femmes de Polynésie pour nous faire découvrir ce métier encore mal connu sur le fenua, mais indispensable pour les familles polynésiennes.

Une généalogiste de Mataiea

Originaire de Mataiea, Tina Pere grandit et fait sa scolarité à l’école primaire de Mairipehe avant de poursuivre au collège puis au lycée de Papara. Après avoir décroché un baccalauréat littéraire en 2007, elle s’inscrit en licence de droit à l’Université de la Polynésie Française. Mais c’est durant sa formation de master du droit des activités économiques que Tina va réellement commencer à s’occuper des affaires de terre puisqu’elle est recrutée à ce moment-là à la direction des affaires foncières dans le cadre du dispositif « Corps de volontaires au développement ».

Quelques mois après ses études, Tina revient travailler en tant que juriste foncier au bureau des avocats de la direction des affaires foncières pendant deux ans. Durant l’année scolaire 2017-2018, elle suit une formation pour devenir généalogiste à l’Université Française du Pacifique et ouvre son cabinet en 2019.

« Un généalogiste est celui qui va chercher des liens de parenté ou des liens de filiation entre le propriétaire d’une terre et ses descendants. La plupart du temps, ce sont les personnes qui veulent retrouver leurs terres qui font appel à ses services. »

Au service des enfants polynésiens de France

Parmi sa clientèle, beaucoup sont des personnes adoptées par des métropolitains, des enfants de militaires polynésiens.

« Il y a des familles en France qui adoptent des enfants polynésiens. Ce qui se passe, c’est qu’une fois adultes, certains de ces enfants viennent me demander de faire des recherches sur leur famille biologique. Beaucoup de polynésiens partent aussi en France pour intégrer l’armée française. Ils font leur vie là-bas. Dans plusieurs des cas, leurs enfants me contactent à un moment donné pour connaître leurs racines en Polynésie. »

Ou encore des investisseurs étrangers.

« Pour trouver les ayants droit d’un propriétaire d’une terre inoccupée en vue de l’acheter et de construire des grands complexes. »

La satisfaction de renouer des liens dans les familles polynésiennes

Dans son quotidien professionnel, Tina Pere mène notamment ses recherches généalogiques à la Direction des Affaires Foncières, au Service du Patrimoine Archivistique et Audiovisuel, dans les mairies et parfois même dans le service généalogique des églises mormones. Elle est aussi amenée à travailler avec des professionnels tels que les notaires.

« Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’on ne travaille jamais pour rien, car nos recherches peuvent toujours aider les personnes. Soit les gens ressentent une certaine satisfaction personnelle en retrouvant des membres de leur famille dont ils n’ont jamais entendu parler, soit ils reçoivent de l’aide pour leurs affaires de terre, pour des documents administratifs … J’aime aussi le contact humain, car on rencontre beaucoup de personnes qu’on apprécie par la suite. »

Redorer l’image des généalogistes et avoir plus de reconnaissance

Mais pour exercer son activité, un généalogiste doit aussi faire face à certaines difficultés en Polynésie Française. Celle notamment de gérer la mauvaise image créée par certains de prédécesseurs et le manque de reconnaissance de la profession.

« Beaucoup de tahitiens ont été auparavant arnaqués par des généalogistes. C’est bien que le pays ait encadré la profession, mais c’est désormais difficile de se lancer avec cette image négative. C’est à nous de changer cela. Le manque de reconnaissance se traduit par le fait qu’il arrive qu’on ne nous donne pas un acte d’état-civil à la mairie. Nous n’avons pas toujours les bons outils pour pouvoir travailler. »

Intérêt grandissant chez les nouvelles générations

Tina Pere note toutefois l’intérêt que portent les nouvelles générations à la généalogie. Ces jeunes font désormais appel à ses services professionnels pour retrouver leurs terres.

« Ils me disent que leurs aïeuls, qui ne sont plus là, ne leur parlaient pas de cela.  Beaucoup d’entre eux ont  perdu leur travail en raison de la crise sanitaire actuelle. Ils me disent qu’ils veulent refaire leur généalogie pour retourner sur leur terre afin de lancer leur fa’a’apu ou pour construire leur maison. »

Avide d’action, Tina cumule les activités, car en plus d’être généalogiste, elle exerce aussi la fonction d’agent transcripteur. Son travail consiste dans ce cas à enregistrer et à transcrire toutes les décisions judiciaires en matière foncière à la Direction des Affaires Foncières. Les femmes d’action, vont toujours de l’avant.

Toatane Rurua

Rédacteur

©Photos : Tina Pere et Toatane Rurua pour Femmes de Polynésie

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