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Société

Vaihere DOUDOUTE-RAOULX, la vie grâce au sport

Publié le 23 mars 2020

L’Association UFFO (Union des Femmes Francophones d’Océanie) en partenariat avec Femmes de Polynésie, organise pour la 3année consécutive les “Poerava”. Nous leur consacrons une place particulière pendant tout le mois de mars, marqué par la Journée internationale des droits de la femme. Ces 8 Femmes polynésiennes, remarquables par leur personnalité et leur force d’engagement, se verront remettre la distinction “Poerava”  le 1er avril prochain à Assemblée de la Polynésie française, à l’occasion de la journée “Vahine tu as des talents ”.

 

Il y a des personnes qui ne sont pas comme les autres ! Ce qu’elles font nous épate, comme se relever lorsque l’on a touché le fond et atteindre quelques années plus tard les sommets sportifs. Vaihere Doudoute en fait partie.

De l’enseignement à l’aphasie

Après des études à l’Université de la Polynésie française, Vaihere se lance dans le professorat. Elle exerce dans de nombreux établissements scolaires et pose ses bagages au lycée St-Joseph de Punaauia. En parallèle, elle passe le concours du CAPES.

Mais en 2012, à 33 ans, au retour d’une semaine de sortie pédagogique, elle est touchée brutalement par un AVC1 qui la plonge dans le coma pendant deux semaines. Dans son coma, elle se répète: “Réveille-toi, ton fils a besoin de toi !”

À son réveil, elle est paralysée du côté droit et a perdu l’usage des mots (aphasie). Mais grâce à son tempérament exceptionnel, Vaihere se relève.

“En train de taper sur mon “pahu” pour une cérémonie culturelle au lycée”

Le sport pour s’en sortir

Elle est déterminée et veut se battre, pour elle et pour son fils, et peut compter sur l’appui de ses parents et de son futur époux. Elle doit continuer à vivre et TOUT réapprendre. Vaihere s’engage à fond pour s’en sortir. Pendant trois ans, elle suit des séances de rééducation pour retrouver l’usage de la parole, et de tout le côté droit.

Lors de sa rééducation, son kiné Matthieu Forge lui fait découvrir le « rowing », le rameur. Puis il lui propose d’aller au collège de Punaauia, avec Kévin Scott, pour faire des séances de « rowing ».  Et cela fait 3 ans qu’elle en fait, trois fois par semaine pendant une heure ! 

“Il n’y a pas seulement le sport, c’est le moment de s’évader : vous écoutez le coach et puis c’est tout ! ”

Mais dans sa vie il y a aussi la danse, le diplôme du Conservatoire, la vie associative ! Il y a la culture, la culture « Maohi ».

Écrire des textes en tahitien, faire des “orero”, le “toere”… ce n’est pas seulement la danse c’est l’expression de ce que l’on veut faire passer.”

Une volonté de fer pour aller toujours plus loin

Dans sa vie professionnelle, à force de volonté, elle devient professeure-documentaliste.

Au rameur, elle décide de faire des compétitions internationales et s’entraine : Vaihere participe au championnat de France, au championnat du monde à Washington DC gagne une médaille d’argent et devient vice-championne du monde de « rowing indoor ». Et cela sans aides publiques…

Vaihere encourage, montre l’exemple, à ceux qui ont été victime d’un AVC, mais aussi aux autres, les  “normaux” !

On peut tous le faire : objectif 200% ! Il faut avancer et bouger tous les jours, sans rien lâcher.”

Ainsi, en 2019, elle accepte d’être la marraine du cœur pour promouvoir son sport, les sports, la pratique d’une activité sportive ! Pour développer sa discipline, “la collectivité est importante car la motivation et la stimulation sont plus fortes en groupe”,  et même si les autres ne suivent pas, il faut rester sur son objectif personnel.

“Quand j’ai décidé de faire quelque chose, je le fais”.

1(accident vasculaire cérébral)

 

Armelle Merceron, avec la collaboration des membres de l’UFFO

 Rédactrice Web

 ©Photos : Vaihere Doudoute-Raoulx

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