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Société

HINAHERE VAIRAAROA :UNE VOIX POUR LES JEUNES FEMMES

Publié le 15 avril 2021

80% des femmes victimes de viols connaissent leur agresseur. La jeunesse n’est pas exclue de ce fléau. Hinahere Vairaaroa préside l’antenne associative qui défend les droits des femmes à l’Université de Polynésie française : Taure’a Vahine Orama. Cette étudiante engagée lutte contre les violences faites aux femmes, notamment pour éveiller les consciences chez les plus jeunes. Pour Femmes de Polynésie, elle raconte.

Le 11 mars 2001, Hinahere Vairaaroa voit le jour à Papeete. Elle grandit à Pirae auprès de ses parents et de ses deux grandes sœurs. En 2019, elle entre à l’UPF après obtention d’un bac marketing et gestion au lycée Samuel Raapoto. 

« J’ai rejoint un DUT spécialité Techniques de commercialisation. J’ai découvert la vie étudiante universitaire ainsi que la vie associative. »

Aujourd’hui en dernière année, la jeune femme de 20 ans souhaite intégrer une licence professionnelle en entreprenariat à l’institut universitaire de Bordeaux, avant de revenir s’impliquer au fenua.

« Je souhaite pouvoir être une femme accomplie. J’ai le projet de créer une entreprise à Tahiti dans le domaine de la communication et de continuer à contribuer à la cause féminine dans la société Polynésienne. »

L’enfance de Hinahere n’a pas été marquée par un environnement féministe. Cependant, à travers l’actualité, elle se rend compte de situations qui lui semblent injustes.

« La majorité des femmes ayant déposé plainte pour viol expliquent avoir mal vécu leur déposition. Les agents ayant reçu ces plaintes ne sont parfois pas ou peu formés à ce genre de situation. »

Son combat pour la jeunesse

« Les violences conjugales chez les jeunes sont un phénomène encore méconnu et pourtant plus fréquent qu’on ne l’imagine. »

L’alcool et la drogue poussent à la déviance. Le chantage, la manipulation ou l’intimidation étouffent les jeunes plongés dans des relations toxiques. Et ce n’est pas tout.

« La jalousie peut mener à contrôler les déplacements, la façon de s’habiller ou encore à l’isolement pour forcer à éloigner la victime de ses proches. »

Dans le cadre d’un projet tutoré, Hinahere découvre l’association Vahine Orama qui soutient les femmes victimes de violences physiques ou psychologiques.

« Je me suis portée volontaire en 2019 pour créer une antenne associative qui défend les droits des femmes à l’UPF nommée Taure’a Vahine Orama. »

Hinahere est vite soutenue par d’autres étudiantes. Elle rencontre Sandra Manutahi Levy-Agami, présidente de l’association Vahine Orama. Sous ses conseils, elle mène diverses actions auprès de ses camarades de fac : cours gratuits de self-défense, concerts à but préventif, récolte de dons…

« Grâce à notre vente de roses le 12 février dans des établissements scolaires de Tahiti, nous avons pu récolter plus de 500 000 XPF. Les bénéfices serviront à aider les étudiantes victimes de violences et à organiser d’autres actions en faveur des femmes. »

Hinahere entourée de camarades étudiantes lors d’une vente de roses au profit des femmes.

La majorité des tentatives de suicide survient au cours de l’adolescence. Hinahere souhaite dénoncer et agir face aux violences que subissent les jeunes femmes.

« Il est essentiel pour moi de m’engager très tôt dans le but de fournir une prise en charge spécifique, une écoute rassurante et si possible, trouver une solution sans judiciariser la situation. »

Grâce à l’antenne associative, ces étudiantes évitent un rejet de leur milieu social ou familial. 

Des femmes main dans la main

Hinahere déplore le manque de compassion auquel sont confrontées les victimes. Son message est concret :

« Tu as des droits, tu peux obtenir de l’aide. Tu as le droit de prendre ton temps pour prendre la meilleure décision, pour assurer ta sécurité ou celle de tes enfants. Et surtout, nous ne ferons rien sans ton accord. »

Avec l’association Vahine Orama et l’UPF, Hinahere souhaite créer une permanence de soutien universitaire sur le campus. Tenu par des professionnels, ce bureau permettrait de conseiller les étudiants en ce qui concerne la santé, les relations, la sexualité, la scolarité, la consommation etc. Il permettrait également d’assurer un suivi à distance par mail ou par téléphone et d’être disponible en cas d’urgence.

 Isabelle PIBOULEAU

 Rédactrice Web

 ©Photos : Sylvie Wongk, Hinahere Vairaaroa et Isabelle PIBOULEAU pour Femmes de Polynésie

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