
Onyx Le Bihan, un lien étroit avec l’océan
Le 8 mars prochain, nous célébrons la Journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, l’association UFFO Polynésie met en valeur 8 Polynésiennes inspirantes. Ces femmes remarquables, nous les avons appelées nos Poerava, nos “perles rares”. Aujourd’hui, rencontre avec Onyx Le Bihan.
UNE VIE LIÉE À L'OCÉAN
Née à Tahiti d’un père franco-tahitien et d’une mère originaire de Fakarava, Onyx Le Bihan a grandi et vit en lien étroit avec l’océan. Très tôt embarquée avec son père pour la pêche, elle développe une relation intime à la mer, renforcée par ses souvenirs d’enfance à Moorea, près de l’eau, où elle fait ses premières découvertes de plongée. L’océan devient rapidement son espace de vie, d’apprentissage et d’équilibre. Aujourd’hui, elle habite toujours à Moorea et reste en relation directe avec la mer.

UN PARCOURS SCIENTIFIQUE ENGAGÉ
Formée aux sciences de l’environnement, elle obtient un baccalauréat scientifique, puis une licence en biologie, spécialité océanographie, à l’Université de la Polynésie française, avant de poursuivre un cursus en biologie marine jusqu’au master à La Rochelle.
Elle travaille ensuite pendant dix ans pour la commune de Moorea-Maiao dans le domaine du développement durable, notamment sur le plan de gestion de l’espace maritime (PGEM).
Aujourd’hui, Onyx exerce une activité indépendante en tant que formatrice, consultante, guide de randonnée aquatique, en particulier pour les aires marines éducatives. Elle est aussi éducatrice sportive, diplômée en chasse sous-marine, apnée et nage avec palmes. Elle le fait dans une approche transversale qui relie science, pédagogie, sport, relation au monde du vivant.
UNE PIONNIÈRE DE LA CHASSE SOUS-MARINE FÉMININE
En parallèle, Onyx s’engage dans la chasse sous-marine, discipline historiquement masculine. Elle participe à ses premières compétitions, devenant en 2014 l’une des premières femmes polynésiennes à concourir aux Oceania à Raiatea par équipe avec Taina Orth.
Commence alors un travail de fond, long et exigeant. Dix ans plus tard, elle est la première Polynésienne à monter sur un podium au championnat du monde en Espagne (2023) : elle se classe 3e mondiale en individuel et devient vice-championne par équipe. En 2025 au Brésil, elle est championne par équipe avec Tania Orth, Louise Lamotte et Nahema Charles.
Ces résultats sont l’aboutissement d’un engagement construit sur la durée et d’un travail collectif qui “vise à féminiser la discipline et à la rendre accessible, dans le respect du milieu marin”.
Malgré les obstacles liés à son statut de femme — regards sceptiques, absence d’infrastructures adaptées, nécessité de faire ses preuves — elle contribue, avec son association To’a Hine Spearfishing, à l’évolution des mentalités : aujourd’hui, plusieurs femmes pratiquent et sont reconnues dans ce milieu, ouvrant la voie à d’autres femmes et d’autres générations.



VALEURS ET PHILOSOPHIE DE VIE
Dans les choix de sa vie, Onyx “se laisse porter par le courant, par les opportunités qui passent ou qui lui sont proposées”. Mais c’est une compétitrice, animée par le goût du défi, l’esprit pionnier et la transmission des savoirs.
« Je suis convaincue que l’adaptation et l’observation sont essentielles, tant dans la chasse que dans la vie. »
Ses valeurs fondamentales sont le respect, l’humilité et la justice.
« On doit être cohérent avec ce que l’on dit, ce que l’on fait, et chercher à toujours faire de son mieux. »
Son mental, sa rigueur, son sens de l’organisation et sa capacité d’adaptation, affûtés par ses activités, constituent ses principaux atouts dans sa recherche de cohérence entre engagement personnel et utilité collective. Des atouts cimentés par le soutien de son conjoint, de sa famille et de ses proches, mais aussi des communes qui l’ont encouragée, ainsi que des institutions et partenaires rencontrés au fil de son parcours.

PROJETS ET TRANSMISSION
L’un de ses projets est la création d’une Académie de la mer par le canal de la chasse sous-marine :
« Afin de reconnecter les enfants à l’océan, et ainsi renforcer leur estime d’eux-mêmes et leur conscience environnementale. »
Elle pense également à la création d’un musée et à l’écriture d’un livre sur la chasse sous-marine.
Son message pour l’avenir est clair :
« Que tout le monde prenne conscience que l’océan est la clé d’un avenir durable, qu’il faut le respecter collectivement, vivre en harmonie avec lui et non dans une logique de profit. »
« Inspire, diffuse et impulse le mieux-vivre l’océan » résume son engagement. La chasse sous-marine n’est pas seulement une pratique sportive : elle est, pour Onyx Le Bihan, un véritable chemin de vie.


Sandrine Salmon et Armelle Merceron – UFFO Polynésie
©Photos : Cl Augereau et Onyx Le Bihan
Directeur des Publications : Yvon Bardes




