
Hereiti Picard, créer pour transmettre
Certains bâtissent des entreprises. Hereiti Picard, elle, imagine des passerelles. Des histoires pour transmettre, des ateliers pour se retrouver et des des jeux pour apprendre… À travers chacune de ses créations, cette jeune femme cultive le lien, l’émerveillement et l’envie de faire vivre le patrimoine polynésien.
L’IMAGINATION COMME MOTEUR
Hereiti Picard est éclectique. Curieuse et passionnée, un master de commerce international en poche, elle écume ses propres facettes, en fonction du domaine professionnel qu’elle explore.
« Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’idées en tête et qui souhaite les concrétiser. Je suis plutôt orientée vers la création, pour pouvoir apporter une nouvelle chose aux gens, les émerveiller… »

Elle entre au Service de l’artisanat traditionnel – Te Pū ‘ohipa rima’ī en tant que chargée de développement et d’animation en 2021.
« L’artisanat est un domaine très humain, c’est ce que j’aimais beaucoup. »
Jusqu’en 2025, Hereiti occupe ce poste avec minutie. Elle travaille notamment sur le festival Firi-ā-Tau, qui regroupe des artisans venus de tout le Pacifique, le Forum des métiers du primaire et de l’artisanat traditionnel, le Salon des arts et de la maison, et les 40 ans du service de l’artisanat.
« Ça m’a permis de cultiver ma capacité de création et d’imagination. »
SEMER L’ENVIE D’APPRENDRE
Au cours de son expérience, elle participe à la naissance de Tere O Te Rima’ ī, un jeu de société intégré à une mallette pédagogique. Destinée aux plus jeunes, celle-ci fait découvrir les métiers de l’artisanat. Elle présente également les matières premières traditionnellement utilisées.
À travers ce désir de transmission, la jeune femme crée également son propre jeu pour apprendre les multiplications en français, en tahitien et en anglais. Multi Ha’api permet aux enfants d’apprendre leurs tables en s’amusant, avec des fruits de chez nous pour une touche locale.
« Le début de tout ça était dû à mon expérience en soutien scolaire en job étudiant. J’y ai découvert que j’aimais transmettre, intéresser les enfants et trouver des manières ludiques de les guider et leur faire aimer apprendre. »
DES RÉCITS POUR FAIRE VIVRE LES SAVOIRS
Aujourd’hui, Hereiti Picard s’investit dans d’autres projets, avec toujours les nouvelles générations pour public cible.
« J’ai écrit un petit livre qui s’appelle La couronne de fleurs de Ranitea. C’est le premier d’une série que je prépare, je travaille avec une copine qui fait les illustrations. J’ai commencé à écrire sur un secteur de l’artisanat parce que je voulais toucher les enfants pour qu’ils soient sensibilisés à notre savoir-faire. »

Dédicacée à toutes les grands-mères, gardiennes et passeuses des savoir-faire traditionnels, l’œuvre raconte l’épopée d’une petite fille qui aide sa mamie à préparer une couronne. Une histoire simple et touchante, représentative d’une réalité propre à la Polynésie, pour que les enfants puissent s’identifier et apprendre à réaliser leurs propres couronnes.
Auto-édité, l’ouvrage sera prochainement disponible dans différents points de vente de Tahiti, tandis que les prochaines histoires sont déjà en cours d’écriture.
CULTIVER DES ESPACES DE RENCONTRES
Au cœur de ce vivier d’innovations, Hereiti commence une nouvelle aventure avec une amie, Hinarii Peaucellier. Ensemble, elles instaurent Te’eva.

« C’est un club féminin qui propose des ateliers créatifs pour se reconnecter à soi grâce à la créativité. Nous avons organisé trois ateliers de peinture dernièrement. Nous continuerons à proposer d’autres formats ! Ce n’est pas un atelier technique : c’est un espace pour se ressourcer, partager et rencontrer des personnes bienveillantes. C’est une safe place. »
OSER VIVRE SES RÊVES
Grâce à un travail acharné et beaucoup de bienveillance, l’avenir est parsemé d’étoiles pour cette créative qui met la transmission au centre de ses intérêts.
« À terme, j’aimerais donner plus de place à ma passion. Avec ces projets, je sens que le chemin se dessine. Il suffit d’être patiente ! »

Rédacteur
©Photos : Cartouche Louise-Michèle et Hereiti Picard pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon BARDES
Pour plus de renseignements
Actuellement en test dans plusieurs écoles de Polynésie, la mallette Tere O Te Rima’ ī illustre une étape supplémentaire dans son envie de créer pour transmettre. Pour en savoir plus, contacter le Service de l’artisanat traditionnel.






