
De l’Opéra au cinéma, le parcours beauté de Maryline Montibert
Coiffeuse-maquilleuse, Maryline Montibert a suivi son intuition aux quatre coins de l’Europe avant de poser ses valises en Polynésie. Entre salons, scène de l’Opéra et plateaux de cinéma, son parcours est celui d’une vahine qui n’a jamais cessé d’apprendre.
Suivre son intuition
Maryline Montibert vient de Lyon et a toujours su qu’elle voulait devenir coiffeuse. Pourtant, après le bac, bonne élève, elle hésite entre les attentes scolaires et son aspiration profonde.
« On ne sait pas qui on est à 18 ans. On ne sait pas trop ce qu’on veut. C’était un enfer de faire un choix. »

Sa mère l’encourage à suivre ses ambitions. Maryline s’inscrit alors en CAP coiffure. Le soir, elle se perfectionne dans les chignons et la création, et participe à ses premiers podiums.
De Londres à l’Espagne : une envie de découverte
À 21 ans, elle part à Londres pour se perfectionner. Refusée à l’académie Toni & Guy, elle fait le tour des salons, CV à la main, et décroche un poste dans un salon d’hôtel.
« Dans une même journée, je coiffais des Italiens, des Indiens, des Grecs… Ce mélange de culture et de savoir-faire faisait que j’apprenais tous les jours. »

Un an plus tard, elle met le cap sur l’Espagne.
« À Tarragone, je rentre dans un salon très grand, qui m’impressionnait. Je parlais très peu espagnol, j’ai fait un essai. J’y suis restée deux ans. »
Elle suit des formations et réalise des coupes sur scène à Barcelone. Elle rêve aussi d’Australie, mais l’appel d’un cousin change ses plans : à Courchevel, un hôtel de luxe cherche un responsable de salon…
« Bien payée, logée, nourrie… Je me suis dit que cela me permettrait d’économiser pour l’Australie. »

Courchevel lui permet aussi d’apprendre à gérer un spa et une équipe. Une expérience formatrice mais… éprouvante.
« J’aime conseiller, mais je ne suis pas quelqu’un qui dirige ! Avec beaucoup de maux de ventre, j’ai compris que ce n’était pas mon truc… »
Entre-temps, amoureuse, elle met l’Australie de côté.
Le rêve de l’Opéra
De retour à Lyon, en passant devant l’Opéra, une évidence surgit. Elle pousse la porte et demande à rencontrer la cheffe maquilleuse, responsable à la fois de la coiffure et du maquillage.
« Elle m’a conseillé de devenir polyvalente : coiffeuse et maquilleuse. »
Maryline se forme alors au maquillage professionnel : cinéma, théâtre, photographie, effets spéciaux. Dans son école, les deux meilleurs élèves peuvent décrocher un stage à l’Opéra. Elle réussit.

« Mon rêve de petite fille ! »
Pendant plus d’un an, elle travaille pour l’Opéra tout en collaborant avec des photographes et la télévision. Mais un rêve reste présent.
« L’Australie était toujours dans un coin de ma tête… »
Le grand saut vers la Polynésie
Son compagnon, jeune ostéopathe, relance l’idée d’un départ. Après plusieurs pistes, ils choisissent la Polynésie. En 2012, ils quittent tout : cabinet, Opéra, stabilité. Sur place, Maryline contacte producteurs et photographes, et accepte un poste en salon pour démarrer, puis se lance seule, à domicile. Rapidement, le bouche-à-oreille remplit son agenda. Une productrice qu’elle avait contactée lui propose aussi de travailler sur une série, Al Dorsey comme cheffe coiffure et maquillage
« C’était magique! Mais derrière la caméra, on doit surveiller chaque détail : la moindre mèche qui bouge avec le vent et qui n’est plus en raccord. »

Elle découvre aussi l’intensité humaine des tournages :
« Un tournage, c’est une cocotte-minute avec plein de savoir-faire. Au final, on crée quelque chose de magique. Humainement, c’est une vraie colonie de vacances. Les liens deviennent très forts. »
Elle enchaîne plusieurs productions : Meurtres à Tahiti, La Carte aux trésors, Pacifiction, et aussi Gauguin – Voyage de Tahiti avec Vincent Cassel.
« J’ai dû faire beaucoup de recherches sur les coiffures de l’époque. C’est ce que j’aime dans les tournages : ce n’est pas seulement travailler avec ses mains, c’est aussi chercher et apprendre. »
Le jour le plus stressant de sa carrière
Sur le tournage de Waltzing with Brando, incarné par Billy Zane, un imprévu survient et Maryline doit prendre le relais.
« J’ai dû assurer seule la transformation de l’acteur, perruque et prothèses. Il faisait 40 degrés et la colle de la perruque séchait trop vite. Je n’étais pas totalement satisfaite. On a fini par mettre un bandana… Émotionnellement, ça a été la pire journée de ma vie… mais un immense apprentissage. »

Le film sera finalement présélectionné parmi les dix meilleurs dans la catégorie coiffure-maquillage aux Oscars.
« C’était incroyable d’être dans les dix premiers ! »
Entre cinéma et clients du quotidien
Aujourd’hui, Maryline Montibert mesure le chemin parcouru.
« C’est un métier dans nos mains. Ce que j’aime avant tout, c’est faire plaisir. »

Pour les jeunes qui rêvent de suivre la même voie, son message est simple :
« Qu’ils s’écoutent s’ils sont passionnés. C’est un métier magnifique : de création, de diversité, où l’on apprend tout le temps. »
Rédactrice
©Photos : CL Augereau et Maryline Montibert pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon BARDES



