
Émilie Drozdenko, d’infirmière à thérapeute ayurvédique
Émilie Drozdenko, infirmière de formation, a choisi de repenser sa manière de soigner. En quête de sens, elle a exploré d’autres approches de soins, de l’Amérique du Sud à l’Inde, avant d’ouvrir il y a six mois à Papeete le centre holistique Mana Ora. Un chemin de vie nourri de voyages, de rencontres et d’une vision plus globale de l’être humain…
Originaire du nord de la France, Émilie Drozdenko grandit dans la région de Toulon, en Provence. Très tôt tournée vers les autres, elle s’oriente naturellement vers des études d’infirmière. Diplômée en 2011, elle entre alors dans l’univers médical avec l’envie sincère d’aider. Mais rapidement, quelque chose la bouscule.
« À partir du moment où je suis devenue infirmière, je me suis rendu compte que la médecine conventionnelle répondait très efficacement aux situations aiguës. Mais j’avais besoin d’explorer également une approche plus globale de la santé. »
Au-delà des symptômes
Face à la souffrance des patients, Émilie se sent parfois impuissante.
« Je me sentais limitée dans mon aide vis-à-vis de certaines personnes. Cela m’a profondément questionnée. »
Peu à peu, elle commence à explorer d’autres approches : reiki, aromathérapie, phytothérapie, sophrologie…

« J’étais en quête de sens, autant dans mon métier que dans mon propre chemin de transformation intérieure. »
Cette recherche l’amène aussi à comprendre qu’on ne peut pas “sauver” les autres à leur place.
« J’ai appris à lâcher prise par rapport au syndrome du sauveur. Pour qu’il y ait un mieux-être la personne doit aussi devenir actrice de son chemin de santé. »
Suivre son intuition
En 2015, elle quitte tout pour voyager pendant un an en Amérique du Sud
« Je voulais rencontrer des peuples encore connectés à la terre et au sacré, découvrir des médecines traditionnelles. »
Puis vient l’Inde comme une évidence.
« J’avais découvert l’ayurvéda, la médecine indienne, en 2011, et cela m’avait profondément impressionnée. »

Elle étudie dans des écoles spécialisées en ayurvéda les thérapies corporelles, les massages, les rituels de détoxification et les principes fondamentaux de cette médecine ancestrale.
« L’ayurvéda agit avec plusieurs méthodes : les plantes, l’alimentation, les massages, la respiration, le yoga… »
Son premier séjour dure six mois. Une immersion intense au cours de laquelle elle expérimente elle-même un panchakarma, une cure détox ayurvédique puissante pratiquée depuis des millénaires. Elle retourne ensuite plusieurs fois en Inde pour se former et complète ses connaissances dans l’Hexagone avec des formations pour devenir conseillère en nutrition ayurvédique. L’ayurvéda considère chaque personne dans sa globalité : le corps, le mental, les émotions, l’énergie.
« À partir des cinq éléments, l’espace, l’air, le feu, l’eau et la terre, se forment les trois doshas : vata, pitta et kapha. Cela permet de comprendre les déséquilibres propres à chacun et d’adapter son hygiène de vie. »
De la Nouvelle-Calédonie à Tahiti
Après l’Inde, la thérapeute poursuit son chemin en Nouvelle-Calédonie où elle vivra six ans. Elle développe son activité de praticienne ayurvédique, anime des retraites bien-être et des ateliers de cuisine ayurvédique. Mais les événements sur le territoire et certaines rencontres l’amènent peu à peu vers la Polynésie.

« J’ai ressenti un appel pour la Polynésie. Je suis venue au départ pour visiter… et finalement je suis restée. »
À Raiatea d’abord, puis à Tahiti. L’ouverture du centre Mana Ora, en décembre dernier, ne figurait pourtant pas dans ses plans. Une rencontre. Une opportunité. Dans cet espace dédié au bien-être, se rencontrent massages ayurvédiques, soins énergétiques et rituels personnalisés. Le lieu accueille plusieurs thérapeutes et propose une approche holistique du bien-être. En parallèle, Émilie continue d’exercer comme infirmière de manière ponctuelle en effectuant des remplacements dans les îles.
« Aujourd’hui, je me sens alignée avec mes valeurs et je peux créer des ponts entre les savoirs traditionnels et mon expérience du soin infirmier. Désormais, je peux parler de l’impact des émotions sur le corps et accompagner les personnes avec toute ma sensibilité. »
Son parcours lui a aussi appris la confiance.
« Tous ces caps passés m’ont fait grandir. Avec Mana Ora, je souhaite transmettre une expérience concrète, sensorielle et profondément humaine pour un retour à l’équilibre et une meilleure connaissance de soi. »
Une philosophie qu’elle souhaite désormais transmettre au plus grand nombre. Elle organise des retraites ayurvédiques, des ateliers cuisine et elle accompagne également des groupes en Inde pour une immersion autour de la médecine ayurvédique
« Nous avons besoin de ralentir, de revenir à nous-mêmes, de prendre soin de notre équilibre intérieur. »
1 Méthode japonaise de relaxation par imposition des mains visant à favoriser le bien-être physique et émotionnel.
2 La phytothérapie utilise l’ensemble des parties des plantes (feuilles, racines, fleurs, etc.) à des fins de bien-être ou de santé, tandis que l’aromathérapie utilise spécifiquement les huiles essentielles extraites de certaines plantes.

Rédactrice
©Photos : Isabelle Lesourd pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon Bardes





