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Edmee Temauri Femmes de polynesie

Edmée Temauri, de Huahine à l’excellence des Disciples d’Escoffier

Publié le 17 mars 2026

Enfant, elle se rêvait hôtesse de l’air, mais c’est finalement derrière les fourneaux des prestigieux établissements de Polynésie qu’Edmée Temauri a trouvé sa voie. Disciple d’Escoffier depuis 2024, cette enfant de Huahine partage pour Femmes de Polynésie son parcours dédié à l’exigence et à la gastronomie.

Une éducation stricte

Edmée Temauri a passé toute une partie de son enfance à Huahine, sur le grand terrain familial de deux hectares où habitaient ses grands-mères.

«Mes parents étaient séparés et j’ai vécu chez ma grand-mère paternelle avec une dizaine de cousins. Elle s’occupait des transports scolaires. Il fallait aider à la maison, on avait chacun nos corvées. Les miennes étaient de faire le ménage, de balayer la cour, mais curieusement pas de faire le mā’a. Mon autre grand-mère vivait à côté, elle était conseillère pédagogique, elle était stricte sur notre scolarité. »

Edmee Temauri Femmes de polynesie

Edmée Temauri gardera de cette éducation un sens profond de la rigueur et une discipline qui lui servira, des années plus tard, pour l’univers de la cuisine. Pourtant, dans sa jeunesse, elle est attirée par un autre domaine.

« Quand j’étais jeune, on allait avec ma grande sœur voir mon père ou ma mère pendant les grandes vacances à Tahiti et on prenait l’avion toutes seules, j’adorais cela et je voulais être hôtesse de l’air. »

Un apprentissage au Lycée hôtelier

Après ses années de collège à Huahine, Edmée s’inscrit au Lycée hôtelier de Tahiti en BEP cuisine et restauration.

« C’était pour me former dans le domaine du service pour être hôtesse de l’air, mais je me suis aperçue que je ne correspondais pas à tous les critères, notamment de taille. »

La jeune fille continue toutefois sa formation et découvre cet univers où la rigueur est de mise.

« Le côté carré m’a plu et cela m’a appris les bases pour travailler en cuisine, mais au départ, j’avais un peu deux bras gauches. »

La découverte de la gastronomie

Edmée Temauri se lance ensuite rapidement dans la vie professionnelle au Saint-Régis à Bora Bora.

« J’ai commencé au room-service, mais je n’aimais pas trop être en contact avec les clients, alors j’ai décidé de me mettre à la cuisine et j’ai décroché un job au Hilton de Bora Bora. »

C’est au restaurant Le Carré du Méridien de Tahiti que le coup de cœur pour la gastronomie devient définitif. Elle y rencontre des mentors qui vont développer son talent.

« Quand tu commences à toucher à la gastronomie, tu te rends compte qu’on peut vraiment faire des choses merveilleuses en cuisine. Au Méridien, j’ai eu la chance d’être formée par des personnes comme le chef Cédrik Ollivault, le sous-chef Benjamin Le Gall ou encore le chef japonais Kaito Nakamura. Ils m’ont remarquée et m’ont fait confiance. Ils m’ont beaucoup appris sur les techniques, fait découvrir des produits mais aussi sur le comportement professionnel à avoir. »

L’aventure du Brando

Et c’est justement le chef Cédrik Ollivault qui va l’embarquer pour une nouvelle aventure dans l’un des plus beaux resorts du monde, The Brando, sur l’atoll de Tetiaroa.

«Le rythme n’était pas facile, car on restait quatre semaines sur l’atoll puis ensuite on rentrait une semaine en vacances à Tahiti. Le Brando est un cinq étoiles Forbes1, on est face à des clients qui sont habitués à l’excellence, on ne peut pas se permettre de ne pas être à la hauteur. On n’a pas droit à l’erreur, mais ça a été une superbe expérience. »

Edmee Temauri Femmes de polynesie

Edmée Temauri gravit les échelons, de commis, elle passe demi-chef de partie, puis chef de partie. Grâce au chef Cédrik Ollivault, à son sous-chef Pierre Lecorne et au chef japonais Kaito Nakamura qu’elle retrouve là-bas, elle va apprendre à sublimer les ingrédients, à inventer des recettes et découvrir toutes les subtilités de la cuisine végane ou encore du teppanyaki2 japonais.

« Je me suis entraînée pendant deux semaines pour le teppanyaki pour être prête pour les clients. J’avais le trac, mais il faut rester pro. Cette exigence du Brando m’a vraiment forgée. »

La consécration Escoffier

Après quatre ans et demi au Brando, Edmée quitte l’établissement pour rejoindre la cuisine du Kon Tiki à Papeete en tant que sous-cheffe. Elle y fait une nouvelle rencontre déterminante : celle de Sébastien Corniau, ancien chef étoilé, qui lui transmet également son savoir-faire.

En juin 2024, Edmée Temauri est intronisée Disciple d’Escoffier3 à Tahiti, une belle reconnaissance pour la trentenaire dont le rêve secret serait, un jour, d’être à la tête de son propre établissement…

1  Distinctions réputées données par le Forbes Travel Guide qui met l’accent sur le service constant de l’établissement

2 Technique de cuisson japonaise sur une plaque en fer. Les chefs préparent les ingrédients frais sous les yeux des convives, offrant un véritable spectacle culinaire

3 Les Disciples d’Escoffier sont une association internationale renommée vouée à la transmission et à la promotion de l’excellence culinaire

Pauline Stasi

Rédactrice

©Photos : Pauline Stasi pour Femmes de Polynésie

Directeur des Publications : Yvon Bardes

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