
Déotille Videau, entre exigence et passion : une voie tracée dans l’eau
À seulement 17 ans, Déotille Videau enchaîne les compétitions et les performances avec une discipline impressionnante. Entre passion et ambition, la jeune nageuse polynésienne trace son chemin dans les bassins, les yeux déjà tournés vers les plus grands podiums.
DE L’APPRENTISSAGE À LA COMPÉTITION
Arrivée à Tahiti trois semaines après sa naissance, Déotille Videau grandit entourée d’eau. La natation commence comme un jeu auquel elle ne prend que peu de plaisir…
« Au début, je pense que, comme tous les enfants, c’était juste pour apprendre à nager. Je n’aimais pas ça, j’y allais juste pour être avec les amis… J’ai commencé à apprécier quand j’ai commencé à faire de la compétition, à l’âge de 9 ans. »

Rapidement, elle bat les records des garçons et des autres filles, même plus agées qu’elle. Entre don et persévérance, Déotille évolue dans le microcosme des nageurs avec aisance, et ne s’arrête plus.
« Nager avec des règles et nager pour le plaisir, ce sont deux choses complètement différentes. Maintenant, j’aime les deux. »
GRANDIR À TRAVERS LE DÉPASSEMENT DE SOI
Déotille Videau mène sa scolarité à domicile.
« J’ai à peu près 23-25 heures par semaine d’entraînement. Que ce soit dans l’eau et en dehors, avec de la musculation et du yoga. »
Ses journées, rythmées par la discipline et du temps de récupération, sont bien peu communes pour une adolescente.
« Mon quotidien, il est ultra différent des gens de mon âge, mais je l’aime bien comme ça. Je l’ai choisi. »

Lorsqu’elle ne s’entraîne pas, Déotille privilégie des activités calmes, qui lui offrent à la fois relaxation, stimulation intellectuelle et créative.
« J’adore lire, surtout des thrillers ou de l’horreur. J’adore faire de la pâtisserie aussi ! Tous les mercredis et tous les week-ends, je fais à manger pour ma famille. »
Pour cette huitième d’une fratrie de neuf enfants, sa jeune carrière déjà bien lancée demande une certaine organisation.
« Quand je voyage pour les compétitions, j’aime bien découvrir des nouvelles piscines, de nouveaux décors… »
Des expériences qui enrichissent notre championne.
L’IMPORTANCE DU COACH DANS LE PARCOURS SPORTIF
« Je travaille avec Sylvain Roux depuis que je suis entrée au CPP1 en 2021. »
La relation entre une athlète et son coach est avant tout une histoire de confiance et de soutien.

« Ça change tout ! Même si je sais où je veux aller, et ce que je dois faire, c’est lui qui me dirige vers ça. C’est lui qui me fait m’améliorer avec cet entraînement. C’est une aide super importante pour moi. Il y a des moments où j’ai un peu de doute, ou après une mauvaise compétition, je suis un peu déçue. Je ne sais plus trop où j’en suis et il est là pour me porter et m’aider. »
DES OBJECTIFS TOUJOURS PLUS AMBITIEUX
Aujourd’hui, Déotille Videau compte 16 médailles à son actif, dont 9 en or aux Minis-Jeux du Pacifique. Elle est championne de Polynésie sur une dizaine de nages, bassin de 35 mètres et bassin de 50 mètres confondus. En mars 2026, elle détrone le record sur 200 mètres en nage libre qui était détenu depuis plus de 40 ans par Laurence Lacombe. Sacrée athlète de l’année aux Aito Tu’aro, elle détient aussi le record de Polynésie en 200 mètres papillon.

« Actuellement, je m’entraîne pour les championnats de France Elite. C’est la dernière grosse compétition de la saison 2025-2026. »
En 2025, elle a remporté 2 médailles d’argent lors des championnats de France junior. Cette année, elle espère continuer sur sa lancée.
« Gagner, ça va être compliqué, parce qu’il y a les meilleurs nageurs français. Mais j’aimerais faire plusieurs finales A2 et me rapprocher au maximum des podiums. »
Et sa détermination l’ammène à voir encore plus loin.
« Sur l’année prochaine, je me prépare pour réaliser les temps pour les Championnats d’Europe Junior, les Championnats du Monde Junior et les Jeux du Pacifique. »
Déjà sélectionnée pour les Jeux du Pacifique, elle concourra à Tahiti en juillet 2027.
« Pour être honnête, je savais que j’allais être qualifiée. Parce que je connais mes temps, je connais mon niveau, et je savais les temps qu’il fallait faire. »
Sûre d’elle et de ses capacités, Déotille n’en oublie pas moins de rester humble et focalisée sur ces objectifs.

« Je remercie les personnes qui m’accompagnent, qui m’aident dans mes projets. Tous les sponsors, mes amis et ma famille. Dans le Pacifique, maintenant que je commence à être un peu connue au niveau de la natation, il y a beaucoup de gens qui m’envoient des messages pour m’encourager, me féliciter… Merci à eux. »
Ambitieuse, elle espère participer un jour aux Jeux olympiques et, pourquoi pas, devenir une championne à détrôner.
« Je m’imagine bien sur le podium ! »
Son parcours déjà riche nous prouve que Déotille Videau est un nom à retenir de cette nouvelle génération de sportifs qui ne cesse de nous surprendre.
- Centre de Performance Polynésien
- La Finale A détermine les médaillés (les 4 à 6 meilleurs de la compétition)

Rédactrice
©Photos : Cartouche Louise-Michèle et Déotille Videau pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon BARDES





