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Portrait

LANA : DU CHEVAL AU LOLLIPOP MOOREA

Publié le 7 août 2020

Ice cream, chevaux et culture polynésienne au menu aujourd’hui, avec Lana, que Femmes de Polynésie a dénichée derrière le comptoir du glacier Lollipop Moorea. Rencontre avec une femme qui sait faire preuve de pragmatisme et d’humour pour détendre l’atmosphère.

UNE ÎLIENNE DE MOOREA

Lana est originaire de Moorea. Elle est issue d’une fratrie de sept enfants élevés par un papa et une maman polynésiens. Bien vite, elle devient la fille fa’amu[1] d’une de leurs amies célibataires : Christelle Massinger. Cette femme, sa « Omy[2] », deviendra un véritable modèle pour la petite fille :

Comment je pourrais te le dire ? Quand elle veut quelque chose, elle arrive à l’avoir. Tu vois ?

Sur l’île sœur, elle fréquente l’école de Maharepa, puis le collège de Pao Pao avant d’intégrer un internat à Tahiti pour poursuivre en CAP coiffure au lycée professionnel de Mahina.

   Elle ne termine pas sa formation, car elle se rend compte que sa voie est ailleurs.

LA PASSION DU CHEVAL : YIHA !

Ses parents (biologiques et maman adoptive) ont toujours été là pour l’aider à la motiver :

“ Ils m’ont beaucoup soutenue. Tout reposait sur moi. Je choisissais ce que je voulais faire, et c’était mon choix. ”

Trouver sa voie est un vrai défi : Lana enchaîne beaucoup de petits emplois. Sa maman biologique l’aide en lui proposant de travailler au glacier Lollipop dont sa maman fa’amu a eu la succession. C’est un succès, car elle y travaille en CAE[1] pendant un an.

En 2018, Lana est embauchée pour un an au ranch de Opunohu. C’est une opportunité en or pour cette passionnée de chevaux :

“ J’aime tout avec les chevaux. J’aime les caresser. J’aime les chouchouter. J’aime faire des galops avec eux. ”

Elle y travaille comme guide touristique à cheval, mais aussi encadre des stages d’équitation avec les enfants.

“ Je proposais des stages d’équitation d’une demi-journée aux parents, qui amenaient leurs enfants avec eux. Je leur apprenais à monter un cheval… ”

Un an passe, et la Tahitienne se voit à contrecœur quitter cet emploi à durée déterminée. Son rêve irréalisé : avoir son propre ranch.

LOLLIPOP MOOREA, LE RETOUR

En Novembre 2019, Lana retravaille au Lollipop Moorea en tant que gérante. C’est sa maman adoptive qui l’a décidé :

“ Elle voulait déjà que je lui succède, mais elle attendait que je fasse mes preuves. ”

Ce qui a été déterminant dans la décision de sa maman fa’amu ? Voir qu’elle sait faire preuve de responsabilité dans son travail.

“ Je m’occupais du ranch et le patron était rarement sur place. Alors, c’est moi-même qui encaissais, qui passais les commandes et répondais aux mails. ”

Ce métier n’est pas facile :

“ Tu as toute la responsabilité sur toi. Tu n’es pas sûr d’avoir la somme exacte tous les mois. Je ne suis pas sûre qu’aujourd’hui, j’aurai autant de monde qu’hier.”

Mais la vahine aime ce travail de gérance :

“ J’aime être au contact direct des clients. J’aime faire des glaces tous les jours, je m’amuse un peu dans mon métier. ”

Lana apprend à faire les ice-creams et sorbets avec sa maman adoptive, et les pâtisseries sur Internet. De la tropézienne à l’ice-cream vanille M&M’s en passant par le Paris Brest, tout est fait pour régaler les plus gourmands !

C’est ainsi de cette manière que Lana est retournée travailler au Lollipop Moorea, sous la supervision de sa maman Popa’a.

L’AMOUR DE SA CULTURE

Une des autres richesses de Lana, c’est son amour pour sa culture, qu’elle concrétise par de réels savoir-faire :

“ Tressage de feuille de palmier, couronnes de fleur, le kumuhei[1] (fleur odorante), le tapa[2] et la teinture.

Ce savoir-faire, elle le tient de sa maman biologique qui le lui a transmis. Elle aimerait le partager par des projets culturels, et a même suivi une formation d’animation culturelle au CFPPA de Oponohu.

“ Je veux proposer des animations culturelles aux touristes et aux locaux. Dans la vallée de Opunohu, j’ai monté un dossier avec le SDR (Economie rurale de Oponohu) pour avoir une partie de terrain. Et le dossier est toujours en cours. Je rêve de monter un village culturel. ”

Son père biologique lui a appris la guitare, l’ukulélé et le kamaka[1], et elle a appris le ori tahiti qu’elle pratique depuis ses six ans avec le groupe « Ava iti ». Malheureusement, depuis quelques années, ses obligations professionnelles ne lui laissent plus assez de temps pour la danse.

Passionnée et travailleuse, Lana s’accroche à ses projets pour leur donner vie, sans oublier qui elle est : « une Polynésienne qui connaît le respect et sa culture »

[1] Fille adoptive.

[2] « Maman » en arabe.

[3] Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi

[4] Bouquet végétal odorant des Marquises.

[5] Étoffe souple qu’on obtient de certains arbres en battant la face interne de leur écorce. 

[6]  Ukulélé hawaiien.

Joachim Laugeon

 Rédacteur Web

 ©Photos : Joachim Laugeon

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