Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Carrière

Tevaite Levrat : une nouvelle avocate polynésienne

Publié le 9 avril 2021

Dès l’âge de 10 ans, Tevaite Levrat trouve sa vocation. C’est décidé : elle sera avocate. Déterminée et ambitieuse, elle vient finalement de prêter serment au mois de janvier. La jeune polynésienne confie à Femmes de Polynésie son parcours ainsi que sa vision du métier d’avocat.

Une avocate originaire de l’île de Tahaa

Née à Papeete il y a 30 ans, Tevaite Levrat grandit entre l’île de Tahiti et celle de Tahaa. Après l’école primaire sur  l’île vanille, elle poursuit sa scolarité au collège de Paea puis au Lycée Paul Gauguin. Elle décroche alors un baccalauréat ES (Economique et Social) en 2008, puis, 3 ans plus tard une licence de droit  à l’Université de la Polynésie française. Elle quitte ensuite le fenua pour poursuivre son master 1 à Paris, puis son master 2 à l’Université des Antilles (Martinique). Pendant ses études, Tevaite travaille également pour la ferme perlière de sa mère (située à Tahaa) en faisant la promotion de leurs perles noires en France et  en Martinique. Tevaite obtient finalement son diplôme d’avocat au mois d’octobre 2020 et prête serment  le 21 janvier 2021 devant la Cour d’appel de Papeete.

« Etre avocate est une fierté pour moi-même et mon entourage. Sur plus de 110 avocats inscrits au barreau de Papeete, il y a très peu de polynésiens. C’est un honneur de faire partie de ces rares polynésiens qui sont avocats. Je suis d’autant plus fière d’être originaire des îles, ma mère étant de Tahaa et mon père de Maupiti. »

Objectif pour les 5 prochaines années : élargir ses compétences

La jeune avocate travaille actuellement en tant que collaboratrice libérale au sein du cabinet de Maître Arcus Usang. Tevaite confie apprendre beaucoup auprès de son mentor. Son objectif est justement de se former durant les 5 prochaines années. Elle  décidera ensuite de l’orientation à donner à sa carrière.

« Je vais essayer de découvrir le plus de matières possible. Je ne veux pas choisir de spécialité tout de suite parce que j’ai  30 ans de carrière devant moi. Je veux faire du droit du travail, du droit des sociétés, du droit foncier, du droit de la famille, etc…  Le droit est vraiment un domaine passionnant. J’apprends de nouvelles choses tous les jours. »

Tevaite travaille actuellement en tant que collaboratrice libérale au sein du cabinet de Maître Arcus Usang

Le reo Tahiti : une corde de plus à son arc d’avocate

Tevaite a grandi dans une famille polynésienne de Tahaa, ce qui lui permet aujourd’hui de maîtriser la langue tahitienne et de s’en servir dans sa profession. Elle s’occupe dans son cabinet des dossiers juridiques impliquant des polynésiens qui maîtrisent mal la langue française. En plus des affaires courantes, elle prend des cours de tahitien juridique dans le but de se perfectionner.

« A Tahaa, ma famille me parlait en tahitien depuis toute petite. Je continue de leur parler en tahitien. Cela peut m’aider dans les affaires de terres par exemple parce que les gens sont rassurés quand ils voient que, en plus d’être polynésienne, je maîtrise la langue tahitienne. »

Tevaite fait la fierté de sa mère, originaire de Tahaa, et de son père, originaire de Maupiti.

Sa mission : aider les personnes avec leurs problèmes

Le relationnel avec la clientèle est l’une des facettes du métier que la jeune femme apprécie énormément. Elle tente de rassurer les gens et de les aider à trouver des solutions à leurs problèmes.

« On exerce un peu le métier de psychologue. Lorsque les gens expliquent leurs problèmes, tu les écoutes et tu leurs donnes des solutions. C’est rassurant pour eux. Mais on ne reste pas dans le domaine du contentieux. On essaye aussi de discuter des autres problématiques plus ou moins liées aux dossiers juridiques tels que les problèmes de famille. C’est ce contact humain que j’apprécie dans mon métier.»

Les dossiers qui l’ont toutefois marquée dans sa jeune carrière sont ceux portant sur les mineurs délinquants.

« J’assiste beaucoup de mineurs auditionnés ou placés en garde à vue. Je me rends compte à chaque fois que ce sont des jeunes qui ont quitté l’école très tôt. Cela me rend triste. J’essaie à chaque fois de comprendre dans quel cadre familial ils évoluent et comment ils en sont arrivés là. Je fais en sorte de les aider et de les orienter. »

Promise à une brillante carrière d’avocate, Tevaite se soucie toutefois, au vu de son emploi du temps chargé, de la manière dont elle devra concilier sa future vie de mère de famille et sa vie professionnelle. Mais pour l’heure, la jeune femme s’épanouit pleinement dans son travail et fait la fierté de sa famille ainsi que de la population polynésienne.

Toatane RURUA

 Rédacteur Web

 ©Photos : Tevaite Levrat pour Femmes de Polynésie

Partagez Maintenant !

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir du contenu de qualité

* En cliquant sur VALIDER, nous attestons que l'adresse mail ne sera utilisée que pour diffuser notre newsletter et que vous pourrez à tout moment annuler votre abonnement.