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Portrait

Colita Mapeura

COLITA MAPEURA, MAMAN À LA MISSION

Publié le 2 mars 2026

Le 8 mars prochain, nous célébrons la Journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, l’association UFFO Polynésie met en valeur 8 Polynésiennes inspirantes. Ces femmes remarquables, nous les avons appelées nos Poerava, nos “perles rares”. La société polynésienne est multiculturelle et comporte de plus en plus de femmes engagées que nous voulons mieux faire connaître car elles sont modestes. Aujourd’hui, nous rencontrons Colita Mapeura.

 » Colita est une fille de la Mission ! » Elle a toujours vécu dans ce quartier de Papeete : dans son enfance, la vallée a été son terrain de jeux et de découvertes. Aujourd’hui, Colita Mapeura vit dans l’un des lotissements sociaux du quartier.

« Ma Mission d’avant a changé… »

Colita Mapeura

UNE VIE MARQUÉE PAR LES RESPONSABILITÉS

Son parcours de vie est celui d’une maman polynésienne qui a élevé seule ses enfants, malgré les nombreuses difficultés. Aujourd’hui, à 57 ans, sa vie est plus apaisée, mais elle ressent la fatigue des années de luttes quotidiennes pour réussir l’éducation de ses cinq enfants.

Sa chance a probablement été d’être recueillie et élevée, avec ses frères et sœurs, par ses grands-parents paternels, originaires d’Ana’a aux Tuamotu. Son grand père travaillait pour les phosphates à Makatea, tandis que sa grand-mère réalisait et vendait des colliers de coquillages pour faire vivre les enfants, tout en leur inculquant des valeurs et des savoirs, « devenus des richesses pour s’en sortir ».

À la fin des années 1970, il n’y avait pas d’électricité à la maison, on cuisinait au feu de bois, le linge était lavé encore à la main. Sa grand-mère Tearo était l’âme et le pilier de la maison.

« Tout est grâce à elle ! »

Colita Mapeura
Ses grands-parents

Colita quitte l’école de La Mission en 8e (CM1 aujourd’hui) pour s’occuper de sa grand-mère très malade. Elle n’y est pas retournée après son décès, a pris le relais pour prendre la maison en charge et continuer le gagne-pain des colliers de coquillages, vendus aux touristes dans les rues de Papeete. Le départ de sa grand-mère lui a fait comprendre ce qu’elle lui répétait : « Toujours croire en toi ».

La force face aux épreuves

Dans ses deux unions conjugales successives, elle retrouve le climat de violences et d’addictions dont elle a pu être témoin dans son enfance. Un jour, à trente-deux ans, ne supportant plus d’être victime et de voir ses enfants vivre dans un tel climat, elle se dit :

« Ça suffit ce cauchemar, mieux vaut vivre seule, protéger les enfants et se concentrer sur leur éducation. »

Elle résume avec simplicité et réalisme sa façon de voir :

« J’ai choisi de mettre mes enfants au monde, c’est à moi de les élever, de les éduquer, de leur faire réussir leurs études pour qu’ils soient meilleurs que moi, qu’ils aient un bon travail pour ne pas être dépendants. »

Et elle rajoute :

« Un bébé, c’est pour la vie ! »

Apprécions ce qu’elle a répondu à l’une de ses filles qui lui confiait vouloir un bébé avec son copain, alors qu’ils allaient encore au lycée :

« Si vous voulez un bébé maintenant, allez en acheter un au magasin et n’oubliez pas les piles, jouez avec au papa et à la maman et quand vous en aurez assez mettez-le en haut du placard… »

La communication, clé de l’éducation

Parler, communiquer avec ses enfants a été l’une clé de l’éducation donnée, notamment pour leur transmettre ce que ses grands-parents lui ont apporté.

Un de ses frères le résume :

« Il faut parler avec la bouche, pas avec les mains. »

Aujourd’hui, ses cinq enfants ont fait un beau parcours : l’une est professeur titulaire du CAPES, deux ont un emploi après leur BTS, un troisième prépare un diplôme à bac +2, une autre est bachelière et travaille. Les rôles se sont inversés, et ce sont eux qui l’aident financièrement par reconnaissance et respect.

Colita Mapeura
Avec sa fille et son mo'otua en Provence

Soutien et engagement social

Colita Mapeura reconnaît que pendant ces années difficiles, elle a toujours pu compter sur l’encouragement et les aides des Affaires sociales de Papeete, car elle ne pouvait pas travailler régulièrement. Elle hésitait à solliciter ses propres frères et sœurs, eux-mêmes chargés de famille. La religion, et particulièrement la prière, l’ont également aidée à tenir et croire en elle.

Colita Mapeura
Un rêve réalisé : visiter Lourdes

Dans le cadre du Collectif Solidarité pour tous, elle a aussi été active aux côtés de Teave Chaumette pour organiser devant les magasins des collectes périodiques de produits pour les familles en situation précaire.

Son message  :

« Il y a plusieurs façons d’aimer ses enfants, mais le plus fort, c’est de s’en occuper, d’être à leurs côtés tous les jours. »

Taurere Hauata et Armelle Merceron pour UFFO Polynésie

©Photos : Cl Augereau et Colita Mapeura 

Directeur des Publications : Yvon Bardes

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