Femmes de Polynésie Retrouvez nous sur
Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Portrait

Marguerite Barbos Agricultrice vanille Femmes de Polynesie Credit : Cartouche Louise-Michele

Marguerite Barbos, la patience au cœur des gousses

Publié le 31 décembre 2025

Ancrée dans la terre et dans son histoire, Marguerite Barbos a fait de la vanille un chemin de vie. Entre transmission et gestes patients, elle cultive chaque jour le soin, le partage et l’apaisement, dans le calme de la montagne. Femmes de Polynésie est allé à sa rencontre. 

UNE QUÊTE PERSONNELLE

Marguerite Barbos a grandi dans la commune de Mahaena. Son conte familial est celui d’une enfant métisse, issue à la fois de la communauté hakka et de la communauté tahitienne. 

« Je sais que mes grands-parents sont venus ici travailler, ils n’étaient pas riches du tout. Je ne sais plus quel est le nom du bateau avec lequel ils sont arrivés, et je ne me rappelle plus quelle année… »

Très jeune, elle est séparée de sa fratrie.  

« Quand je suis née, on m’a donnée à adopter. »

La jeune femme garde tout de même contact avec sa famille biologique, tout en grandissant avec ceux qu’elle considère aujourd’hui comme ses parents. 

Plus tard, alors qu’elle obtient son baccalauréat en secrétariat ainsi qu’un certificat d’études, elle se confronte au monde ardu de la recherche d’emploi.

Marguerite Barbos Agricultrice vanille Femmes de Polynesie Credit : Cartouche Louise-Michele

« J’ai quitté l’école à l’âge de 20 ans. J’ai cherché du travail, je n’ai pas trouvé, même si je suis diplômée. Ma belle-sœur m’a envoyée chez une famille pour faire le ménage. Alors j’ai travaillé comme femme de ménage, chez des particuliers. »

Douée de ses mains, Marguerite apprend également à réaliser des tīfaifai, à travailler la terre... Parfois, elle garde des enfants pour gagner de l’argent. C’est seulement des années après, à 50 ans passés, qu’elle se décide à changer radicalement de voie, et de faire de l’agriculture son métier. 

« Cette recherche identitaire est attachée à la terre, au fenua, par mes origines chinoises et mā’ohi. »

ŒUVRER EN FAMILLE

Ainsi, en 2020, elle s’associe avec son beau-frère Frédéric Barbos.  

« La culture de la vanille était celle qui me correspondait le mieux. Prendre soin, et quand ça donne des gousses : faire la cueillette, les préparer avec amour… Mes enfants m’aident beaucoup, surtout mon aîné Tapuarii, qui m’a beaucoup soutenu et encouragé dans ce projet. »

Marguerite Barbos Agricultrice vanille Femmes de Polynesie Credit : Cartouche Louise-Michele

Ensemble, ils gèrent une serre, qui n’accueille pas moins de 118 tuteurs. En 2024, Marguerite passe une formation pour devenir officiellement préparatrice de vanille. 

« C’est mon beau-frère aussi qui s’occupe de la vanille quand je ne suis pas là. Présent tous les jours, de lundi à lundi, il est là. »

Marguerite s’occupe de la vanille dès qu’elle le peut, tandis que son acolyte excelle dans l’art du fa’a’apu. 

« Il y a du taro, des patates douces, des ananas, des citronniers, des fruits de la passion, de la canne à sucre. On a aussi des cocotiers pour faire donner des cocos. Le fa’a’apu, c’est important dans notre culture. »

UNE ENTREPRISE À ÉCHELLE HUMAINE

Situé à Hitia’a, le terrain est un garde-manger pour cette famille nombreuse. 

« On n’est pas des grands agriculteurs. »

Marguerite Barbos Agricultrice vanille Femmes de Polynesie

Au cœur de la montagne : des fruits, des légumes, mais aussi des plantes cultivées pour leur beauté, trônent et parsèment le paysage de couleurs. 

Maintenant que sa vanilleraie a atteint une belle production, Marguerite Barbos collabore avec l’EPIC Vanille, un établissement situé à Mataiea, qui revend le fruit de son labeur à des acheteurs en gros. 

« Je casse et je pèse, puis je les amène là-bas. »

Depuis le 4 août 2025, Marguerite peut également compter sur une aide non négligeable du projet tremplin du Pays (SEFI), l’insertion par la formation et transfert des compétences, ce qui transforme son terrain en un lieu de partage qui tend vers un accompagnement pour former la jeunesse de demain à travers l’agriculture. 

« On a quatre stagiaires, trois femmes et un homme. Tous les lundis, je prends un stagiaire… Je me donne quatre heures pour le ou la former dans la serre : comment planter, nettoyer, faire pousser les lianes, marier les fleurs… »

RÉCOLTER LA QUIÉTUDE

Tous les jours, Marguerite passe quatre heures dans son potager. 

« Ce n’est pas difficile, mais fatigant. Ça prend beaucoup d’énergie. Et c’est pire, s’il y a le soleil. »

Des moments privilégiés d’accomplissement, parfois de transmission, mais surtout de cette sérénité qu’offre le travail bien fait. 

Marguerite Barbos Agricultrice vanille Femmes de Polynesie

« J’aime bien, c’est calme, la montagne. En altitude, les oiseaux, tu n’entends que ça. Parfois, tu entends et vois un avion, un tout petit, tout blanc, passer. C’est la nature, et au milieu, il y a la serre. »

À bientôt 60 ans, Marguerite Barbos nous prouve qu’il n’est jamais trop tard pour se rapprocher de ses racines, et apprendre un nouveau métier. Humble et persévérante, elle est un exemple pour ceux et celles qui cherchent encore leur voie. 

Cartouche Louise-Michèle

Rédactrice

©Photos : Cartouche Louise-Michèle et Marguerite Barbos pour Femmes de Polynésie

Directeur des Publications : Yvon BARDES

À découvrir également :

Partagez Maintenant !

Fenua ma

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir du contenu de qualité

* En cliquant sur VALIDER, nous attestons que l'adresse mail ne sera utilisée que pour diffuser notre newsletter et que vous pourrez à tout moment annuler votre abonnement.