
Vaitiare Tuhoe, peindre et chanter la culture polynésienne
C’est le portrait d’une jeune maman trentenaire qui a déjà derrière elle une imposante carrière musicale que vous propose aujourd’hui Femmes de Polynésie. Vaitiare Tuhoe fait vivre la culture polynésienne avec ses chansons mais également, depuis peu, avec ses tableaux.
« Depuis toute petite, je baigne dans une ambiance familiale artistique. »
Vaitiare est la fille de Georges Tuhoe, musicien renommé et incontournable dont le talent a accompagné des grands noms de la chanson locale comme Bobby, Angelo ou Barthélémy, entre autres. Toute petite, elle assistait à des enregistrements en studio, et a très vite été fascinée par la voix de Maruia. À la maison, sa maman, d’origine marquisienne, lui montrait quelques techniques de sculpture. C’est sans doute pour ces raisons que la jeune fille avait de très bonnes notes à l’école en musique, en arts plastiques mais aussi en sport, ce qui n’était pas le cas dans les autres matières.
« J’ai appris à lire et à écrire très tard. »

Premiers essais de composition de chansons
Même si la lecture et l’écriture sont le point faible scolaire de Vaitiare, son attrait pour la musique la pousse à écrire des petites chansons. Et c’est dans une chorale religieuse qu’elle commence à chanter, y prenant immédiatement goût. Forcément, les enregistrements de son papa qui lui faisaient côtoyer des vedettes sont aussi l’occasion rêvée de se lancer devant un micro, et c’est d’abord comme choriste de Laurent Degache qu’elle tente une première expérience.
« Mon premier album, j’avais 16 ans. »

De fil en aiguille, presque naturellement, elle enregistre son premier album. C’est l’époque des clips façon carte postale de Teva Sylvain qui font la promotion d’artistes comme Vaitiare mais aussi Rataro ou Vaimiti Laurens. Après son 2ème album, c’est l’aventure Neuf semaines et un jour avec RFO.
« Je suis la parfaite outsider, mais je gagne ! »
Une débutante au milieu de vedettes
Ce concours, qui va chercher des talents dans tout l’Outre-mer, réunit, pour la Polynésie, des vedettes comme Sabrina Laughlin ou les frères Salmon. Contre toute attente, Vaitiare gagne et se souvient de l’annonce de sa victoire, comme une consécration locale, aux côtés de Mario Brothers dans l’émission Fare maohi.
« J’étais arrivée à un tournant, je devais faire un choix… »

Après des tentatives de petits boulots de vendeuse, de responsable de magasin ou de comptable, elle comprend que c’est la chanson qui sera son métier. Elle donne naissance à ses deux jumeaux, puis commence à enchaîner les prestations jusqu’à la création, il y a deux ans de son groupe actuel : Manavib’s. On peut l’applaudir dans les bars et restos locaux mais aussi pour des évènements importants comme, récemment, la clôture du championnat du monde de va’a, face à un public de près de 2 000 personnes.
« La passion du dessin et de la peinture ne me quittait pas. »

Vous chantiez, et bien peignez maintenant !
Les crayons et les pinceaux ne l’ont jamais quitté. Elle multiplie les toiles, explorant un monde graphique chatoyant où l’on retrouve des couleurs et des formes polynésiennes. Elle peint quand ses enfants sont à l’école, et a très envie de partager ses œuvres dans une exposition, à laquelle elle réfléchit déjà.
« Le point commun de mes passions : la culture polynésienne. »

En plus de ses prestations chantées et de ses toiles, elle rend hommage à sa culture à travers sa participation à la troupe Hitireva qui donne des représentations intenses chargées de mana au marae Arahurahu. C’est avec cette troupe qu’elle s’est envolée il y a quelques jours pour faire le Heiva de San Diego afin d’exporter cette culture qu’elle aime tant et qu’elle qualifie d’unique.
« Le développement personnel m’aide beaucoup. »
Un stage de développement personnel très bénéfique lui donne des ailes et un appétit énorme pour s’exprimer puisque. Outre son exposition en préparation, elle envisage de sortir un CD single avec Manavib’s et prépare un événement culturel majeur sur le paepae a Hiro à la Maison de la culture.


Laurent Lachiver
Rédacteur web
© Photos : Laurent Lachiver, Vaitiare Tuhoe, Manavib’s pour Femmes de Polynésie
Directeur des Publications : Yvon Bardes



