Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Non classé

VAE - Validation des Acquis de l'Expérience.

VAE, un diplôme sans passer par la case formation

Publié le 30 mai 2017

La validation des acquis de l’expérience, la VAE, voit le jour en 2002 en métropole avec la loi de modernisation sociale du 17 janvier portant sur le développement de la formation professionnelle. L’expérience d’un individu, ses connaissances et ses compétences acquises par le travail sont désormais reconnues officiellement. La VAE offre ainsi un nouvel accès à l’obtention d’un diplôme, un titre ou une certification, autre que la formation via le cursus scolaire, une formation continue, ou une formation par l’apprentissage. La VAE ne concerne pas seulement des acquis de l’expérience en milieu professionnel. Elle peut prendre en compte d’autres domaines comme par exemple, une expérience dans le monde associatif, syndical ou municipal.

En Polynésie, 63% de femmes font appel à la VAE

L’application de la VAE en Polynésie ne se fera qu’en 2011 via une loi de pays et son inscription au code du travail. Depuis sa mise en œuvre, 75% des demandes de validation des acquis de l’expérience concerne les diplômes de l’éducation nationale. Les autres demandes visent des diplômes délivrés par le service jeunesse et sports, l’agriculture, le CFPA ou le CNAM. Ces organismes certificateurs de la VAE et notamment l’éducation nationale, bénéficient du soutien du SEFI qui joue un rôle important en amont de la procédure de la validation des acquis de l’expérience. En effet, le SEFI est chargé d’informer, de conseiller les demandeurs de VAE. Tout le monde peut prétendre à la validation des acquis de l’expérience, que l’on soit demandeur d’emploi, travailleur indépendant, salarié ou bénévole. Il faut avoir exercé une ou plusieurs activités en rapport avec le diplôme visé, en continu ou discontinu, à temps plein ou à temps partiel pendant au moins un an. Depuis la loi travail de 2016, le délai de trois ans d’expérience requis a été ramené à un an pour les diplômes nationaux. Chaque année le SEFI reçoit en moyenne en entretien, information et conseil entre 400 et 500 personnes. La moitié d’entre elles visent l’obtention de diplômes de l’éducation nationale, mais au final, ils ne sont que 35 à 40% à aller au bout de la démarche VAE. Les statistiques du SEFI démontrent par ailleurs que 60% des demandeurs de VAE sont des salariés, 63% sont des femmes et 86% ont entre 25 et 50 ans.

Les diplômes les plus demandés : ceux de l'administration et des services

Ce sont les diplômes de niveau BAC et BAC+2 de l’éducation nationale des secteurs de l’administration qui sont les plus convoités par les demandeurs de VAE, s’en suivent les diplômes relevant du secteur des services, comme ceux de la petite enfance, d’assistance aux personnes, du commerce, de la vente, de la logistique, du tourisme et de l’hôtellerie. Certains diplômes polynésiens, comme par exemple, les métiers d’éducateurs sportifs, de guides pédestres et de va’a, font également l’objet de demandes de VAE.

La validation des acquis de l’expérience est une démarche qui demande environ 6 mois de procédure. Les salariés sont les plus nombreux a en faire la demande, soit pour évoluer dans leur poste ou leur travail, soit pour changer d’emploi, soit en amont d’un licenciement. En revanche les demandeurs d’emploi sont moins nombreux du fait que leur préoccupation première est de trouver du travail, le plus rapidement possible.

La VAE en deux étapes

Première étape : le SEFI organise régulièrement des réunions d’information collective au sujet de la VAE. Les personnes intéressées sont informées sur la procédure et les diplômes. Chaque diplôme a un mode d’emploi appelé, référentiel. Dans ce référentiel il y a les activités qu’il faut maîtriser pour avoir le diplôme visé. Toujours dans la première étape, Florence HERMAN, responsable de la cellule VAE du SEFI réalise une étude préalable du projet. “On va prendre le CV de la personne, on va lui demander ce qu’elle fait, comment elle l’a fait, sur quoi elle va s’appuyer pour faire valoir la VAE. On va comparer les activités professionnelles qu’elle a mise en œuvre et les diplômes. On va regarder les référentiels des diplômes. Dans chaque organisme certificateur, il y a toujours un référent. A l’éducation nationale, c’est à dire à la DGEE, il y a un référent qui peut le faire, ici, il s’agit de Christian LEFAIT. Nous on le fait pour tous les diplômes mais chaque organisme certificateur a un référent. Suite à cette étude préalable, un premier livret va être réalisé, il s’agit d’une demande de recevabilité. C’est comme un CV détaillé, avec tous les certificats de travail ou une attestation pour ce qui est des expériences bénévoles, le but étant de prouver que le demandeur a bien vécu l’expérience. Ce dossier va ensuite passer devant une commission de recevabilité interne à l’éducation nationale. Celle-ci vérifiera s’il y a bien l’expérience d’un an et si l’expérience se rapproche du diplôme. La prochaine date limite de dépôt du livret 1, c’est pour le 30 août et la validation est prévue pour mars 2018”.

Deuxième étape : l’organisme certificateur est responsable de la formation de ce diplôme et de la VAE, son rôle est de garantir la cohérence du diplôme. Si l’organisme certificateur estime que le premier livret est justifié, celui-ci émet un avis de recevabilité qui génère la réalisation et l’envoi d’un second livret. C’est en quelque sorte un livre de preuves. “Il faut que le demandeur de la VAE décrive des activités professionnelles à partir de questions. A la fin on va mettre des annexes sur le travail qu’il fait. Ce livret est un outil pédagogique pour se présenter devant un jury”. Le jury est composé de professionnels et d’enseignants. Il délibère pour donner au demandeur de la VAE, soit une validation totale, soit une validation partielle en unité d’enseignements, soit aucune validation. La procédure VAE est la même, quelque soit le diplôme visé.

Des organismes privés sur le créneau de la VAE

Si les demandes de VAE sont en progression, les agents du SEFI ont constaté qu’en raison de difficultés diverses, comme la rédaction des livrets en langue française, une majeure partie des demandeurs de VAE abandonne la procédure entre les deux étapes, c’est à dire entre la réalisation du premier livret et le second livret. Pour pallier ce problème, les demandeurs de VAE ont désormais la possibilité de s’adresser à trois organismes privés qui se sont mis sur ce créneau. Il s’agit du GREPFOC, Tahiti formation et Api formation. Ils proposent un accompagnement compris entre 10 à 20 heures de suivi, de soutien et de réalisation, notamment du second livret. “Ils aident les demandeurs de VAE à rédiger, à choisir leurs activités, à voir si le dossier est cohérent. Ce service a un coût, mais pour les salariés, ça peut être pris en charge par le fond paritaire de gestion, la formation continue”. Attention toutefois, le recours à ces organismes privés reste facultatif, non obligatoire.

VAE, un atout pour l'emploi

Ces dernières années le marché du travail a évolué en Polynésie. “Là où on demandait un CAP il y a dix ans, il faut aujourd’hui un BAC et là où il fallait un BAC, on demande aujourd’hui un BAC+2” s’exclame Florence HERMAN. En règle générale, la formation professionnelle tient une place importante sur le marché du travail polynésien. Les employeurs demandent le plus souvent de la main d’œuvre qualifiée. La VAE reste donc un atout parmi tant d’autres mesures, d’aides à l’emploi.

Thierry TEAMO
Rédacteur web

Partagez Maintenant !