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Mode & Beauté

La Beauté polynésienne selon Jade

Publié le 2 juillet 2021

Entourée de ramages bariolés, une paire de ciseaux à la main, Jade s’emploie à déconstruire le mythe de la vahine. Avec Meherio¹, sa marque de maillots de bain cousus main, elle entend capturer l’essence de la femme Polynésienne, sa fragilité, sa complexité. Du bout des doigts, elle cultive la différence, souligne les courbes et valorise la singularité de chacune.
Au fil de la conversation, elle dévoile à Femmes de Polynésie comment le lycra peut renforcer l’estime de soi.

Jade dans son atelier

UN METIER… A TISSER

Avec ses jolis yeux bridés et sa peau dorée, Jade incarne à merveille le métissage polynésien, cet esprit cosmopolite.
Heureux hasard ou petit clin d’œil du destin, elle passe ses plus jeunes années sur l’île de la Femme² avant de revenir s’installer à Tahiti. Studieuse mais indécise, elle s’envole ensuite pour le Canada afin d’étudier la biologie. L’expérience ne se révèle pas à la hauteur de ses espérances. Nostalgique, désabusée, elle se découvre une véritable aversion pour le froid et choisit de rentrer près des siens.

« Je n’ai pas beaucoup accroché avec le climat, la distance. Je pensais que ça allait me faire grandir mais pas vraiment. »

Désirant s’orienter vers une spécialité plus tangible, elle s’inscrit alors en PACES³ avant de bifurquer vers le droit. Bien qu’elle n’ait pas encore d’idée concrète de ce à quoi elle aspire, son besoin d’aider l’autre est, lui, immuable.
Aujourd’hui, Jade vient d’achever sa première année de Master et a décroché un CDD à la Direction du Travail.

 

Si elle assume pleinement ce choix très cartésien, elle n’en demeure pas moins créative. Petite, sa grand-mère lui enseigne les rudiments de la couture. Elle découpe ses premiers patrons, réalise ses premiers ourlets. Un souvenir impérissable qu’elle garde précieusement en mémoire depuis toutes ses années.

Entourée de sa maman et sa popo

ASSISE EN TAILLEUR

Alors que le confinement touche à sa fin, Jade est prise d’une envie irrépressible de dénicher un nouveau maillot mais se heurte aux problématiques de toute bonne acheteuse compulsive.

« On retrouve toujours les mêmes modèles, les mêmes tissus, à un prix exorbitant. »

C’est un cliché de sa maman en bord de plage qui l’inspire cette fois. Elle s’empare d’un de ses modèles et s’installe derrière la veille machine à coudre familiale.

« J’avais déjà demandé à Popo4 de m’apprendre, en vain. J’ai raté mon premier maillot, ça fusait dans tous les sens. »

Mais Jade a plus d’une bobine dans son sac… Loin de renoncer, elle s’essaye sur des chutes et investit dans une surfileuse. Après les cours, elle confectionne quelques bikinis pour ses amies et les choses s’enchaînent très vite.

« Mes copines venaient essayer à la maison, elles postaient leurs stories sur Instagram puis c’était au tour des copines des copines. »

La naissance de Meherio

DE FIL EN AIGUILLE

En octobre 2020, elle ouvre sa patente et obtient, quelques mois plus tard, le label Made in Fenua. Plus qu’un loisir ou une activité lucrative, Meherio est un concept ancré dans le mouvement du body positive5, une façon de se réapproprier son corps, de s’accepter et de s’affranchir des diktats.

« Aujourd’hui, les Polynésiennes sont plus ou moins rondes, plus ou moins grandes, métissées, plus ou moins complexées. Pour certaines, trouver des maillots de bain dans le commerce n’est pas chose facile, que ce soit pour la taille ou le prix. »

A mille lieux du stéréotype véhiculé par les premiers navigateurs occidentaux, Meherio promeut la diversité et valorise la beauté sous toutes ses formes.

« Quand j’ai vu mes copines défiler avec mes créations, j’ai réalisé à quel point elles étaient belles, leurs rondeurs aussi. Elles se sentaient sublimées, c’est ce qui m’a poussée à continuer. »

Ses amies, ses premiers modèles

COUSU MAIN

Dans son atelier, Jade propose d’associer les ramages pour concevoir un modèle unique. Ici, c’est le maillot qui s’adapte, non la femme.

« Je demande toujours une photo, comme ça quand je couds, j’ai une image bien précise en tête. »

Aujourd’hui, elle se consacre pleinement à l’obtention de son diplôme et jongle entre son poste actuel et sa notoriété naissante. Bien décidée à atteindre son objectif, elle ne compte pas développer davantage sa marque mais se réjouit néanmoins de contribuer à la relance de l’économie locale en se fournissant ici.

« Je voulais prouver à ma famille que je pouvais réussir, les remercier de m’avoir donné sans compter. »

Et quelle plus grande satisfaction que de voir ses créations fièrement arborées sur les plages qui lui ont tant manqué.

Une sirène épanouie

¹ Sirène en Reo Tahiti, premier prénom de Jade

² Huahine

³ Première Année Commune aux Etudes de Santé

4 Grand-mère en Hakka

5 Mouvement social en faveur de l’acceptation et l’appréciation de tous types de corps

Caroline Baudin

Rédactrice Web

©Photos : Jade et Caroline Baudin pour Femmes de Polynésie

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