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Culture

Hong-My Phong, une femme plurielle

Publié le 24 février 2022

Auteure, mais aussi esthéticienne et photographe, Hong-My Phong a plusieurs cordes à son arc. Ce sont autant de sources qui la nourrissent et maintiennent son équilibre de vie. Son premier roman, Femmes écorchées, a été publié en 2019, la suite intitulée Pater familias est imminente. Femmes de Polynésie guette sa sortie prévue courant février.

« J’ai écrit une histoire d’hommes pour changer un peu. »

Intitulé Pater familias, il raconte la suite des aventures de Charlène Siu et de Luc Savage que le public a eu l’occasion de découvrir en 2019 dans Femmes écorchées. C’est un polar qui se déroule en Polynésie, lui aussi avec un crime, des policiers, des indices, du suspense. Le titre s’est imposé de lui-même, les sujets également. Hong-My doit faire face à une difficile épreuve de la vie lorsque ce deuxième roman prend forme. En effet, l’homme qui lui a donné la vie ainsi que l’envie d’écrire s’éteint.

UNE IDENTITÉ PLURIELLE

Le grand-père paternel de Hong-My est un Hakka de Chine, il a émigré au Vietnam. Son père a grandi dans ce pays. Engagé dans l’armée française pendant la guerre d’Indochine, il est à juste titre naturalisé français. La Polynésie ? Il s’y installe sans doute pendant l’époque du Centre d’Expérimentation du Pacifique.

« Il a rencontré ma mère lors d’un voyage d’affaires à Taïwan. Mon père était discret, il ne racontait pas sa vie et l’on ne posait pas de questions. »

À la naissance des enfants en Polynésie où le couple a fini par s’installer, une chose était claire : filles et garçons porteraient des prénoms chinois !

À la maison, la famille communiquait en mandarin.

« Une langue que je parle et que je m’efforce d’apprendre à mes propres enfants. Je suis imprégnée de la culture chinoise, mais aussi de la culture tahitienne et française, via l’école et mes amis. J’aime l’idée d’être un peu tout ça à la fois. »

PASSIONNÉE ET ÉQUILIBRÉE

Ses activités sont à l’image de son identité, elles sont plurielles. Son baccalauréat en poche, elle s’inscrit en BTS esthétique et cosmétique à Montpellier et travaille ensuite deux ans à Cannes.

« La ville du festival ! J’ai adoré. J’aime le cinéma depuis petite. »

Puis de retour en Polynésie, elle s’installe à Papara non loin de ses parents.

« J’étais jeune, un peu naïve, je suis allée voir la banque en espérant obtenir de quoi me lancer, mais je n’avais rien et je n’ai donc rien obtenu, en toute logique. »

Découragée, un peu humiliée aussi, elle prend son courage à deux mains pour réussir. Elle persévère.

« Une amie de ma mère, Kim Lan, m’a beaucoup aidée. J’ai également demandé des subventions. »

C’était en 1999. Finalement, elle a réussi à ouvrir son salon, chez elle. Très vite, le bouche-à-oreille fonctionne. Elle peut compter sur une clientèle fidèle. Vingt-ans plus tard, elle a toujours son salon, et a pu faire construire un espace dédié.

« Il n’y avait rien à l’époque et rares étaient celles et ceux qui allaient se former en France. »

Une fois installée, elle se dégage un peu de temps qu’elle consacre à des loisirs. Elle reprend la photographie.

« J’aurais aimé être photographe de guerre. J’ai grandi avec les albums photos de mon père à la guerre en Indochine, mais aussi en Algérie. »

Elle se forme et investit. Aujourd’hui, elle dispose d’un petit studio pour cette activité qu’elle exerce en parallèle de l’esthétique. Elle est membre de l’association Hoho’a et expose, à l’occasion.

Ayant écrit un premier roman au lycée, elle reprend l’écriture en se lançant véritablement dans cette activité en 2011.

« Petite, je lisais beaucoup, j’achetais toujours plein de livres avec mon argent de poche. Mon père me disait, mais pourquoi lis-tu autant ? Tu devrais écrire tes propres histoires !  »

C’est ainsi que tout a commencé. Également passionnée de science en général, d’astronomie en particulier, elle s’engage auprès de la Société d’astronomie de Tahiti dont elle est trésorière.

« Quand on aime quelque chose, ça reste, on a toujours envie de le reprendre un jour ou l’autre puis de faire mieux, d’avancer. »

Hong-My ne cesse de se former. Elle lit beaucoup, cherche à progresser et à assouvir une inlassable curiosité. Elle a trouvé son équilibre.

« Je suis cartésienne, mais j’ai aussi besoin de créer. Je garde un pied partout. »

Dans un premier temps en version numérique, Pater familias devrait sortir courant février. Rien ne semble désorienter Hong-My qui a bel et bien déjà entamé l’écriture d’un troisième tome.

Delphine Barrais

Rédactrice 

©Photos : Delphine Barrais et Hong-My Phong pour Femmes de Polynésie

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