Femmes de Polynésie Retrouvez nous sur
Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

  • Tiana Valencourt et les joyaux de l’océan

Évasion

Corinne Raybaud, écrivaine de Polynésie

Corinne Raybaud, une vie de livres et d’aventures (2/2)

Publié le 11 février 2026

Elle a passé trois ans sur un bateau, traversé les océans, été de découvertes en découvertes, a affronté l’inattendu et, certainement fait de cette enfance pleine d’aventures, le socle de son œuvre littéraire foisonnante. De ses recherches universitaires à ses récits romanesques, l’historienne-écrivaine Corinne Raybaud transmet des mémoires, éclaire des trajectoires et raconte le Pacifique autrement. Portrait d’une femme au long cours.

Vivre ses personnages

Parmi les figures qui fascinent Corinne Raybaud, il y a ces Polynésiens qui embarquent volontairement à bord des premiers navires européens.

« Ils partent de leur plein gré, c’est tout à fait incroyable, comme Aotourou avec Bougainville, Tupaia et Hitihiti avec Cook… »

Livres de Corinne Raybaud, écrivaine en Polynésie française

D’Audacieux voyageurs polynésiens partis avec des Européens (1768-1773), Tobias Furneaux et Mai dit Omani : le premier Polynésien en Angleterre (1774-1776)… : ce qui intéresse Corinne : ce sont leurs motivations, ce qui les poussent à quitter leur île. Dans Les Prophéties de Tupaia, elle choisit la voie romanesque. Le récit s’inspire de faits historiques, mais aussi d’un événement survenu à Tahiti dans les années 1970-1980.

« Mon histoire est beaucoup moins tragique que ce qui s’est passé en vrai. À chaque fois, je suis tellement dedans qu’il me semble connaître mes personnages, les voir vivre… »

Livres de Corinne Raybaud, écrivaine en Polynésie française

Jusqu’à la poésie

Elle explore aussi la poésie, notamment avec Voyage austral : La Polynésie au fil de l’eau.

« Ce sont des poèmes avec des photos prises au fil de mes voyages, d’Hawaii à l’île de Pâques, en passant par la Nouvelle-Zélande. »

Dans le sillage des Fabergé

Son dernier opus, Dans le sillage des Fabergé, naît d’une fascination ancienne pour ces œufs, joyaux créés pour la famille impériale russe entre 1885 et 1916.

 

« Je me suis inspirée des familles russes fuyant la révolution de 1917-1918 et venues s’installer à Tahiti. Elles ne pouvaient emporter presque rien. Ces œufs pouvaient permettre de dissimuler des pierres précieuses et des bijoux pour monnayer leur fuite. »

Corinne Raybaud, écrivaine en Polynésie française

Une vie de voyages

Comme ses personnages, Corinne a beaucoup voyagé. Elle arrive à Tahiti en 1972. Elle a 15 ans. Son adolescence se construit au fenua, mais le périple a commencé bien avant.

« Mes parents avaient le goût du voyage et de l’audace. Nous sommes partis de France en bateau pour un voyage de trois ans, ce qui était peu fréquent à l’époque.  »

Ils longent les côtes espagnoles et marocaines, font halte aux Canaries, traversent l’Atlantique, marquent une pause aux Antilles, au Venezuela, en Colombie et au Panama. Puis à l’île Coco, au large du Costa Rica.

« Mon père y cherchait un trésor… »

Enfin la grande traversée des Galapagos aux Marquises.

Aventure au milieu de l’océan

Au sud de l’équateur, le bateau est heurté.

« Probablement des orques ou des globicéphales1. À la voile, c’était calme plat, on n’avançait pas. On devait ressembler à une épave… »

Les animaux se rapprochent :

« Certainement pour se frotter et enlever leurs parasites. Sur le coup, nous les enfants, ça nous a amusés. Et puis, ils étaient de plus en plus nombreux. Un coup de queue a fait vibrer tout le bateau… Ils commençaient à toucher la coque. Cela devenait inquiétant. Et là, mon père a eu l’idée qu’il fallait : il a démarré le moteur… »

La vie à bord

Vivre sur un bateau est une expérience totale :

« C’est la découverte et l’inattendu mais aussi la précarité et le danger permanent. »

Lors de la traversée du Pacifique, qui a duré 50 jours, l’eau vient à manquer. La chance : leur route croise celle des cargos. Le premier passe de nuit, impossible de l’interpeller. Le second ne les voit pas. Le troisième, en plein après-midi, finit par s’arrêter.

« Mon père et moi sommes allés demander de l’eau avec l’annexe. Ils nous ont descendu des bouteilles d’eau et de la nourriture. On les a remerciés puis on est repartis. »

Pendant trois ans, elle ne va pas à l’école.

« Ma mère avait acheté des livres, de la cinquième à la troisième, et m’a dit : apprends. »

Étudier pour apprendre, enseigner pour transmettre

De retour à terre, à Tahiti, elle fait une année à Anne-Marie Javouhey, quelques mois au lycée Paul Gauguin. Puis son père décide de repartir, direction les Îles-sous-le-Vent, Raiatea, ou Corinne fait sa seconde, première, terminale, avant de poursuivre ses études universitaires dans l’Hexagone. Elle obtient un doctorat d’Histoire sur l’île de Pâques à Paris-Nanterre, puis le doctorat de droit sur le passage de la coutume à la loi à Bordeaux-Montesquieu IV.

« L’Histoire, au départ, c’était une évidence. »

Elle enseigne cette matière ainsi que la géographie à Tahiti, dans les collèges, au lycée Gauguin, puis à l’université.

 

« J’aimais l’idée de la transmission. »

Le livre qui manque

Corinne Raybaud Autrice Tahiti Femmes de Polynesie Credit : Claire-Lise Augereau

En racontant tous ces souvenirs, Corinne sourit.

« Ça… C’est le livre que je n’ai jamais écrit. On me le dit souvent ! Mais qui sait… »

1 Dauphins océaniques

Cl Augereau

Rédactrice

©Photos : Cl Augereau et Corinne Raybaud pour Femmes de Polynésie

Directeur des Publications : Yvon Bardes

Pour plus de renseignements

Facebook

À découvrir également :

Partagez Maintenant !

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir du contenu de qualité

* En cliquant sur VALIDER, nous attestons que l'adresse mail ne sera utilisée que pour diffuser notre newsletter et que vous pourrez à tout moment annuler votre abonnement.