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Carrière

Armelle Merceron, une femme de cœur et d’engagement

Publié le 16 mai 2020

20 ans de carrière dans l’enseignement, 20 autres en politique… Un leitmotiv rythme les choix d’Armelle : « essayer de donner des chances aux autres ». L’humain sera le moteur de ses choix professionnels, mais également de son engagement dans la cause des femmes, qui lui tient particulièrement à cœur. Femmes de Polynésie lui rend hommage.

DES VALEURS FAMILIALES FORTES

Armelle Merceron voit le jour il y a tout juste 70 ans, à Tahiti. Avec ses 7 frères et sœurs, elle grandit dans une famille soudée, un esprit chrétien et un amour du fenua très présent.

Les valeurs que l’on reçoit donnent un cadre moral qui balise un chemin de part et d’autre pour tracer sa voie. Béatrice 1 et moi, dans notre vie professionnelle et en politique, avons essayé de faire vivre ces valeurs, et c’est la signification de notre engagement.

Avec ses parents, frères et sœurs

Après des études de Sciences économiques, couronnées par le CAPES et l’AGREG, Armelle entre dans la vie active comme professeure d’Économie et Gestion.

L’EDUCATION, POUR UNE EGALITE DES CHANCES

L’éducation permet d’avoir un esprit critique, d’analyser et de comprendre les choses, d’être libre de penser et de faire ses propres choix.”

Elle enseigne pendant 19 ans au Lycée du Taaone principalement et s’implique dans la vie de l’établissement. Forte de cette expérience, elle développe une vision avec des possibles améliorations.

Il n’y avait jamais eu de proviseur Polynésien, femme de surcroit… J’ai déposé mon dossier de candidature fin 1995.

Avec sa sœur Béatrice et Irmine Tehei, présidente de l’UFFO

Sa sœur Béatrice, devenue Ministre en charge de la Solidarité, de la Famille et de la Protection sociale, lui propose de mettre ses connaissances économiques de la Polynésie et ses compétences en gestion au service de la politique. Armelle y voit l’opportunité d’œuvrer à un niveau supérieur.

Essayer de donner des chances aux autres : l’éducation c’est ça, et la politique ça devrait être ça aussi.

LA POLITIQUE POUR ŒUVRER EN AMONT

Elle pense rester 2 à 3 ans dans la vie politique et revenir dans l’enseignement, sa candidature pour être proviseur ayant été sélectionnée pour l’oral à Paris.

J’y suis finalement restée 20 ans, sans regrets.

Elle débute comme Conseillère technique pour la mise en place de la Protection Sociale Généralisée en 1996, et notamment du RST 2. Puis elle est nommée Chef du service des Affaires sociales, pendant 3 ans.

J’y ai mieux perçu la gravité de la réalité. Il ne suffit pas d’une aide matérielle ou d’appuyer sur un bouton pour régler les choses. Quand l’humain est « cassé », c’est un travail extrêmement long et difficile pour l’aider  à se reconstruire.

Avec Jacques Chirac, lors d’une mission à Paris dans le cadre de ses fonctions ministérielles

En alternance avec des mandats de représentante à l’Assemblée de la Polynésie française Armelle occupe successivement les fonctions de Ministre de la Santé et de la Fonction publique, de l’Education, des Finances, du Logement, de la Famille et de la Condition féminine.

“Je retiens de la politique qu’il faut qu’une majorité solide soutienne le gouvernement pour faire un travail dans la durée. Entre 2004 à 2010, période du « taui », notre pays a subi des remous énormes. Mais après réflexion, c’était indispensable pour nous permettre d’évoluer. ”

SON ENGAGEMENT POUR LES FEMMES

“Lors de mon dernier poste ministériel, J’ai travaillé sur le droit des femmes avec Karine Le Flanchec et la Délégation à la famille et à la condition féminine.”

Mais en 2008-2009, nouveau taui. Armelle et Karine quittent le ministère en souhaitant poursuivre leurs actions. Aux débuts d’internet, un premier site web Femmes de Polynésie, sorte de tribune qui met en valeur des polynésiennes engagées, voit le jour.

Avec la Délégation polynésienne à la conférence triennale des femmes océaniennes à Suva en 2017

“Longtemps en Polynésie, on a parlé de matriarcat, de mères de familles … et du mythe de la Vahine. Il nous paraissait important de mettre en valeur des femmes ou des causes les concernant, qui puissent faire réfléchir et servir de moteur à l’égalité Hommes-Femmes.

Pour compléter et ouvrir l’action en faveur des Femmes sur le reste de l’Océanie, l’UFFO3 voit le jour.

“Lors de nos échanges annuels nous avons mesuré qu’en Polynésie nous avions de la chance, car notre société laisse plus facilement la femme émerger que la société mélanésienne, wallisienne ou ni-vanuataise.”

Avec l’UFFO lors d’un atelier annuel

L’UFFO-Polynésie milite aujourd’hui pour la mise en place d’un Observatoire des droits des femmes, qui se baserait sur des données chiffrées, pour faire ressortir les inégalités en matière de carrière, de salaires, de freins (par exemple quand les enfants sont malades ou en vacances), et par ricochet les problèmes de crèches, de garde ou de transports…

Pourquoi beaucoup de femmes ne travaillent pas alors qu’elles le veulent ? Parce que le rôle de mère n’est pas le plus souvent compatible avec un emploi. On se doit de leur en donner les moyens.

Avec l’UFFO

Armelle mesure les progrès à réaliser dans la parité H/F, notamment dans les mandats politiques, car elle est persuadée de la complémentarité de l’homme et de la femme, mais aussi de la plus-value d’un regard féminin.

Aujourd’hui à la retraite, elle a entamé un nouveau chapitre de sa vie, plus proche de sa famille, de son potager, et de ses envies. Elle continue son implication avec l’UFFO dans un combat pour le respect et l’égalité des chances.

Je pense que la sagesse, c’est de savoir passer la main. Il faut préparer le relais et accepter que l’on n’est pas indispensable.

Bouquet éphémère zen, avec les fleurs de son jardin

1 Béatrice Vernaudon-Coppenrath

2 RST : Régime de Solidarité Territorial

UFFO : Union des Femmes Francophones d’Océanie

Plus d'informations

Lubomira Ratzova

Rédactrice web

   © Photos : Armelle Merceron et Femmes de Polynésie

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