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Margot Hillion, l’art de la récup’

Publié le 27 juillet 2022

C’est sur le quai à Moorea que Femmes de Polynésie retrouve Margot Hillion. Nous partons avec elle direction le sud de l’île. Sur la route jusque chez elle, elle nous désigne çà et là, des carcasses, des épaves, des encombrants délaissés… Ce n’est pas par hasard que la jeune fille porte cet intérêt, étrange au premier abord, à nos déchets. À l’origine de l’association Atlantide, l’atelier Récup, elle souhaite leur donner une seconde vie.

Prendre le large

Avec des chats, des chiens et des chevaux, Margot grandit au Vésinet, en banlieue parisienne, et la campagne n’est jamais très loin. Au moment des vacances direction la Bretagne ou le Pays Basque en famille, la petite citadine élargit alors son horizon.

« Quand on sortait de Paris avec mes parents pour les vacances ou le week-end, pour moi rien que de voir la mer, c’était un vrai soulagement ! À Paris, je voyais la Seine, on nous disait ‘Ne vous baignez pas, c’est chimique!’ Et d’un seul coup, on arrivait dans des endroits où l’on pouvait respirer. »

La vie parisienne prend d’abord le pas, des études de marketing et de communication dans une école supérieure de publicité, un premier poste de cheffe de projet, mais Margot ne se retrouve pas dans ce rythme de vie et sa passion pour les animaux et la nature la rattrape.

« J’ai fait un an de break. La publicité à Paris, c’était trop de pression. Je suis partie en Afrique du Sud, m’occuper d’animaux sauvages, de guépards. J’ai dormi avec eux, c’était juste incroyable! »

Margot revient à la communication et travaille pour plusieurs agences. Mais, par hasard, elle recroise un ami devenu biologiste à Moorea. Le temps d’une soirée, ils discutent. De nouvelles perspectives professionnelles et une nouvelle vie s’offrent à elle. Il ne lui en faut pas plus, elle fait ses valises et s’envole pour la Polynésie.

Un nouveau regard sur nos déchets

Margot prend une nouvelle orientation, et se lance dans la création de sa propre entreprise, Polynesia Project. Elle s’installe à Moorea et accompagne des porteurs de projet dans la création de leurs activités et dans leurs besoins en communication. En parallèle, une idée fleurit…

« Je me baladais sur le lagon et je suis tombée sur une grosse épave de bateau. Je me suis demandé comment c’était possible que quelque chose d’aussi gros et d’aussi polluant soit là, inutilisé. J’ai toujours été à fond dans la récup, et je me suis dit que j’allais créer un endroit pour gérer ça. »

Ce constat marque les premiers pas de l’association Atlantide, l’atelier récup’. À la croisée de ses deux projets, des créateurs, des porteurs de projets et des réalités locales à Moorea.

« Je me suis rendu compte que dans mon entourage, les entrepreneurs patentés manquaient soit d’un lieu, soit d’outils pour se développer. Quand tu te lances, tu ne peux pas toujours investir dans un ordinateur performant ou dans une scie sauteuse et tu as besoin d’un entourage, d’effervescence. »

L’objectif à moyen terme pour Atlantide devient clair : la création d’un atelier coopératif associatif où l’on collecte et recycle les encombrants – épaves de bateaux, mais aussi machines à laver, frigidaires, bois, métal… Un lieu où chacun peut trouver ce qu’il recherche : travail, matières premières et partage de connaissances pour les porteurs de projet et sensibilisation à la récupération et à la préservation pour tous.

Une lumière sur les ressources locales

En attendant, le feu vert des partenaires institutionnels pour le terrain qui hébergera ce lieu unique sur l’île, Margot rencontre et crée des passerelles avec les autres associations et les acteurs qui œuvrent déjà à Moorea pour la préservation de l’environnement et le recyclage. Ensemble, ils proposent des ateliers gratuits et ouverts et à tous. Les participants ont pu, par exemple, se familiariser avec le principe de développement durable global avec l’association Te Mana o Te Moana, participer à des ateliers de récupération et de Do It Yourself avec Moz Réparette et Moz naturette ou encore réfléchir à la réduction de nos déchets avec le Ma’a dans le bocal.

« Le trait commun à toutes nos structures qui se retrouvent autour du projet, c’est la revalorisation des ressources locales. C’est utiliser ce qu’on a sur place pour faire du positif. On veut que les gens qui passent par Atlantide puissent découvrir les associations et les initiatives durables qui existent sur le Fenua. »

Les messages et les retours sur les ateliers sont très positifs et montrent une attente de la part des habitants.

« Moi, je suis écolo, mais au quotidien ce n’est pas toujours facile de faire attention à tout et c’est culpabilisant de ne pas y arriver. Donc ce que je voudrais faire passer comme message, c’est que tout le monde peut le faire et donner des exemples pour réussir. »

Pas-à-pas

Pour Margot, cela tombe sous le sens de porter un projet tel qu’Atlantide et de tenter de répondre devant chez elle aux défis environnementaux qui se présentent à nous aujourd’hui.

« Nous, on veut sensibiliser les gens, et les amener à faire petit à petit. C’est l’avantage de notre projet à l’échelle de Moorea. Tu peux facilement voir les effets de ce que tu as fait, qu’ils soient positifs ou négatifs, et comment le faire évoluer. »

Et à l’échelle d’une communauté, Margot trouve aussi l’entraide.

« Ce projet au quotidien, il m’apporte de l’espoir. Même si c’est dur, il ne faut pas lâcher. Tu as toujours quelqu’un pour t’appeler et t’aider à trouver de nouvelles solutions, qui trouve une bonne idée, un nouveau point de vue et qui t’aide à te re motiver. Il y a plein de belles choses à faire, et il y a des gens qui le font ici en Polynésie ! Depuis la création du projet, j’ai rencontré des gens formidables et c’est hyper inspirant. »

Trouver sa place, donner du sens à son quotidien, être en accord avec son environnement, Margot porte une association pour tous, mais s’y retrouve aussi.

« J’ai toujours été un peu anxieuse, être dans la nature, ça te ramène à toi-même. »

Morgane Durrenbach

Rédactrice

©Photos : Morgane Durrenbach pour Femmes de Polynésie

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