
Temehani Hue, l’entrepreneuse qui bouscule les codes du traiteur à Tahiti
De Londres à Tahiti, Temehani Hue a transformé ses expériences internationales en une aventure entrepreneuriale. À 28 ans, elle est le visage de Gwaka, une société de traiteur qu’elle a bâtie de toutes pièces. Pour Femmes de Polynésie, elle raconte son parcours atypique, de la mode au monde culinaire.
Temehani Hue pose délicatement des pétales de clitoria sur des cakes salés, cuisinés à base de produits locaux, qu’elle s’apprête à livrer à l’un de ses clients. La jeune femme, âgée de 28 ans, est à la tête de la société de traiteur Gwaka, qu’elle a fondée il y a maintenant cinq ans.
Pourtant, au départ, Temehani ne se destinait pas forcément à travailler dans l’univers culinaire. Arrivée à l’âge de 2 ans avec sa maman à Tahiti, elle suit sa scolarité à Punaauia, puis à Papeete, au lycée Gauguin. Adolescente, elle est attirée par le monde de l’entrepreneuriat et de la mode.
« J’ai passé un BTS Management des Unités Commerciales, puis j’ai fait un stage dans une entreprise de vêtements. Mais la mode était vraiment un monde de requins. »

La révélation londonienne
La jeune femme décide alors de poursuivre ses études en passant une licence de Marketing et Communication dans le domaine du luxe.
« J’ai fait mon stage à l’InterContinental de Faa’a. C’était très intéressant, on m’a même proposé de m’embaucher en CDI, mais j’étais jeune. Je me suis aperçue en parlant avec les clients que je ne parlais pas assez bien l’anglais et, surtout, je voulais découvrir d’autres choses. »
Temehani décide alors de partir à Londres pour se perfectionner avec la langue de Shakespeare et vivre de nouvelles aventures. Elle dépose des CV et trouve immédiatement un emploi dans le quartier de Canary Wharf où elle habite.
« J’ai commencé le lendemain même ! C’était dans une société de brunch. C’était un quartier d’affaires, les gens passaient chez nous avant d’aller à la salle de sport. On faisait des choses simples et bonnes : des porridges, des wraps, des bagels, des salades protéinées, des jus, des toasts à l’avocat… J’ai adoré cela, j’étais devenue la spécialiste du guacamole. On m’appelait « Madame Gwaka ». Mon manager a vu que j’étais motivée et je suis devenue assistante manager. Je gérais une équipe. Je suis addict au bon stress, j’adore ça. »
La genèse d'un projet né dans l'ombre
Après huit mois à Londres, la jeune fille part en Thaïlande, mais la pandémie de 2020 la force à rentrer en France. Pour gagner sa vie, elle travaille comme réceptionniste de nuit dans un hôtel à Cherbourg. C’est là, pendant ses longues heures de garde, qu’elle va préparer en détail son retour à Tahiti.
« J’ai eu l’idée de m’inspirer de ce qui se faisait ailleurs et de me lancer dans une activité de traiteur « fait maison », en privilégiant les circuits courts, les emballages écoresponsables, les produits frais et locaux… J’ai imaginé les menus de mes brunch box, j’ai fait mon business plan et étudié toutes les démarches que je devrais faire en arrivant. »




Gwaka, un rêve qui prend racine au Fenua
Pour le nom de son entreprise, Temehani choisit Gwaka, clin d’œil à la sauce guacamole qu’elle affectionne tant. Une fois à Tahiti, la jeune femme met tout en œuvre pour monter son laboratoire de préparation, ce qui n’a pas été une mince affaire puis elle sort ses premières box et se fait connaître par les réseaux.

« Je me souviens de mes premiers clients, j’étais si fière. »
Cinq ans plus tard, Gwaka s’est diversifiée en s’ouvrant à l’événementiel et aux cocktails. Mais peu importe l’ampleur des commandes, Temehani Hue garde intacte l’énergie de ses débuts. Elle continue d’imaginer des recettes simples et healthy qui lui ressemblent, toujours portée par ce fameux « bon stress » qui la booste au quotidien !
Rédactrice
©Photos : Pauline Stasi et Temehani Hue pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon Bardes
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