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Carrière

Heirangi, la tête dans les nuages et les pieds sur terre

Publié le 5 mai 2022

L’esprit songeur, la tête dans les nuages et des étoiles plein les yeux, avec élégance, elle contemple le Dream Liner Fakarava parqué sur le tarmac. À vrai dire, Heirangi, pilote de ligne chez Air Tahiti Nui, vit sa passion et à chaque fois qu’elle enfile son uniforme et qu’elle prend place dans le cockpit, son rêve d’enfant se réalise. Tandis qu’elle présente son parcours et laisse entrevoir sa vision de la vie, Femmes de Polynésie ne peut s’empêcher de penser qu’elle n’est nulle part ailleurs que dans les airs. Les yeux rivés vers le ciel, tout porte à croire qu’elle y est encore et toujours, libre.

Une vocation familiale

Grâce à son père pilote de ligne et sa mère, chef de cabine sur Air France, la passion pour l’aviation devient très tôt une seconde nature pour Heirangi.

« J’ai toujours aimé voyager. Je voyais mon père faire cela avec beaucoup d’engouement, donc forcément il m’a transmis le virus. Grâce à ma mère, je pouvais aller au poste de pilotage pour faire les décollages et les atterrissages. Je me suis rapidement mis en tête que j’allais faire ce métier. »

Les choses se précisent quand du haut de ses 6 années d’existence, Heirangi annonce à ses parents son souhait de devenir à son tour pilote de ligne.

« On se dit que c’est tôt et que ça risque de changer. Les années sont passées, je regardais toujours les avions, la passion est restée. Quand on déposait ma mère à l’aéroport, on s’arrêtait au flamboyant pour voir l’avion décoller. »

Double check

À 15 ans, au Tahiti Aéroclub UTA, sur un Piper-PA 28, Heirangi prend les commandes pour la première fois. Une fois en vol, les sensations sont au rendez-vous. C’est sans doute à ce moment-là qu’elle a décollé pour ne plus jamais atterrir.

« La sensation a été très simple. C’était WOW ! Je vole, je suis libre. C’est comme sentir l’air dans les cheveux, plus rien d’autre n’existe, il ne reste plus que le ciel, la terre et l’air. »

Plus tard, malgré une parenthèse dans son parcours académique, le vol prend encore une fois le dessus.

« Je partais faire des études en mathématiques supérieures et spécialisées dans le but de faire une école d’ingénieur. J’ai bifurqué un peu pour m’assurer que c’était bien le métier de pilote de ligne que je voulais faire. Au bout de 2 ans d’école d’ingénieure, je suis revenue sur le vol. »

Le dépaysement, une nécessité

En 2008, la jeune pilote fraîchement diplômée se retrouve en pleine période de krash boursier. Obtenir du travail dans ce contexte devient difficile. Mais malgré le domaine de l’aérien bien affecté par la crise, résiliente, Heirangi ne perd pas espoir, elle persévère.

« J’ai effectué mon premier vol commercial avec Tunisair. J’y suis restée jusqu’en fin 2010, car à la suite des émeutes du printemps arabe, la situation locale ne s’améliorant pas, je suis revenue en France où j’ai travaillé pour XL Airways.»

Et après 3 ans de vols en Europe, Heirangi découvre l’Asie lorsqu’elle est basée à Singapour en tant que pilote pour la compagnie australienne, Jet Star Asia.

« Les dépaysements et les chocs culturels, je les ai toujours pris comme des expériences enrichissantes. On apprend constamment quelque chose. Le meilleur moyen de connaître un pays, c’est d’y habiter. Le seul mot que je retiens de ces expériences c’est le mot ‘’magique’’.»

Partir pour mieux revenir

« Après avoir fait le tour du monde, vécu dans plusieurs pays et quand bien même chaque culture peut nous apporter beaucoup de choses, je pense que nos origines nous rappellent toujours à un moment donné. J’avais envie de revenir ici, chez moi. »

C’est empreint de cette tâche que Heirangi revient au fenua en 2014. Depuis, en toute aisance, elle revêt l’uniforme d’Air Tahiti Nui entre Paris, Los Angeles, Vancouver, Auckland, Tokyo et Tahiti

« C’est ce qui m’a mené ici. Malgré, la bifurcation et le krash boursier, je savais que j’allai y arriver. »

La jeune pilote puise dans l’addition de ses racines polynésiennes et françaises telles une force, celle de la famille.

« Mon père originaire d’Ardèche a grandi à Moorea depuis petit. Les racines familiales de ma mère, se retrouvent aux Australes, à Bora Bora et aux Marquises. De ma grande famille soudée, je retiens l’humilité et l’indépendance dans notre éducation. On nous a toujours donné l’espace et l’occasion de choisir ce qu’on a voulu faire. »

« Par amour pour ma famille, j’ai fait le tour du monde, j’ai atteint mes rêves. »

Une question de liberté

« J’ai soif de liberté. J’ai trop besoin de vivre dans les airs. »

Pour Heirangi, l’avantage du métier de pilote réside dans le fait que chaque vol est différent. Et la rigueur que la profession demande, elle ne la considère pas comme une contrainte. Au contraire, pour elle, la liberté, c’est de pouvoir exercer sa passion quotidiennement.

« Expérimenter cette sensation de liberté a toujours été quelque chose d’extraordinaire pour moi. »

Au sol comme dans les airs, Heirangi manifeste ce sentiment. Sur Tik Tok, elle nous transporte dans son univers niché entre ciel et terre.

« J’aime avoir les étoiles dans les yeux et la tête dans les nuages. J’adore la danse, j’affectionne le chant, je chéris ma culture. Je ne fais pas de Tik Tok dans le but d’avoir énormément d’abonnés. »

Elle souligne que sur cette plateforme, les gens s’expriment, ils témoignent de leurs passions. Quant à elle, grâce à Tik Tok, elle fait une place pour ses abonnés dans le cockpit de son Dream Liner. En vol, à près de 30 000 pieds d’altitude, elle incite les rêveurs à voir toujours plus loin, à s’accomplir.

« D’une certaine façon, j’espère susciter des vocations chez des personnes qui n’auraient pas pensé à ce métier. Je souhaite créer l’envie de voler. Puis, il faut des femmes pilotes et si elles sont polynésiennes, c’est encore mieux. »

« Toutes les femmes de Polynésie m’inspirent. Leurs métiers, leurs rêves, leurs passions m’inspirent. »

Libre, humble et déterminée, elle partage.

« On a qu’une seule vie. C’est nous qui traçons notre propre chemin. On a tous en nous cette capacité à réaliser nos rêves. »

Au moment où ces lignes s’écrivent, un avion arborant la fleur symbolique décolle et c’est avec une petite pensée pour nos ambitions, qu’on lui souhaite bon voyage, et à Heirangi qu’on dit « reviens-nous vite ».

Niuhiti Gerbier

Rédacteur

©Photos : Manutea Rambaud et Tevai Maiau pour Femmes de Polynésie

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