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Culture

Whitney, danseuse pour le Heiva

Publié le 21 juin 2022

La nuit est tombée et le battement des to’ere1 vient déchirer l’obscurité. Une centaine de silhouettes s’accorde sur cette pulsation ancestrale en une même cadence, comme les membres d’un seul corps. Femmes de Polynésie retrouve Whitney, la jeune femme s’entraîne pour son deuxième Heiva. Il y a quelque chose de transformé en elle, de fort, de grandiose. À l’image de son groupe, Temaeva. Découverte des motivations et aspirations d’une danseuse, d’une femme, d’une mère.

HEIVA

«  La première fois que j’ai dansé pour le Heiva, je débutais cet art la même année. Je me suis tout de suite sentie à l’aise dans la danse. »

Whitney naît en France, arrive à Tahiti à l’âge de deux ans puis grandit à Moorea. Son père est français et militaire, sa mère tahitienne. Comme ses sept frères et sœurs, Whitney est élevée à la française, sans apprendre ni langue, ni danse polynésienne. Elle a 25 ans quand elle s’initie à cet art, se révélant assez rapidement instinctif, comme inscrit dans son sang.

«  J’ai découvert ma culture avec le ‘ori tahiti. Je suis fière d’être polynésienne ! »

Whitney avoue qu’il faut être très motivé pour danser au Heiva, et gérer en parallèle vie de famille et vie professionnelle ; la jeune femme travaille par ailleurs comme assistante d’accueil. Au fil des mois, les entraînements s’intensifient. Comme un don de soi pour l’art et la culture. 

 

Au fur et à mesure des répétitions, Whitney entre dans l’histoire racontée par la danse. Elle intègre le récit dans son corps, le reconverti en gestes. Les émotions se lisent sur le visage des danseurs pour que le public devine le sens de la légende.

« Quand j’évolue au rythme de la musique, entourée de mon groupe, je perçois le mana2. Il y a quelque chose de très fort dans la danse. »

GRÂCE ET BEAUTÉ

La danse, c’est aussi la beauté sublimée.

«  Quand je danse, je me sens belle. Je redécouvre mon corps, sa souplesse, sa sensualité. Parée de costumes végétaux, c’est alors une explosion de féminité. »

Mais une fois le spectacle achevé, Whitney peut redevenir elle-même. Rester libre. Pour elle, il n’est pas nécessaire de participer à un concours de Miss pour prouver sa beauté. Elle aurait pu. Sa sœur est Miss Tahiti 2003, son frère Mister Tahiti 2004. Whitney n’a pas à porter un statut de beauté.

AMOUR MATERNEL

Parfois Whitney emmène sa fille aux répétitions. Anya a deux ans et demi. L’enfant s’imprègne des émotions, de la musique, de la ferveur des danseurs.

«  Je consacre ma vie à ma petite ! »

L’amour illumine son visage, adoucit ses paroles et son regard. Car à la première impression, Whitney ressemblerait plus à une beauté fière et inaccessible. Brandissant l’esthétique comme un paravent, une mise à distance, le temps de jauger l’autre, d’accorder ou non sa confiance. Peut-être pour protéger des émotions bouillonnantes.

Son rôle de mère offre une saveur incomparable à son existence. Un amour d’une puissance qu’elle n’imaginait pas avant de donner la vie.

SPORT

Outre la danse, Whitney pratique le crossfit3 et la musculation. Le goût de la solitude l’amène aussi à se ressourcer seule en nature.

« Le sport me sort du quotidien et du travail, il m’aide à me déstresser. Je m’évade, je me coupe du monde,  je suis bien. »

Le crossfit travaille son corps en force, la danse en souplesse pour le sculpter en beauté.

Le groupe de danseurs s’interrompt. Des sillons de sueur parcourent leur peau, les corps brillent, les artistes se désaltèrent avant de reprendre la chorégraphie. Quelques spots lumineux trouent la nuit pour éclairer leurs mouvements, leurs émotions, leur concentration et leur énergie. Whitney rayonne, resplendit. Il reste quelques semaines avant le Heiva. Elle va tout donner pour ce grand jour.

1 Instrument de percussion utilisé dans les orchestres traditionnels pour accompagner les différentes danses et musiques polynésiennes

2 Force surnaturelle polynésienne

3 Combinaison de divers sports, tels l’athlétisme, l’haltérophilie, la gymnastique et les sports d’endurance

Doris Ramseyer

Rédactrice

©Photos : Doris Ramseyer pour Femmes de Polynésie

Pour plus de renseignements

On retrouvera le groupe Temaeva le samedi 2 juillet à 21h, place To’ata, dans la catégorie Hura Tau

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