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Portrait

Caroline Combes - Kamacaro à Bora Bora

Kamacaro, amoureuse du fenua : du ’ukelele au Heiva

Publié le 16 octobre 2026

Caroline Combes, alias Kamacaro, a 27 ans, cuisine pour un grand hôtel de Bora Bora et croque la culture polynésienne avec une fraîcheur, une énergie vibrante et une générosité simple et communicative qui nous ont poussé à la rencontrer. Elle a accepté de se raconter, munie de ses ’ukulele et de sa flûte nasale.

Depuis quelques mois, Caroline Combes poste des tutos d’accords de ’ukulele sur son compte Instagram, chante des mélodies tahitiennes comme si elle était née ici, lance ses javelots, bien souvent en plein dans le mille, s’est même essayée à la course des porteurs de fruits et à la rame au Heiva i Bora Bora cette année.  

Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora

Une famille piquée au tiare

Son histoire avec le fenua remonte à l’enfance.

« Mon père a vécu à Tahiti de 3 à 20 ans. Depuis toute petite, je suis bercée par la musique tahitienne. Mon père nous parlait tout le temps de ses années ici. En 2006, à 7 ans, je suis venue passer 3 mois. Je me rappelle encore des moustiques, des bains d’écorces de fruits pour apaiser les piqûres, des dauphins à Moorea ou encore des spectacles de danse des centres aérés… »

Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora
Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora
Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora
Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora

Après un bac scientifique, Caroline s’oriente vers la philosophie et la sociologie à La Sorbonne, tout en travaillant dans un restaurant. Là, c’est le déclic. Encouragée par son père, elle intègre alors une école hôtelière, puis fait sa première expérience professionnelle dans un restaurant deux étoiles en Belgique.

« C’était le restaurant de mes rêves : une table gastronomique en pleine campagne. »

Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora

Le grand saut à Bora Bora

Mais, il y a deux ans, avec son tāne Alan, elle rêve d’une destination plus exotique. Pourquoi pas la Polynésie ? Elle envoie des candidatures pour des postes de chef de partie et décroche rapidement un emploi sur un motu à Bora Bora.

« J’adore cuisiner, faire plaisir aux gens… et j’adore manger aussi ! J’aime le stress des coups de feu en cuisine. C’est moi qui m’occupe des cuissons et je découvre plein de choses. Je n’avais jamais levé de poissons aussi gros de ma vie ! »

Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora

À l’école du Heiva

Quand elle n’est pas en cuisine, Caroline se lève tôt pour explorer l’île. Au fil de ses randonnées et de ses rencontres, elle fait notamment la connaissance de Hiro, un lanceur de javelots qui l’a coachée pour le Heiva cette année.

« Hiro nous criait : “Allez, on cherche le podium !” Pour la course des porteurs de fruits, les filles devaient courir avec 15 kg, mais il m’a fait m’entraîner avec 20 ! Pour le lancer de javelot, c’est la patience qui fait tout ! Je restais deux heures à lancer sans m’arrêter. Parfois, j’en plantais seulement 3 ou 4, mais quand deux javelots d’affilée touchaient leur cible, je me disais que le coup de main rentrait enfin ! »

Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora
Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora

Sportive et curieuse de tout, elle s’inscrit également à la course de V1, sans réaliser qu’elle allait se mesurer à des championnes.

« Je me suis retournée trois fois pendant la course et je suis arrivée la dernière. Mais tout le monde m’a applaudie, m’a encouragée comme jamais. Rien que pour ça, c’était une expérience magnifique !  »

Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora

En musique

Sa passion pour le ‘ukulele l’accompagne depuis toujours. Elle a ramené ceux achetés par son père.

« Je ne savais pas comment accorder ! J’ai mis des messages sur Facebook. Je suis vraiment partie de zéro. On m’a donné un conseil : « Emmène-le partout avec toi et joue avec les gens dès qu’il y a une bringue”. J’ai appris par mimétisme. Le jeudi soir, c’est le rendez-vous immanquable au bar du Saint-James : tous les musiciens de l’île se rassemblent et on chante ensemble de 19 à 23 heures. C’est la meilleure des écoles et un rendez-vous que je ne rate pas ! »

Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora

Désirant partager et transmettre ses découvertes, elle publie des tutos sur son compte Instagram. Sa reprise de Ta’u I Here du groupe Rehe-Sound fait le buzz.

« Comme il y a très peu de tutos sur Internet, je me suis dit que j’allais apporter ma pierre à l’édifice pour aider les débutants. Aujourd’hui, je partage aussi mes entraînements de javelot, mes courses et la culture locale. »

Parmi les morceaux qui lui tiennent à cœur : Vatape i Nunue, composé par Victor Mataihau, un auteur-compositeur de Bora qu’elle a eu la chance de rencontrer.

« Il m’a raconté qu’il avait composé cette musique tout en haut d’une montagne. C’est vraiment un très beau morceau. »

À travers la musique, le sport et les rencontres, Caroline Combes s’imprègne des valeurs et des codes polynésiens.

« Dans la musique et les bringues, on ressent toutes les valeurs du fenua : la joie de vivre, le partage entre les générations, l’accueil chaleureux… Tu comprends immédiatement pourquoi les gens tombent amoureux de cet endroit. À chaque moment fort vécu ici, je remercie Joseph, mon grand-père, procureur au tribunal de Papeete dans les années 1960 à 1980. S’il n’avait pas pris la décision d’emmener sa famille ici, je n’aurais peut-être jamais connu le fenua. »

Caroline Combes, alias KamaCaro à Bora Bora

Cl Augereau

Rédactrice

©Photos : Kamacaro pour Femmes de Polynésie

Directeur des Publications : Yvon Bardes

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