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Carrière

Mélodie cuisine en pleine mer !

Publié le 26 juin 2020

En plein milieu de l’océan atlantique, le yacht de 35 mètres tangue, la mer est remontée, le skipper et l’équipage sont affamés. Sous le pont, Mélodie, se bat avec les ustensiles, les ingrédients et la gravité. Elle cuisine, 20 minutes plus tard tout le monde a mangé, la motivation est revenue, le bateau poursuit sa route et notre chef commence à réfléchir au dîner. Le skipper annonce que le lendemain ils seront à Antigua. Mélodie invite Femmes de Polynésie au voyage, arrimez-vous!

Une enfance rythmée par la mer

Toujours très proche de la mer, Mélodie a sûrement nagé dans le lagon de Rangiroa avant même de savoir marcher correctement, comme tout bipède qui se respecte. Avec un père navigateur et une mère Polynésienne, on aspire vite aux bienfaits d’une vie aquatique.    

Mélodie petite à Rangiroa

Mélodie a quatre ans quand le bateau familial met le cap sur Tahiti, à Mataiea. La vie est belle, la nature et la mer font partie intégrante de son quotidien.

“ On pêchait et vivait en bord de mer, on jouait tout le temps dans l’eau avec mon petit frère.”

Mélodie et dsa maman

Cela dit, contrairement à son père, Mélodie n’accroche pas tout de suite à la voile, trouvant la pratique un peu monotone.

“Tenir la barre pendant plus de trente minutes, j’y arrivais pas, j’avais autre chose à faire !”

Après quelques années paisibles, remplies d’aventures, d’amitiés et d’expériences formatrices à la presqu’île, le voyage prend le dessus sur la quiétude.

Avec son frère, Jessie

Les départs, les arrivées, les découvertes

A treize ans, Mélodie et son frère suivent leur mère à Bali pendant un an, puis, revenus sur la presqu’île et ayant pris le goût du voyage, rebondissent pour l’Inde avec leur mère. Mélodie alors âgée de dix-sept ans est contrainte d’entreprendre une année sabbatique. 

“On a beaucoup bougé pendant un an, je n’ai pas pu aller à l’école, du coup j’ai préféré aller chez mes grands-parents et retourner à l’école.”

A Dijon, elle reprend l’école. Une reprise pour le moins compliquée…

“C’était bizarre après un an de t’asseoir dans une salle de classe, et qu’on te parle d’algèbre… mais au fil du temps je m’y suis fait, on est restés un an, je me suis fait des amis.” 

Mais voilà, aussitôt installée, aussitôt partie. Mélodie terminera son lycée à Manille, aux Philippines.

“Je suis très contente d’avoir connu les Philippines avant l’essor touristique qu’on connaît maintenant. On a beaucoup voyagé dans l’Asie du sud-est.”

La cuisine, la mer et les voiles

Après le bac, Mélodie suit sa passion pour la cuisine et intègre le lycée hôtelier de Nice. Elle apprend beaucoup au cours de ces 3 années, et après de multiples stages, elle fait ses preuves dans les cuisines d’hôtels.

“A l’hôtel Saint-Jean au Cap Ferret, j’ai appris comment fonctionnait une grande structure.”

C’est alors que par curiosité, elle décide de partir pour Berlin, où elle travaille dans un restaurant.

“ Berlin c’est bien mais l’océan m’a manqué, du coup j’ai quitté mon job pour faire une traversée de l’atlantique en voilier avec mon père. C’est là que j’ai commencé à cuisiner sur les yachts.”  

De retour en France avec tout juste 150 Euro en poche, Mélodie décide d’embarquer sur les yachts en tant que chef.

Le déjeuner est servi !

“J’adore cuisiner sur les bateaux, tu as toujours quelque chose à faire, tu voyages beaucoup, et surtout tu n’as pas de routine.”

Les Caraïbes, la mer Baltique, la Norvège, le Mexique, le Maroc… Mélodie ne s’arrête pas. Même en vacances, elle préfère voyager pour apprendre plus de la cuisine et des produits locaux. Elle aime la variété que le monde lui offre, notamment celle qui peut émaner de la cuisine. 

“J’adore apprendre la cuisine de nouvelles cultures, avec des produits que je ne connais pas. Cela élargit les horizons, du coup je crée de nouveaux plats sur le bateau” 

Après 5 ans sur les bateaux, Mélodie ne semble pas vouloir accoster ou s’arrimer à terre. 

“Même si en pleine mer c’est dur, tu veux vite être arrivé à terre. Dès que tu y es pour trop longtemps, la mer te manque et c’est reparti”     

Dur de savoir, où, quand et pourquoi la seule constante de sa vie reste le voyage et la mer. Notre nomade de 27 ans n’en a pas fini avec les voyages, sur le yacht Nikata, de sa cabine, de sa cuisine, et même en pleine mer, soyez-en sûr, elle garde la Polynésie dans son cœur.  

 Niuhiti J. Gerbier

 Rédacteur Web

 ©Photos : Mélodie Chardon 

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