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Société

Cécile MOREAU, pour le droit des victimes

Publié le 6 mars 2020

L’Association UFFO (Union des Femmes Francophones d’Océanie) en partenariat avec Femmes de Polynésie, organise pour la 3année consécutive les “Poerava”. Nous leur consacrons une place particulière pendant tout le mois de mars, marqué par la Journée internationale des droits de la femme. Ces 8 Femmes polynésiennes, remarquables par leur personnalité et leur force d’engagement, se verront remettre la distinction “Poerava”  le 1er avril prochain à Assemblée de la Polynésie française, à l’occasion de la journée “Vahine tu as des talents ”.

 

Le « bien-vivre ensemble », à l’origine de sa vocation

Cécile Moreau dirige l’Association Polyvalente d’Actions socio-Judiciaires (APAJ), connue précédemment sous le nom de Te Rama Ora. La structure assure initialement la mission d’aide aux victimes d’infractions pénales, mais les autorités lui confient également le développement des alternatives aux poursuites, afin de développer les mesures socio-judicaires auprès des primo-délinquants.

Une solide formation de juriste spécialisée en Criminologie et en Droit des victimes prépare Cécile à exercer sa profession. Elle côtoie durant son enfance et son adolescence en Polynésie des camarades aux expériences de vie variées, vivant parfois des contextes de violences intrafamiliales et de maltraitances sexuelles. Sa rencontre avec les victimes forge sa volonté de les accompagner et de lutter contre la délinquance. Avec des modèles parentaux exemplaires, un père droit et travailleur et une mère douce et empathique, sa voie est toute tracée. Le fait de grandir à Tahiti et d’être imbibée de ce bien vivre-ensemble, renforce sa volonté d’appartenir à la Polynésie. 

Te Rama Ora, une équipe engagée

De retour en Polynésie après ses études, elle travaille sur les politiques publiques de prévention de la délinquance. Cette expérience lui permet de découvrir l’engagement extraordinaire des salariés et des bénévoles, des associations de jeunesse et d’éducation populaire, ainsi que d’associations sportives. Elle rejoint l’association Te Rama Ora pour l’aide aux victimes, et contribue avec d’autres appuis à lui donner un nouveau souffle.

Elle estime que les réalisations sont le fruit du travail de son équipe extrêmement engagée et du soutien apporté par les membres du conseil d’administration.

“Je ne suis que le symbole d’une équipe, l’arbre qui cache la forêt.”

La satisfaction exprimée par les usagers constitue pour elle et son équipe un beau retour. Des pas importants ont été réalisés : réunir les acteurs publics et privés au travers des Assises de l’aide aux victimes et de la prévention de la délinquance, mais aussi créer en Polynésie l’un des premiers partenariats entre association et ordre des avocats, afin de permettre aux victimes d’être assistées, même dans l’urgence.

La persévérance, au nom de ses croyances

Cécile a la volonté de contribuer à préserver une société paisible, solidaire et conviviale, qui permette aux personnes de surmonter des événements parfois dramatiques. Pour elle, la prise en charge des victimes sert aussi à lutter contre la délinquance.

“Un auteur d’infraction est bien souvent une victime non réparée.”

Sa force est la persévérance, certains diront la pugnacité : « la persévérance vient à bout de tout ».  Mais elle a aussi l’opportunité de rencontrer des personnes de grande valeur qui confortent sa démarche et la soutiennent au quotidien.

Si pendant longtemps les financements étaient difficiles à obtenir, aujourd’hui c’est à la difficulté de recruter du personnel local formé que l’APAJ est confrontée.

Le fait d’être une femme a pu être un atout dans la prise en charge de certaines femmes victimes. Mais elle a également été confrontée à quelques misogynes, l’ayant invitée à retourner derrière les fourneaux ! Cécile aspire à ce que les différences de genre disparaissent et que l’on mette en valeur nos complémentarités. Les violences venant tant des femmes que des hommes ne sont pas acceptables, et il y a urgence à communiquer sainement et à évoluer ensemble plutôt que parallèlement.

À terme, elle souhaiterait créer un réseau océanien d’aide aux victimes et de gestion des conflits, car elle est persuadée que les populations du Pacifique peuvent trouver des pistes complémentaires, peut être parfois plus adaptées que celles issues des modèles occidentaux.

 Armelle Merceron avec la collaboration des membres de l’UFFO

 Rédactrice Web

 ©Photos : Cécile Moreau

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