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Santé & Sport

Tauhani Lesca, gagnante à tous les coups

Publié le 24 juin 2021

A 12 ans, elle troque ses pointes de danse classique contre des gants de boxe. Cinq ans plus tard, elle est double championne de Polynésie et sélectionnée pour les championnats de France. Fonceuse, déterminée, attachante, Tauhani est tout cela… Une jeune femme percutante qui a tout pour inspirer les Femmes de Polynésie.

UN TOURNANT à 180°

« Quand j’étais petite, je détestais la boxe. J’avais horreur de la violence. J’ai été élevée dans un monde de Barbie. »

Son papa est alors boxeur. Pourtant, Tauhani ne va voir aucun de ses combats. Pour elle, c’est plus demi-pointes, pointes et justaucorps. Elle se passionne pour la danse classique durant 6 ans.

« Et puis, du jour au lendemain, j’ai changé radicalement. Au collège, j’ai compris que les filles populaires étaient celles qui avaient du caractère et qui savaient se battre. Je les enviais un peu. »

Tauhani n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Elle se plonge alors dans un nouvel univers. Un univers imprégné de sueur, de coups et de cris : celui de la boxe. Pourtant, la transition se fait en douceur. Son premier coach est Tafai Nena, le petit-fils du fameux Maco Nena (champion de France amateur toutes catégories en 1971).

« On se fait souvent une fausse image de la boxe. J’ai été accueillie avec beaucoup de bienveillance dans ce milieu très masculin. Personne ne m’a jamais rabaissée et j’ai au contraire toujours été portée par mes sparring partners¹. Ce n’est que du positif. »

VAINCRE SA PEUR

La boxe, que du positif. Et pourtant, le ‟partner” de Tauhani sur le ring, c’est bien sa peur.

« Encore aujourd’hui, je crains viscéralement les coups. Lors d’un combat, je ne pense qu’à une chose : fuir ! (rires) J’ai fait une quinzaine de rencontres officielles mais c’est chaque fois avec l’envie de vomir que je monte sur le ring. »

Son coach depuis 3 ans, Rodrigue Ah-Min, le sait bien.

« Quand elle stresse, elle se bat plus qu’elle ne boxe. Je lui parle beaucoup pour qu’elle soit plus calme, plus précise, et elle gagne peu à peu sur sa peur. »

Son coach, sa famille, c’est d’ailleurs la grande force de Tauhani. Elle fait un gros travail pour enfin boxer avec un réel plaisir.

« Sur le ring, je ne pense qu’à eux. Mon père, ma mère, mon coach, je ne veux pas les décevoir. C’est bien la moindre des choses que je leur dois. »

Son père est d’ailleurs à ses côtés pour l’entraîner et l’endurcir.

« Il me fait beaucoup évoluer, m’apprend à ne pas baisser la garde ni à fermer les yeux. Avoir ses parents à ses côtés, c’est une grande force pour moi. S’ils m’ont parfois poussée à aller plus loin, je les en remercie aujourd’hui. »

DES SACRIFICES PAYANTS

Et les efforts sont récompensés. Tauhani remporte le championnat de Polynésie en 2018 et en 2019. Elle avait son ticket pour les championnats de France de 2020 mais la compétition s’arrête, du fait de la crise sanitaire. La jeune boxeuse mise sur un report en 2022 et se projette sur le prochain temps fort : la venue de boxeuses Américaines et Françaises, en août prochain. Si elle appréhende ces rencontres, son coach, lui, est confiant.

« C’est une battante. Elle stresse beaucoup, mais elle gagne ! C’est une vraie championne ! »

Et au fur et à mesure des victoires, Tauhani s’épanouit.

« Quand tu te donnes à fond et que ça paie, tu apprends beaucoup sur toi. J’en sors grandie, et pas seulement dans la boxe. La pratique de ce sport m’a servi dans la vie de tous les jours. »

Assiduité, ponctualité, persévérance… La jeune boxeuse applique les valeurs de la boxe dans son travail de lycéenne (en Terminale au lycée Paul Gauguin), dans ses loisirs et dans sa vie sociale. Difficile de la croire aujourd’hui quand elle revient sur son ancienne timidité.

« J’étais assez introvertie. Mais à force de côtoyer de nouvelles personnes au fil des entraînements, je me suis ouverte. »

Avec sa meilleure amie, Laura

Et croyez-nous, elle est désormais parfaitement à l’aise dans ses chaussures de boxe.

Il faut dire qu’elle passe une majeure partie de son temps au boxing club. Une heure le matin avant les cours, une heure à la sortie, tous les jours de la semaine. Un rythme qui convient à la jeune femme, même si elle avoue qu’elle a parfois vécu cela comme un sacrifice.

« Je ne comprenais pas pourquoi tous les autres pouvaient sortir, dormir tard le matin, boire de l’alcool, alors que moi je devais aller aux entraînements. Au final, je comprends à quel point cela m’a été bénéfique, notamment sur l’alcool. C’est tellement facile de tomber dedans. »

UN MESSSAGE POUR TOUTES LES FEMMES

« Une autre manière de recevoir des coups ? Certainement ! (rires) »

Et pour son sport, elle espère que plus de femmes rejoindrons la boxe.

« Il ne faut surtout pas avoir peur. La boxe n’est pas un sport de brutes, c’est très technique. Et accessoirement, le fait de savoir se battre peut être très utile, cela rassure et donne confiance. »

Avec un argument coup de poing comme celui-ci, il ne vous reste plus qu’à franchir le pas…

Marion BOIS

Rédactrice

©Photos : Niuhiti Gerbier pour Femmes de Polynésie

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