
Tia Wan, sur les podiums du mannequinat international
À 25 ans, Heitiarii Wan, plus connue sous le nom de Tia Wan, évolue aujourd’hui dans le milieu du mannequinat international. Originaire de Tahiti, elle travaille pour plusieurs pays européens. La jeune femme se confie à Femmes de Polynésie pour retracer son parcours, de ses premiers pas dans l’univers de la mode à Tahiti aux podiums internationaux.
Une passion pour les défilés née très tôt
Très jeune, Tia Wan découvre le monde des podiums en observant sa grande sœur Niuriki Teremate, candidate à Miss Tahiti en 2009. Elle y prend rapidement goût.

« Quand je la voyais défiler sur les podiums avec ses belles robes, j’ai eu envie d’expérimenter moi-même ce monde des Miss. J’étais fascinée par son élégance, sa beauté et sa manière de marcher sur des talons hauts. Dès l’âge de 8 ans, je me suis dit que moi aussi je voulais être comme elle, et j’ai commencé à prendre ses talons pour faire des défilés à la maison ! »
La Tahiti Fashion Week, un premier tournant
En 2016, sa mère l’inscrit à la Tahiti Fashion Week, alors qu’elle n’a que 14 ans. Un événement qu’elle aborde sans réellement connaître le monde du mannequinat, mais qui deviendra un tournant dans sa vie professionnelle.

« À cette époque, je connaissais surtout le monde des Miss et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Quand ma maman m’a inscrite, je me suis dit que ce serait une expérience à tenter, sans imaginer que cela allait changer autant de choses pour moi. Avec les filles, on s’est beaucoup entraînées sur la manière de marcher, les chorégraphies… Après la victoire, toute la pression est retombée d’un coup. J’étais vraiment contente et relâchée. »
Une carrière qui décolle à 16 ans
Après sa victoire, Heitiarii part à l’étranger, mais jugée trop jeune, elle peine à décrocher des contrats. À 16 ans, sa carrière commence enfin à décoller.


« Dès que j’ai eu 16 ans, j’ai commencé à participer aux Fashion Weeks, et mes agents m’ont appris à marcher sur des talons pour m’entraîner. C’était intense : une heure de défilé par jour. Tu dois adopter une démarche différente selon chaque marque. Certaines veulent une marche plus sexy, d’autres plus élégante et classe, et d’autres encore style un peu garçon manqué. Tu dois donc changer ta manière de marcher, ton expression faciale et ta posture. »
Entre shootings et voyages : le quotidien d’un mannequin
Elle travaille avec plusieurs agences internationales, dont Brave Models, en Italie.

« Mon agence italienne, Brave Models, qui m’a choisie, m’a fait venir à Milan. J’ai rapidement compris qu’il était judicieux d’avoir plusieurs agences dans le monde, afin d’élargir mes opportunités et mes zones de shooting. J’ai donc été placée dans des agences à Paris, en Espagne, en Allemagne et à Londres. »
Des défilés pour de grandes maisons internationales
Grâce à son travail et à sa persévérance, elle accède à des défilés renommés.


« J’ai eu la chance de défiler pour les plus grands noms de la mode, comme Valentino, Giorgio Armani, Miu Miu, Elie Saab, Zuhair Murad et d’autres créateurs prestigieux. Défiler pour ces maisons a été pour moi un mélange de fierté et de gratitude. Sur le podium, il y a à la fois beaucoup d’émotion et un sentiment très fort de reconnaissance, là où des années de travail prennent enfin tout leur sens. Ces expériences ont surtout renforcé ma confiance en moi et mon envie de continuer à évoluer, tout en restant humble. »
Voyager, rencontrer, se construire
Malgré les exigences, Tia se passionne pour son métier.

« Dans le mannequinat, j’aime rencontrer de nouvelles personnes et apprendre à connaître des gens venus des quatre coins du monde. Ça enrichit ta culture générale, t’apprend à avoir plus confiance en toi et te pousse à te remettre constamment en question. Voyager, découvrir d’autres cultures, voir de nouveaux paysages et vivre de nouvelles expériences te forgent et contribuent à construire ta personnalité. »
Ses conseils pour devenir mannequin
Forte de son expérience, Tia estime que la Tahitian Fashion Week est une véritable porte d’entrée vers l’international, même si les aspirantes mannequins peuvent aussi postuler directement auprès des agences. Elle souhaite aussi donner des conseils aux jeunes filles qui rêvent d’en faire leur métier.

« Je leur conseillerai de prendre soin d’elles et de leur corps. Notre physique est notre principal outil de travail. Il faudrait qu’elles fassent du sport, mangent équilibré et prennent soin de leur peau ainsi que de leurs cheveux. Le mannequinat est fait pour tout le monde, même pour les Polynésiennes. Cela dépend juste de leur mental et de leur capacité à s’adapter à toutes les situations. Il faut savoir continuer à persévérer, même dans les moments difficiles. »
Sa deuxième passion, l’esthétique
Tout au long de son parcours, Tia Wan a également poursuivi ses études, obtenant en 2023 une licence d’Administration économique et sociale. Depuis l’année dernière, elle a décidé de suivre un CAP Esthétique. Elle estime, en effet, avoir fait le tour du métier de mannequin et souhaiterait, en parallèle de sa carrière travailler dans le domaine de l’esthétique afin « d’apprendre de nouvelles choses et d’assouvir son intérêt pour la beauté et le bien-être ».


Rédacteur
©Photos : Toatane Rurua, Giorgio Armani, Valentino, Miu Miu pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon BARDES



