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Tata Lan Femmes de Polynesie Credit : Pauline Stasi

Tata Lan, des ateliers de cuisine vietnamienne aux douces saveurs de l’enfance

Publié le 23 mars 2026

De Saïgon à Tahiti, Tata Lan a transformé l’exil en un festin de partage. Elle anime aujourd’hui des cours de cuisine vietnamienne pour transmettre son héritage. Femmes de Polynésie est allée à la rencontre de cette femme de cœur et de force.

« Dans la vie, tout est possible, il faut toujours y croire. »

Si Tata Lan, de son vrai nom Tuyet Lan Nguyen, répète souvent cette phrase, c’est loin d’être le fruit du hasard, mais celui de son parcours de vie. Une vie qui débute au Vietnam en 1959 à Hô-Chi-Minh-Ville, qui s’appelait encore à l’époque Saïgon.

Tata Lan Femmes de Polynesie Credit : Tata Lan

« Mon père était médecin, il avait une clinique. Nous vivions alors dans un milieu aisé. »

C’est pendant ces années d’enfance qu’elle découvre les plaisirs de la cuisine.

«Mes parents avaient une cuisinière qui s’occupait des repas pour la clinique et pour ma famille. Je la regardais, fascinée, préparer les repas. Je me souviens encore des odeurs. »

Ces saveurs resteront à jamais sa madeleine de Proust…

La prise de Saïgon

Mais en 1975, la guerre du Vietnam prend fin et Saïgon tombe aux mains des communistes, le 30 avril. L’histoire décide alors du destin de la jeune fille, âgée de 16 ans.

Tata Lan Femmes de Polynesie Credit : Tata Lan

«Mes parents ont usé de leurs connexions pour nous faire partir avec mon grand frère. En septembre 1975, on s’envolait pour la France. Mes parents et mon petit frère étaient restés là-bas. Mon père est décédé trois ans après. »

L’exil

Arrivée à Paris, elle est accueillie par sa sœur et sa tante. Elle poursuit sa scolarité dans une high school américaine près de Paris, grâce à une bourse. Elle part ensuite étudier quatre ans la finance aux États-Unis, grâce à une nouvelle bourse américaine. Pour « épater » son boyfriend américain de l’époque, la jeune fille se met à tester quelques recettes.

Tata Lan Femmes de Polynesie Credit : Pauline Stasi

« À l’époque, je ne savais pas cuisiner. Nous sommes toujours en contact par les réseaux sociaux, il se souvient encore de mon poulet au gingembre ! »

Un fast-food vietnamien

De retour en France, elle se marie à un Vietnamien et accouche de son premier enfant en 1986, puis d’un second… et commence à se mettre à cuisiner.

« Il fallait bien que je nourrisse mes enfants ! Nous fréquentions alors beaucoup la communauté vietnamienne. J’adorais observer les femmes cuisiner. Je notais chaque recette sur des fiches et je les refaisais. Leurs plats me replongeaient dans mon enfance. »

Tata Lan Femmes de Polynesie Credit : Tata Lan

C’est à cette époque aussi que sa mère quitte le Vietnam et s’installe en France.

« Nous avons lancé un fast-food vietnamien à Paris, 2 rue de la Bourse. J’étais la gérante. Pour m’aider, j’ai pris une cuisinière, Marie. C’était l’ancienne manucure de ma mère à Saïgon. Je la considère comme mon maître. Elle m’a beaucoup appris en cuisine. »

Rapidement, le snack remporte un vif succès auprès des traders, ravis de déguster le midi ces mets vietnamiens. Au bout de deux ans, le fast-food doit fermer, mais fidèle à sa philosophie de vie de ne jamais renoncer, Tata Lan retrouve rapidement du travail.

« J’avais noté les coordonnées des traders qui venaient régulièrement et je les ai rappelés. Comme j’avais étudié la finance, j’ai réussi à travailler, grâce à l’un d’entre eux, pour la Banque d’Escompte. »

Départ pour Tahiti

Après quatre années à la banque, un nouveau conjoint et trois nouveaux enfants, Tata Lan prépare ensuite  sa reconversion pour devenir enseignante et décide de déménager avec sa famille.

« J’en avais assez de la vie parisienne et j’avais froid, alors on a débarqué à Tahiti en 1997. »

Tata Lan Femmes de Polynesie Credit : Pauline Stasi

Une nouvelle fois, sa volonté de fer prend le dessus. Elle trouve rapidement à donner des cours privés d’anglais puis devient professeure.

« On m’a transmis une annonce de l’Université de la Polynésie. Quatre mois après, j’ai commencé comme vacataire. »

C’était en 1999, elle y restera 20 ans, jusqu’au Covid. En parallèle, elle lance ses premiers ateliers de cuisine en 2006.

« Lorsque je cuisinais pour des amis, ils trouvaient toujours cela très bon et me demandaient la recette, mais ils n’arrivaient pas à la refaire. Alors j’ai eu l’idée de lancer ces ateliers. On prépare ensemble une recette qu’ils choisissent, puis on déjeune. »

L'édition des recettes de Tata Lan est toujours disponible !

En 2022, elle sort Les recettes de Tata Lan, un livre regroupant 40 recettes issues de ses petites fiches qu’elle a compilées pendant des années. Mais Tata Lan ne se contente pas de transmettre des recettes, elle continue de répertorier aussi chaque atelier sur d’autres petites fiches, pour ne pas les oublier…

« En 20 ans, j’en suis à 286. »

Pauline Stasi

Rédactrice

©Photos : Pauline Stasi et Tata Lan pour Femmes de Polynésie

Directeur des Publications : Yvon Bardes

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