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Culture

Mathilde Zampieri, sur la vague de la réalisation

Publié le 25 mars 2022

Le soleil s’éveille à peine, les troubadours des coqs aux chants aguicheurs sur une scène de théâtre improvisée par les volatiles, lancent le top départ des charrettes de ferrailles, vibrant à l’unisson vers l’épicentre de la ville. Femmes de Polynésie ouvre la porte des tribulations de Mathilde, et c’est le plongeon vers une apnée dans les profondeurs de ses productions audiovisuelles.

ENFANT DE L’EAU

Immersion dans les eaux de Raiatea, là où son corps s’y éprend, vaste étendue marine où elle se meut avec ferveur et aisance. Prenant et reprenant son souffle dans les abîmes de son cocon azurite, Mathilde progresse et gravit les échelons du windsurf1. Mais l’audiovisuel a déjà empoigné son cœur.

« Je faisais déjà des vidéos de planches quand on allait faire des journées dans l’eau. Mais c’est vraiment durant le confinement que je me suis lancée. »

Reconnue dans l’univers nautique, elle sort de cette vague prise jadis pour déposer sa planche sur le sable encore chaud du soleil couchant. À présent, les grains poussés par le vent recouvrent son destrier des mers, sans pour autant l’effacer.

« Quand je me suis inscrite à l’ISEPP2 en Communication, je savais qu’il fallait que je fasse des stages.  »

Plan-séquence3 sur son parcours. Des océans de mousses cachemires, la voie se dévoile sur les chaises d’aciers où l’aride chaleur endort les moins zélés. Mouvement sur la droite et notre regard s’ouvre sur une porte de verre, des escaliers sombres, puis l’entrée de Lucid Dream Production l’embarque au sein de projets.

« Durant mon stage, ils m’ont laissé l’opportunité de pouvoir écrire et réaliser le clip
«My treasure» de Jade L. »

Son premier pas dans la réalisation est un tremplin vers des projets encore endormis dans son inconscient créatif.

« J’aime bien me diversifier et la fiction m’a toujours intéressée. »

LA FICTION DU RÉEL

En contre-jour, lumière sur sa silhouette autour de laquelle les poussières d’avenir virevoltent en suspension. Arrêt sur image puis travelling4 avant en très gros plan sur ces fines particules dévoilant en ses sphères, des projections de cinéma.

« Il y a tellement de choses qui m’inspirent qu’au final tu prends toutes ces petites choses de chacun pour faire ce que tu souhaites.  »

Les pellicules tournent et les cliquetis amorcent la conception de sa personnalité.

« J’accorde une réelle importance à la colorimétrie et à la symétrie au cinéma. »

Imprégnée et animée par l’univers littéraire et cinématographique, Mathilde se lance dans la réalisation de son premier court-métrage en solitaire.

« Je voulais faire de la fiction et je me suis dit, il faut y aller. C’est bien beau d’avoir des rêves, mais il faut savoir les réaliser en se prenant en main. »

L’écriture du scénario se déchaîne aux côtés de son petit frère, les tournages s’enchaînent dans la moiteur de journées aussi grosses et enivrantes qu’une nuée de pigeons dévorant les parterres parisiens. Et la postproduction suit son cours.

« En bref, je voulais faire quelque chose qui parle des relations que les gens peuvent avoir entre eux.  »

UN REGARD SUR L’AVENIR

Femme de réalisation, Mathilde dépose sur la table d’échange, des paroles considérées.

« Je pense qu’un très bon scénario, tu n’as pas besoin de l‘expliquer, ça doit être implicite, l’image est si pertinente que c’est suffisant. Tu pourras ressentir et comprendre des situations sans les avoir vécues. »

L’apesanteur des réalités remonte à la surface des sujets atemporels.

« Que ce soit un scénario ou un livre, ils vont perdurer dans le temps. Parfois tu lis de vieilles œuvres alors que les sujets sont très actuels. »

Puis de vives impulsions animent sa déconstruction de clichés défaitistes.

« Il y a souvent cette impression que tout a déjà été fait, mais au final, beaucoup de choses n’ont pas encore été réalisées ! »

Fondu noir sur ses paroles et ses aspirations, nous entrevoyons la lune dans ses iris, l’éprenant dans un nuage de curiosité, avide d’inspiration. Alors que le temps s’arrête dans l’achèvement de son court-métrage, déjà un long métrage en fin d’écriture se profile.

« C’est un monde hyper accessible alors que beaucoup pensent le contraire. Il faut juste y aller. Tout ce que tu vas commencer ne sera pas parfait, mais il faut se lancer, recommencer et persévérer. »

1 Planche à voile

2 Institut Supérieur de l’Enseignement Privé de Polynésie française

3 Suite d’images filmées en continu sans arrêter la caméra (en un seul plan) et restituée telle quelle

4 Mouvement de la caméra placée sur un chariot qui glisse sur des rails.

Manutea Rambaud

Rédactrice

©Photos : Manutea Rambaud et Mathilde Zampieri pour Femmes de Polynésie

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