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LA PEDAGOGIE MONTESSORI POUR UN MONDE MEILLEUR

Publié le 12 mars 2021

La pédagogie Montessori fait partie des pédagogies alternatives d’aujourd’hui. Efficace ou pas ? Et pour quels adultes de demain ? Femmes de Polynésie est allée à la rencontre d’Emilie, éducatrice maternelle à l’école Montessori bilingue « Envol ».

UNE EXPERIENCE PROFESSIONNELLE RICHE

Aînée de 2 sœurs, Emilie est née en Normandie de parents infirmiers. A 14 ans, ils déménagent à Tahiti.

Après le collège de Tipaerui et le lycée Paul Gauguin, le BAC en poche, Emilie passe son DEUG de Lettres Modernes à l’UPF. C’est en France qu’elle valide sa licence de Lettres Modernes, à l’université Paul Valéry de Montpellier.

Ses diplômes lui permettent d’exercer des métiers axés sur ce qu’elle a toujours aimé : l’éducation.

« J’aime être au contact des enfants, échanger avec eux, éduquer, enseigner des connaissances, mais aussi des valeurs humaines. J’aime aussi les voir grandir et les voir évoluer. C’est quelque chose de divin ! »

Elle devient assistante d’éducation à Paris, fait du soutien scolaire en primaire… Revenue au fenua, elle enseigne dans le privé en tant que professeur des écoles. Au bout de la 6ème année, son contrat se termine, mais la jeune enseignante poursuit. Elle devient assistante maternelle à la « garderie des Coloriés ».

Deux ans plus tard, un manque se fait pourtant sentir :

« Intellectuellement, je stagnais et j’avais besoin de revenir à quelque chose où l’on transmet des connaissances. »

Emilie devient alors assistante Montessori et intervenante en anglais en 2018 à l’école bilingue « Envol ». Elle valide avec succès le diplôme d’Educatrice Montessori en maternelle.

UN MONDE DIFFERENT

Cette pédagogie promeut l’autonomie, l’auto-régulation, le tutorat entre enfants d’âges variés et l’apprentissage à partir de matériels sensoriels et auto-correctifs.

« Notre rôle est d’observer l’enfant, de le guider et de lui permettre son éveil social en toute bienveillance. »

Pas de stress du programme à finir et des notes.

« On respecte le rythme de chaque enfant et son développement, qui, au bout de trois années, aura intégré toutes les notions attendues. »

En effet, une grande importance est donnée aux périodes sensibles de l’enfant. Et Emilie en voit les résultats.

« En dernière année de classe maternelle, on a déjà des enfants qui sont lecteurs experts. »

La difficulté ? Repenser le rôle de l’adulte envers l’enfant face à certaines de ses réactions (pleurs apparemment injustifiés, caprices, mensonges… ).

« J’ai dû entreprendre un profond travail sur moi-même et sur mon enfance pour comprendre le rôle de l’adulte véritable. Cela a été un grand chemin de guérison qui libère la parole … »

Ainsi, Emilie constate une ambiance beaucoup plus harmonieuse.

UN MONDE MEILLEUR

Une thématique essentielle de Montessori : l’avenir de l’humanité.

« Ce qui se joue au niveau des familles, de la classe, du quartier se retrouve aussi dans les rapports entre les nations ».

Leur apprendre l’anglais permet de réaffirmer leur responsabilité commune pour le devenir écologique de la planète.

« Ils pourront communiquer efficacement avec leurs futurs camarades internationaux, et œuvrer ensemble. »

D’ailleurs, voilà ce qu’est une Femme de Polynésie pour Emilie :

«Une Femme de Polynésie est dynamique, positive, chaleureuse. Elle aime son fenua, et a envie d’œuvrer pour faire avancer le monde par des projets collectifs. »

En y réfléchissant, l’éducatrice peut se considérer elle-même comme une Femme de Polynésie :

« J’ai grandi en France, mais j’ai aussi évolué en Polynésie. J’ai ainsi intégré des valeurs polynésiennes à ma culture française. »

Des écoles Montessori existent partout dans le monde, et bien au-delà de la maternelle. A quand un collège de ce type en Polynésie française ?

Joachim LAUGEON

 Rédacteur Web

 ©Photos : Emilie pour Femmes de Polynésie

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