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Pomaré-Christelle, une famille à la destinée nacrée

Pomaré-Christelle, une famille à la destinée nacrée

Publié le 21 août 2018

Pomaré-Christelle Brize fait partie d’une famille d’artisans dirigée par sa mère Albertine Tinorua, créatrice de bijoux ornés de coquillages de Raiatea, de Huahine et de Rangiroa. Avec sa sœur et son frère, Pomaré-Christelle prend une part active dans l’association familiale « Hiti Haumana » afin de sublimer la beauté des coquillages de nos îles dans notre artisanat made in Fenua. Femmes de Polynésie a rencontré la jeune femme fière de se faire le porte-voix d’un savoir-faire familial transmis de générations en générations.

Le retour aux parures ornées de coquillages

Au départ, tout est parti de tableaux de sables. La mère de Pomaré-Christelle, Albertine, a la fibre artistique et se montre très douée. Son travail est vite remarqué et elle se met peu à peu à fabriquer des colliers, des boucles d’oreille et des bagues parées de coquillages issus des îles de Raiatea, de Huahine, de Rangiroa ou de Tahaa comme le « poreho » (porcelaine).

« Notre association familiale est très complémentaire. Autour de ma mère, nous mettons tous la main à la pâte. Ma sœur est très douée pour le tressage et le dessin alors que mon frère s’occupe des gravures. Pour ma part, j’aide dans l’assemblage des bijoux avec le nylon et également sur l’aspect de la communication. »


La force de l’association Hitihaumana est la capacité à faire ressurgir du sable des modèles de parure abandonnés et délaissés par les bijoutiers contemporains. En effet, ces bijoux sont jugés trop compliqués à fabriquer et ont quasiment disparu de la circulation. Pourtant, l’association a tenu à faire revivre ces modèles. Pomaré-Christelle raconte une anecdote récente lors de la visite de plusieurs mamas de Raiatea.

« Lorsqu’elles ont vu nos modèles de parure de coquillage. Elles ont failli éclaté en sanglots devant l’émotion. Cela a fait ressortir des souvenirs de leurs jeunesses et de modèles de bijoux qu’elles possédaient à l’époque. Je me souviendrai toujours de ce moment. Quelle fierté ! »

Des créations uniques et originales, à la frontière entre tradition et modernité

Les œuvres mises sur pied par la famille de Pomare-Christelle sont uniques eu égard à un alliage original entre couleur, texture et matériaux (nacre, burgo, coquillage coupé comme le troca).

« Notre défi quotidien est de parvenir à des créations qui plaisent à notre clientèle très diversifiée, qui va de l’américaine extravagante, à une petite française discrète jusqu’à une polynésienne qui veut un collier pour une soirée habillée. Et tout cela, en respectant le savoir-faire traditionnel ! »


Pomaré-Christelle souligne un problème majeur pour les artisans, celui de la pénurie des coquillages.

« Dans le passé, il y a eu trop d’abus en termes d’exploitation des coquillages. Désormais, la ressource est menacée, il y a moins en moins de coquillage. On a trop exploité, trop exporté. Il est important de sensibiliser tout le monde sur le sujet, on est entrain de scier la branche sur laquelle tous les artisans du Fenua sont assis ! »

Les liens de solidarité de la famille sont encore centraux. Un oncle, basé à Raiatea, est éleveur de coquillages, et permet à la famille de bénéficier d’une ressource en coquillage importante lui octroyant le droit de continuer à créer des nouvelles œuvres.

« Raiatea, notre île mère, est très fertile pour les coquillages. C’est une telle fierté de mettre en avant notre culture et le savoir-faire de nos îles. Être artisan, c’est un métier parfait, tu crées, tu gagnes bien ta vie et tu représentes le savoir-faire de la Polynésie ! Je conseille aux jeunes femmes qui cherchent du travail de contacter les mamas artisanes pour apprendre à leurs côtés. »

Pour autant, Pomaré-Christelle a soif de nouveauté et de voyages. Elle a choisi de voler de ses propres ailes pour s’engager pour la Marine, conseillée par deux cousines.

« À partir d’octobre, je pars pour deux ans à Cherbourg dans la Marine. J’ai envie de vivre de nouvelles aventures avant de revenir au Fenua. Je suis une battante et je ne me laisse pas faire. J’ai beaucoup appris dans le milieu de l’artisanat au sein de ma famille. Je pense avoir les épaules assez solides pour vivre cette nouvelle expérience ! »

Plus d’informations

Sur la page Facebook Association Hitihaumana
G. C.
Rédacteur web
© Photos : G. C.

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