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Portrait

Maima Laleu-Chahaut : la Polynésie, terre d’histoires

Publié le 20 juillet 2020

Lire aurait le pouvoir de transfigurer notre petit monde. Ni plus, ni moins. Maima Laleu, auteure de la nouvelle « Ina Hina », histoire d’une demi-polynésienne qui revient au fenua après des années, en est persuadée. Quand on n’a pas la possibilité de s’évader physiquement de chez soi, la lecture, à la fois refuge et ouverture au monde, permet non seulement de voyager sans prendre l’avion, mais aussi de mieux comprendre les gens qui sont différents de nous. Pour Femmes de Polynésie, cette férue de littérature nous partage sa passion de la lecture, mais aussi celle de s’exprimer grâce à l’écriture.


LA PASSION DE LA LITTÉRATURE DEPUIS L’ENFANCE

Maima et ses parents le jour de son mariage : mélange de deux cultures

« Petite fille, j’étais hyper casanière. Ma plus grande joie c’était de lire des bouquins. Je ne bougeais que lorsque je n’avais plus rien à lire. »

Photo de famille du côté paternel

Avec une maman demi-chinoise, demi-tahitienne, un papa demi-français et italien, Maima naît à Papeete et a la chance de grandir dans plusieurs milieux culturels. Son grand-père, pur Chinois né à Tahiti, leur transmet les traditions asiatiques.

« J’ai toujours vu mon père avec un livre dans la main. C’est un gros lecteur. Pendant mes années collège, il cachait les Harry Potter pour les lire avant moi… »

En parallèle, l’éducation qu’elle reçoit est plutôt stricte. Souvent chez sa grand-mère, entourée de ses sept cousins, Maima construit son monde. Pour elle, Polynésie est synonyme de famille.

Maima et ses cousins autour du grand-père maternel

« On n’avait pas trop le droit de sortir dehors. On ne pouvait pas aller jouer dans le quartier. La lecture, c’était un moyen de sortir des murs de la maison. »

L’ENSEIGNEMENT, POUR PARTAGER SON AMOUR DE LA LECTURE

« C’est la fatalité qui a fait que je suis devenue prof. »

Si l’enseignement ne l’attirait pas spécialement, Maima s’oriente, au gré du courant, vers le professorat et obtient son Capes de français à 23 ans. 

Atelier Danse des Lions pour la journée culturelle à l’occasion du Nouvel An Chinois au Collège Maco Tevane

« Le rapport prof-élève, c’est ce qui fait que je reste prof. Moi, j’ai demandé à aller au collège Maco Tevane, c’était un vœu personnel. Ce sont des chouettes gamins. »

Réunissant 13 quartiers sociaux de Papeete, l’engagement de Maima dans cet établissement y fait florès depuis sept ans. Donner le goût de lire à un élève, c’est le sésame vers le développement de l’esprit critique, un précieux cadeau.

« Ce qui leur manque, c’est l’ouverture aux autres. Ils grandissent dans leur quartier et restent enfermés sur eux-mêmes, ne fréquentent que les mêmes personnes. Par la lecture, ils peuvent y remédier. »

Prestation de l’association Le Dragon Tigre dont Maima et son époux sont membres depuis plus de dix ans

Elle décide de faire un atelier Danse du Lion pour les élèves intéressés, dans l’optique d’une ouverture culturelle, et enseigne la communication orale et écrite en tant que professeure vacataire à l’UPF depuis 2017.

L’ÉCRITURE, POUR S’EXPRIMER

« J’ai toujours plus ou moins écrit des ébauches que je ne montrais pas aux autres. »

Atteints de longues maladies, ses grand parents maternels nécessitent des soins réguliers. Avec une partie de sa famille, Maima passera du temps avec eux, dans les salles d’attentes des médecins et de l’hôpital du Taone. Cela lui donne quelques idées d’écriture, dont le clan de Meigui, publié sur la plateforme Wattpad en 2018-2019, qui sera lu plus de 3 000 fois.

« Je suis la seule fille du plus grand général de la nation. Mon père a choisi de m’enseigner l’art de la guerre pour que je ne sois pas qu’une rose au milieu des épées. Tout bascule quand notre roi me fiance à l’un des fils du trône du Sì Shòu … Combien de temps, supporterais-je la condition de femme qu’on m’impose ? »

Femmes de Polynésie lui propose alors d’écrire une nouvelle pour ses lecteurs/lectrices, une nouvelle sur la Polynésie. Maima se lance alors dans l’aventure, les idées fusent.

« Ecrire Ina Hina, c’est un moyen de faire le deuil de mes grands-parents, de les garder encore en vie. C’est l’envie de dire : purée, elle est belle la Polynésie avec ses couleurs, ses odeurs, ses moments de partages qu’on ne trouve pas ailleurs. »

À gauche: Les grands-parents maternels qui ont inspiré la branche polynésienne de Ina Hina - À droite: Mémé Maguy, à l’origine du personnage éponyme de Ina Hina

Ina / Hina, une histoire d’émancipation féminine au sein d’une famille polynésienne… À découvrir au plus vite. Certains auront la sensation d’avoir vécu des expériences du personnage principal, d’autres de découvrir un monde nouveau, au travers d’une psychologie et des émotions d’une partie de la société polynésienne. À chaque livre, une expérience unique. Pour plus d’empathie et une meilleure compréhension du monde, le message de Maima est clair : à vos livres !

 Tehina de La Motte

 Rédactrice Web

 ©Photos : Maima Laleu-Chahaut, Femmes de Polynésie

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