
Stéphanie Vanizette : se découvrir en créant, se construire en ressentant
Entre galerie d’art et créations textiles, Stéphanie Vanizette semble guidée par l’intuition et la sensibilité. Une trajectoire faite de rencontres, de douceur et de confiance en ce que la vie dépose sur son chemin. Rencontre avec Femmes de Polynésie.
UNE RECONNEXION À SON ENFANT INTÉRIEUR
Stéphanie Vanizette est une âme créative.
« Quand j’étais petite, je faisais beaucoup de choses manuelles, mais je n’ai pas continué, je ne savais pas exactement ce que je voulais. »

Sa destinée ne semblait pas gravée dans le marbre. Après le bac, elle quitte son île natale, Tahiti, et s’envole pour l’Hexagone afin de poursuivre des études en école de commerce.
Quelques années plus tard, elle revient au fenua et commence à travailler dans une entreprise privée, avant de se mettre à son compte.
« Aujourd’hui, je passe beaucoup plus de mon temps dans le milieu de l’art. Je travaille avec Vaiana qui est la galeriste de Winkler. C’est vraiment un travail assez complet. »

Avec ce changement de domaine, ses aspirations anciennes se révèlent à nouveau.
« La couture, c’est ma deuxième passion. En 2020, j’ai commencé à coudre des accessoires pour bébés. C’était vraiment comme une pulsion, j’avais ce besoin de créer des choses de mes mains. »
CRÉER SENSIBLEMENT
La marque de Stéphanie se baptise Moon Child.
« Mes accessoires sont principalement tournés autour du monde de la nuit et de la spiritualité. »

À la fois poétique et pratique, ce projet est né d’une volonté d’offrir à ses amies devenues mères, des cadeaux qui leur ressemblent.
« Une de mes meilleures amies allait avoir un bébé. Je ne trouvais rien qui me plaisait dans les magasins. Je voulais vraiment lui offrir quelque chose de personnel et de fait sur mesure. Du coup, c’était un peu mon cobaye. Maintenant, je propose des doudous en forme de lune, de nuage… Je fais des couffins pour bébé, des couvertures, des panières… »
Et dans cette pulsion créative, le fil rouge demeure l’empathie.

« La maternité, c’était une expérience très forte, très éprouvante pour mes amies. J’avais envie d’apporter un peu de douceur dans tout ça. »
Stéphanie propose ainsi des produits en éditions limitées, sur mesure et réalisés avec amour. Moon Child s’est également associée avec une artiste australienne, Annie Tarasova, qui réalise des oracles et des carnets, redistribué par la marque ici, à Tahiti.
DES INSPIRATIONS À ÉCHELLE HUMAINE
Fondée en 1964, la galerie Winkler est la première de Polynésie. Aujourd’hui, pilier de l’art contemporain à Papeete, elle accueille des artistes de tous horizons. Un vivier d’effervescence pour Stéphanie.
« J’ai commencé la couture avant de travailler à la galerie, mais depuis que je côtoie des artistes, j’ai beaucoup plus de choses qui me viennent. Ça me motive à faire des collaborations. J’ai quelques petites idées de projets que j’aimerais bien concrétiser. »

Ainsi, c’est l’artiste Yiling Changues, rencontrée dans ce cadre, qui réalise le logo de Moon Child.
« Le côté enrichissant, c’est vraiment le contact humain au quotidien. Je vois ce mélange de génération, ces échanges entre les artistes. Il existe des connexions qui vont au-delà des vernissages. »
SE DÉCOUVRIR ET S’ÉCOUTER
Cela fait trois ans que Stéphanie Vanizette œuvre au sein de la galerie Winkler, et un an qu’elle collabore avec la Tevairoa Gallery située au Bora Bora by Pearl Resorts.
« Vendre des œuvres d’art, c’est quelque chose d’assez particulier et magique. J’aime beaucoup le fait de travailler avec les artistes et de contribuer à les mettre en valeur. »

Accueillir la clientèle, préparer des visuels pour les expositions, communiquer avec les artistes des expositions personnelles, les interviewer pour les présenter au public, mettre à jour le site internet, le catalogue : toutes ces missions font partie de son quotidien.
« Je n’ai pas fait d’études pour faire ce métier. J’ai appris énormément grâce à Vaiana. J’apprends toujours. J’aimerai la remercier, elle m’a fait découvrir son monde. Grâce à elle, j’ai découvert une tout autre voie dans laquelle je m’épanouis. »

Si rien ne la prédestinait à travailler dans ce milieu ou à devenir elle-même créatrice, Stéphanie a su saisir sa chance, et prospérer dans un environnement qui semble fait pour elle.
« Je souhaite à chacun de poursuivre ses rêves, de faire quelque chose qui lui ressemble, qui lui plaît tout simplement. Il faut vraiment faire confiance à la vie et aux opportunités qu’elle peut nous apporter. »

Rédactrice
©Photos : Cartouche-Louise Michèle et Stéphanie Vanizette pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon Bardes




