
Alexandra Aline, créatrice de bijoux à l’âme polynésienne
Après sept années d’études supérieures et un parcours qui semblait tout tracé vers la communication et le marketing, Alexandra Aline a finalement choisi d’écouter « sa petite voix intérieure » qui la ramenait sans cesse à la création. Depuis 2012, avec Alika Tahiti, elle façonne des bijoux à son image : féminins, féériques et profondément inspirés par la Polynésie.
Née aux États-Unis, d’origine chinoise et française, Alexandra Aline, 43 ans, a grandi au fenua.
« J’ai beaucoup voyagé, mais c’est ici chez moi. Je me sens polynésienne. »
Après son bac, la jeune femme emprunte la voie des études supérieures, un chemin conventionnel, influencé par sa famille de chefs d’entreprise et de commerçants. Licence en Langues étrangères appliquées, communication, marketing… elle enchaîne les formations et les diplômes sans trop savoir où ils la mèneront.

« J’ai cherché ma voie pendant huit ans, alors que depuis petite j’étais passionnée par la création. »
Les signes étaient pourtant là. Enfant, elle fabriquait déjà des bijoux, créait des objets et peignait. Elle était fascinée de voir un morceau de métal se transformer en bijou en observant le créateur Patrick Guitard dans son atelier. À 17 ans, un stage chez Tex’Style lui permet d’apprendre à monter ses premiers bijoux.
« À force d’entendre que la création de bijoux n’était pas un vrai métier, j’avais fini par le croire. »
Écouter sa petite voix
Un stage difficile dans une grande entreprise parisienne, marqué par six mois de harcèlement moral, agit comme un électrochoc. Déçue par cet univers professionnel, Alexandra décide de suivre son intuition. Elle intègre l’école de bijouterie-joaillerie de la rue du Louvre, devenue aujourd’hui la Haute École de Joaillerie à Paris. Pendant un an, elle apprend le travail des métaux et des alliages, la cire, le sertissage des pierres, le polissage et l’émaillage.
« De toutes mes études, c’était mon année préférée ! »
Elle ne renie pourtant pas son long parcours universitaire.

« Sept ans d’études pour rien ? Finalement, pas vraiment. Elles me servent aujourd’hui, notamment pour la communication, qui est essentielle dans mon activité. »
Son projet d’entreprise était, en effet, déjà quelque part dans un coin de sa tête. Lors d’un exercice de création d’entreprise en école de commerce, elle avait imaginé une marque de bijoux baptisée Alika Tahiti, logo compris ! Lors d’un voyage à Hawaii, elle découvre qu’« Alika » correspond à Alex en hawaiien.
Des bijoux avec une âme polynésienne
En 2012, devenue jeune maman, Alexandra ouvre une patente.
« En créant, je me sens libre. Je me sens bien. Je me sens moi-même. »
Ses créations mêlent sable, nacre, keishis, coquillages, tissu pāreu ou résine.

« C’est important pour moi qu’il y ait toujours une âme polynésienne. »
En parallèle de ses collections, elle développe le sur-mesure, imaginant des bijoux adaptés à la personnalité et à l’histoire de ses clientes. Elle propose également la réparation et le relooking de pièces anciennes.
« J’aime redonner une seconde vie aux anciens bijoux. Cela permet de porter à nouveau des pièces un peu passées de mode. »

Alexandra partage aussi son savoir-faire lors d’ateliers de fabrication. Pour préserver sa liberté créative et concilier son métier avec sa vie de maman de deux enfants, elle a choisi de ne pas ouvrir de boutique et de proposer ses créations chez des partenaires.
Comme un papillon
Alexandra décrit son univers comme « très féérique ». Depuis l’enfance, elle aime les arcs-en-ciel et surtout les papillons.
« Pour moi, ils symbolisent la transformation, la liberté, le fait de devenir soi-même. »


Une image qui raconte finalement son propre parcours : celui d’une chrysalide qui a pris le temps avant de déployer ses ailes.
Parmi ses créations les plus marquantes figure un bracelet en pae’ore, sable, nacre, pāreu, keishi, dentelle et coquillage en argent rhodié, récompensé en 2015 au salon Made in Fenua.
Mais lorsqu’on lui demande sa plus belle création, la réponse fuse : « Mes enfants ! » Et s’il fallait retenir une leçon de son parcours ?
« Le plus important est d’écouter sa petite voix intérieure, de croire en soi et de se faire confiance. Il y a des doutes, des hauts et des bas, mais j’aime tellement mon métier. Je ne regrette rien. »

Rédactrice
©Photos : Isabelle Lesourd et Alika Tahiti pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon Bardes






