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Société

Maria Nouet : de l’art au droit, toujours engagée

Publié le 3 juillet 2020

« Je suis un bébé de l’OPT » confie Maria Nouet. Oubliez l’image froide et caractérielle de la Directrice de la Maîtrise des activités de l’OPT, ce n’est pas ce qui la définit. Loin de là…Femmes de Polynésie vous présente une artiste dans l’âme, dévouée et passionnée par tout ce qu’elle entreprend, dont la personnalité force le respect.

Oeuvre réalisée par Maria au lycée (pastels à l'huile)

La découverte de soi

Maria a 34 ans. Née le 31 juillet 1985 à Tahiti, elle grandit à Paea avec ses frères et ses parents, Chantal Galenon 1 et Jean-Michel Ateni.

« Mon papa était guichetier à l’OPT, et ma mère institutrice, puis conseillère pédagogique et directrice d’école, et elle s’est lancée dans une carrière politique. »

Mariage de ses parents, 1983
Son parcours scolaire se trace à Tahiti. En parallèle, Maria se lance dans le hula2 dès l’âge de 11 ans.

« Le hula représente beaucoup pour moi. Il y a un respect de la personne et des ancêtres… J’ai appris à me connaître et à retrouver mes racines à travers cette danse et la spiritualité qui s’y rattache.»

Soliste à un concours de hula à Tahiti, 2012

Elle obtient son bac à 16 ans et étudie l’art par correspondance.

« Mes parents n’ont pas voulu que je poursuive à l’étranger car j’étais trop jeune. »

Peu inspirée encore par une voie professionnelle, Maria s’adonne entièrement au dessin, qu’elle pratique depuis toute petite déjà. Et à la suite d’un évènement tragique, elle prend son envol…

« Mon père décède 15 jours après mes 18 ans. Alors pour m’aider à faire le deuil ma mère décide de m’envoyer à Grenoble pour une année. »

Maria intègre une prépa d’arts plastiques, à peine majeure, et livrée à elle-même dans un pays inconnu… à la recherche d’une ouverture d’esprit. Ne sachant pas vraiment à quoi elle aspire, entre conservatrice de musée ou restauratrice d’art, elle s’investit pleinement dans plusieurs domaines liés à sa passion.

Tableau au fusain, peint par Maria au lycée

« Je faisais du design, de l’infographie, de la photographie… Quand on est adolescent on a besoin d’extérioriser les choses, du coup je l’ai fait à travers l’art. Et ça m’a beaucoup aidé. »

La jeune artiste s’épanouit dans la découverte de différentes villes européennes, leur architecture, leurs rues et les passants, qu’elle prend plaisir à immortaliser par la photo. Mais à la fin de l’année, sa mère découvre une œuvre qui l’inquiète. Elle lui demande alors de revenir au fenua et de s’inscrire dans des études de droit.

"L'imbrication de la nature", technique de la sanguine par Maria, au lycée

Le droit

Université de PF, 2005. Maria ne sait toujours pas ce qu’elle veut faire, mais elle a mis son coup de crayon sur pause pour se consacrer au droit.

« La passion du droit apparaît plus tard, lorsque j’intègre l’OPT. »

Elle intègre 2 ans plus tard la Direction de la Santé au bureau des ressources humaines et de la formation, en alternance avec les cours à l’Université.

« Je suis rentrée directement dans le monde du travail et rapidement avec une équipe à manager. Ça a été très intense et très formateur. Il y avait un fort esprit d’équipe et d’entraide. »

L’année suivante un professeur lui parle d’un poste de juriste à pourvoir à l’OPT. Maria postule, décroche un CDD puis l’année d’après, réussit le concours et obtient son premier CDI.

À son bureau, au siège de l'OPT

« Une belle coïncidence par rapport à mon père. J’avais encore les odeurs de l’agence liées à mes souvenirs d’enfance. Il y a des choses que l’on ne peut pas expliquer… c’est un parcours dans lequel je suis guidée. »

Une Famille

2008, c’est le moment d’allier la théorie à la pratique en droit. Avec sa licence en poche, Maria découvre le métier de juriste dans une équipe dynamique. Elle décide de poursuivre ses études en cours du soir et c’est un véritable déclic. Une passion est en train de se révéler.

« Je me suis impliquée à 200% en hommage à mon père. L’équipe OPT, c’est comme une famille pour moi. »

Maria se retrouve Responsable juridique fin 2010, et huit ans plus tard, le Président-directeur général de l’OPT, M. Jean-François Martin la nomme Directrice de la maîtrise des activités.

Avec Jean-François MARTIN, P-DG de l'OPT

« Je tiens à garder ce côté familial qui me tient à cœur, même s’il y a parfois des petites tensions. Je fais de mon mieux pour être une manager à l’écoute et de proximité. Ma porte est ouverte. J’aime me rendre disponible et être proche de mes collaborateurs. »

Allier le coté professionnel avec le côté familial reste néanmoins un challenge et une question d’équilibre. En couple depuis plusieurs années avec Manu, infirmier, ils se marient en 2011, et 4 ans plus tard leur fille voit le jour.

« Qui dit direction dit responsabilités. Ma famille est mon pilier. J’ai accepté mon poste de directrice avec l’appui de mon mari. Il est passé en journée continue, pour me permettre de travailler plus tard. Du coup le matin j’ai mon moment avec ma fille, je la prépare, prends le petit déjeuner avec et l’emmène à l’école ; et l’après-midi c’est lui qui la récupère. Et le weekend moment familial… ou associatif ! »

Noël en famille

En parallèle, impliquée dans la cause de la Femme, Maria intègre l’association Vahine Piri Rava à partir de 2010, puis le Conseil des femmes de Polynésie française en 2011. Le Conseil des femmes est une fédération reconnue d’intérêt général regroupant seize associations féminines dont l’association Vahine Piri Rava. Il gère le centre d’hébergement d’urgence des femmes victimes de violences conjugales et de leurs enfants.

La lutte pour le droit et contre les violences faites aux femmes est une cause qui se transmet de mère en fille et qui a une résonance particulière.

« Mon arrière-grand-mère était une femme battue. Ma grand-mère une femme méritante et battante qui s’est sortie seule de ce climat de violence et de pauvreté. Elle m’inspire beaucoup. Ma fille porte son nom, Teraiharue. »

Défilé de l'Autonomie, 29 juin 2019

« Le conseil des femmes m’a permis de prendre conscience de l’ampleur de la violence faite aux femmes. En tant que maman j’ai été très touchée en côtoyant les jeunes mères de famille et leurs enfants accueillis au centre d’urgence Pu o te Hau que nous gérons. Le projet majeur en cours est de bâtir le Centre de la Femme intégrant une extension du Pu o te Hau sécurisée mais également un espace ouvert au public pour la vente de produits fabriqués par les femmes et des logements pour les jeunes étudiantes et/ou les femmes retraitées favorisant la réinsertion et le partage intergénérationnel. »

1 Lire le portrait de Chantal Galenon

2 Danse hawaïenne

 Vainui Moreno

 Rédactrice Web

 ©Photos : Maria Nouet, Vainui Moreno pour Femmes de Polynésie

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